Pascal à ses Sœurs, 5 nov
t. Ifietestslie, Ze Crépmieuié ée9 Idale»^ Urad^ Albeç*ti p 179,
ii2 LA CUtfriKE iNTElCfrCtOEtU
RrcfieliôcL Cdibert, aidés des rtirfffoùs de travàfHwi^ (firi ont accompli pai^iWenaent et âvec atttûiir fettt frtttTgtfl, ont fâir la {jrfitttdear dit pays. Ces pstfslbïefs qftrî eréénf, l'étranger uë tes voit pas Son arterttion est atfrfée p^ les Ihéàireux qui occapettt \t scfène, qtff pàr'fttît, ^ font de grands gestes, qtril batattTent. Mfarrs (f\ie rèsté^-il ie de tapagiB vanitétrtt qiri i^mprft les hîstaîré»? Ifiirtr. La profonde vie lîs^lfoîîafe eÉl sllërlciettse : erife n^'àppûtàît qxie par ses grands laborieux dé! génie, qtii (îût tetkoa^ veïé fart, la poésie, fâ scient, la pWlos^phfe.
Leur exemple est phrs beau qtd CeM qnef âattû^tit ïes grands Orientanx parce qir'tl^ sont fès piôorttei* âfi fà civilisîition nouvelle qui ne ponrra rep(tser (|ne st/r fe^ travail Les grands génies Françafs ont trarafffé' avec joie Si les temps actuels sortît fn^iniéiatlt*, c'tf*# prtfW que la joîe dn travaiï a presifue disparu, nrars Fes rtpfft* d\'IKe français ont fart une j^^cmiirerte capitalr qtft rt«* ne peut abroger : q*ie te bimbeur le plus dottrpltrt ef fe plus slatbie est produrt par fa coiïcetttraftett rfe ttwrtes fe» énergies physiques, rnléttectuellés et morales àtittmfêtt travail eréateur*. Le cfê>6rd!^e, sons toutes se^ fi^frfre^, leni- est intolérable. Ils ne peuvent tespfrt^r, en qhétum sorte, (|ue dans Tordre et dans I harmonie. Lorsqu ili^M^le» trouvent pasréafrsés autcmr dVux, \h ie» créeit1i(i»&s leuTft cfedvres par la puissance de f€fur génfcf.
Le* cotïditîolts^ lîJôrciaIeg et ra(6«eàcé ië vie îfifiSpîew«? « ^tùêrit&uiseiA ^ de plas; en plu# m» &MMip&iisim^ Pdrt&idabfé est la dis*fpdifôft ièùêrj^ê «pfrftwrfft*! Hsf è» ttettùent à Técart de cette hliè galopaëct, teë^ gtMâèesprits calmes et lucides. Us vivent dans la sérénité avec
Vniiiqàé jôié ptofùûâe de éféef. Nôû seuîeûaérit, UtâtÈ qtre les âotr^af se rfîsirfptiit, Ht sô càûcéttîtent, ritàls ïh se lïotuTHSétift en c|ttëf (ftref sorte? de l'énérgi* sprfitttélïé frâgmefirtàh^e (fei érspfiti^ de sëcotid (Xrdte. !)â t^lstéM-^ bfêflt etf étf* Tètp&tieùcé, les réflexldtlâr, tes cfédoûvérte» dés ctireâttt atctffsf. te letof/s, <Jtrf afme les teédrl!a*îfe cit ils û'éssariBttt jdmài;^ de M Mté Viôfetf(ie, féedndêr l€tit ttàtraîf ; rf açéamUlé ett eut de fWîssaattftJ féSèrVé* de forces spirituelles. Ils sont semblables aux fûîriieriée^ réseîi^OFÎr» dtfs hautes Vaîfée^ des Alfres : âé^ hkttages etÈtpëcheta ley hèlgës fondantes, Ifrs niis^eau*, h*^ \ùf* rftità der ^è pefdre sacfs' profit rtfaris ndrï sans â^étptm lésr Vallées Inférfeures. Ces eatti foHes, dïsctplhiéét, rttàieâïblées, fcftif nfeseut Vd Inttîiètë et l& forcé k dé* milliétst de maisons et d'iûdustrîes. tte ttiëtùb éesr ptife' satrités hitélfigences cowceûtfées di^tfibtfettt à de* itril- Ifef S de cdéruf^ letff sÉgè^^e, letff sérénité et è des «li!- Uei^d'rateltîgences letff Ittmtêife. Châcfttt* f^édt âlfttiflét^ s» Ikxtipe au foyer^ toufjttttî^ Mifent dés génies dîspaftfi^. Nî rois ni conquérants ne laissent, dansTâme desgéoréf^tmilit^ snètfeSsfti&s, dé téffe* scrttrces vfvres (f énergie sïririltïètfe. Ces âriïes sttpérfeùres^ seûf pfésentes^ et aefiire*, éle*àc*leiiient.
Un ancien remarque que nul ne se soucie que Phi^jte aît dfefâtft les AtHéïfîeûs et hs Béûtfeôs S CÈférorfée et q&'È f s<*!t dévefftt tdtàktê dé la Grèce ^ fltaiSf le vtrfÉ^ gettt* âtfqtiél ôïi dî« efdé Pfutaffqtre y e^t ftév q^^ii y k écrit ses ftvfet, et ^dlf jr est nÈûrt, dfe qtfdfe érfwrttetf rré«*H piÊ s^Mf Mj6MtStitA enééré, Phrttt^qué li'é^Wf pës'FMiif Achis xtà ^id$i, né mâftfè et nû miT
Âi&é, ami Êoûffimi qUé tHittk êt^i êôëàl hàthêrë plt^ fctfîf d iMWftiles de 1* pê^séibiHfé, fel*té rf*édtfcûl!fcw, dié é ftfàiwSfer n feuf i^effSiWlffé ^ fetff itfteBî^eiîtfe sfcf re» én^e^iés ^tie^ pftfdFgiaef^t lés gt^àde^ittteééûpàii^
Qtiéffé p\m (firarrd, PhîVef, énr péiièffre mi dftfftWcfiér
2ii U CULTURE INTELLECTUELLE
opaque des cafés et dans leur atmosphère irrespirable une foule dense qui demande aux cartes, aux discussions politiques, à l*alcool, une excitation malsaine! Pour quelques sous, ces gens pourraient, au coin de leur fea, entrer en communion avec les grands maîtres. Leur unique lecture est le journal. Quand en la lisant, on constate de quoi est remplie cette feuille, qui serait si efficace pour Téducation du public, on est tenté de désespérer de Favenir.
