‹ La conquête du bonheurChapitre 11 sur 133 · Voir : Oldenberg, Le Bouddha, Chapitre sur lé NirvâHâ · texte numérisé non relu

Voir : Oldenberg, Le Bouddha, Chapitre sur lé NirvâHâ

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U MORt 23

Les autres religions considèrent la mort comme le passage à une autre vie. Si la vie présente n'est qu^une préparation à la vie éternelle nous devons subordonner notre conduite à la possibilité d'un risque terrifiant.

« L'immortalité de l'âme, dit Pascal S est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l'indifférence de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes si différentes, selon quMl y aura des biens éternels ou non, qu'il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement, qu'en la réglant par la vue de ce point ».

Si un croyant peut accomplir les futilités de la vie terrestre, c'est par illogisme, par incapacité de réaliser dans son horreur menaçante l'idée d'une vie éternelle malheureuse. En réalité, il croit qu'il croit, maïs il ne croit pas :

« La foi qui n^agit point, est-ce une foi sincère? »

Seuls croient réellement les religieuses, les moines dévorés par les scrupules. Les autres vivent dans une croyance somnolente, dans une pseudo-croyance.

Pour ceux qui ont une foi effective dans la survivance de la personnalité après la mort, la vie a une perspective infinie, mais la présence si limitée sur cette terre n'a qu'une valeur de préparation. Nous sommes comme les marionnettes de la chanson^ qui font trois petits tours et s'en vont.

Si on la compare à la durée éternelle de la vie future, notre pauvre existence de soixante-dix ans est mathématiquement égale à zéro. C'est ainsi que rapportée aux distances sidérales, la parallaxe de la terre est nulle.

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