Et cependant, j'ai pu constater à l'Université populaire de Châlons, que j'avais fondée, qu'on peut, en s'en donnant la peine, former pour la joie de tous, une belle équipe de musiciens, de chanteurs, de lecteurs, de diseurs et nous avions découvert des jeuneià filles qui avaient un beau talent — ignoré d'elles — de diction.
Chaque petite ville pourrait, en dehors de tout esprit de parti, grouper ses ressources artistiques et intellectuelles pour le bonheur et Téducation de tous. Les âmes mornes cesseraient alors de demander à l'alcool un peu de poésie et d'élan.
Quelle douleur de penser qu'une partie des hommes en est là, quand des trésors de beauté et de réconfort leur sont offerts par tant de grands artistes et de grands écrivains!
C'est pour nous que Nicolas Poussin avec son assiduité admirable au travail a « désencombré » la nature* En subordonnant les détails à Fefifet qu il veut produire, il nous émeut. Voyez Argus assou|)i par la flûte de Mercure: quel calme dans le crépuscule, dans cette fumée qu! s'élève, dans ces bêtes qui paissent. De même, je n'ai qu*à fermer les yeux pour goûter la sérénité de la Geneviève dePuvis de Chavannes. Avec quelle simplicité s'y affirme la prééminence des valeurs spirituelles I Quelle joie durable cause à chacun de nous le souvenir de cette pure et frêle enfant et de sainte Geneviève vi^Gtfiite pirital 1^ lia y^ Tb»in Ibs f^Satti^
SÉRÉNITÉ DBS CRÉATEURS 245
contribuent ainsi à enrichir notre sensibilité : c'est Rembrand «fui glorifie la vaillance des modestes, les occupations de tous les jours sanctifiées dés qu'on en accepte le sens profond. Sur les visages brutalisés par le destin apparaît le rayonnement d'une vie morale supérieure au)( événements! Vies de droiture, d'empire sur soi, de travail pieusement accompli.
Tous nous enrichissent : Fra Angelico nous ofTre le sourire de ses saints qui, derrière le vulgaire décor de la vie terrestre, aperçoivent le ciel. Le Titien peint l'énergie hautaine de ses aristocrates orgueilleuses et sûres de leur domination. Millet se& pauvres gens, misérables mais résignés. N'est-il pas douloureux de regarder les visiteurs d'une église passer indifférents devant les vitraux que les verriers de génie ont peint avec amour et avec une patience angélique?
Dans les grandes scènes religieuses, les modèles de leurs vierges, c'étaient leur femme, leurs filles, des voisines. Avec une science consommée ils ont fondu dans le verre leurs couleurs si pures, de façon à ce qu'au lieu de s'éteindre, elles s'avivent les unes les autres. Combien de fois, dans la cathédrale de Reims, ai-je vu des ignorants, demeurer insensibles devant le flamboiement, au soleil couchant, des splendeurs de la grande rosace! Eux. les peintres verriers inconnus, ils savaient admirer et aimer la beauté du ciel, des nuages, des eaux, des visages et des attitudes. Le plus simple des dessins de Léonard de Vinci est une révélation d'une âme par le visage. Une éducation complète fera du dessin comme une écriture destinée à soutenir notre pensée et notre amour par un effort fidèle, persévérant, humble pour rendre la vérité des choses et les rapports profonds qu'elles soutiennent entre elles.
« Aussitôt, dit Ruskin. que vous pourrez rendre exactefiient la forme de n'importe quel objet, et par là en expliquer le caractère à une autre personne, ou en
«Widr^ r««f«et elaiiP ^t j^Uir03«mt pour m fnfifM^ vop^
Aimie d^ v9# eofoi^, 4?;» jHres qui veip som abers,
les copiant le pjdisir ^.ue r^f 4i)p^#i|t loi» la^efA^ 4^3
^ou€ litUf^«, ptr igfi^riKipe et par ii^olp^ç^, se l^trdiri^ 1^ pioa prafQi^ii^ éniatjo^ d'art #t la# peiiH-
Que dire de la sculptnris? La Véo^ie 4e MiW* oe 4090*triey« pfl£ à B0$ Beri« ^i^m^pér^ par imi» ^ie |plefi«(9 et ^stiriis, ia haute iecen 4^ ^a freinte sagesa^^ d'uoa vi^ barmanj/eofia, équi libres, raiaanaaM^ ? 1illieh^\rAJige,»Y^ ia puissance 4a aa (otm eféatriea, nous »^mg^9 la aaijQtdté da Teffait, mais au^ai il px>ijia jif Q4i,^J(? par smn éaargia saquiétre, p^p le doulouraa!! repUemeat da TaH^e amr dle-même. ftude at^uJèr^ ranthQiiaiaaoïe pat^ioliqua.
Laa daBae&Bas de Carpaaai ai aoiip)e$ t^ai dallas laoua révàleut la perfoctipji da Tart la plm udiraraa}, 4^1ui 4p la dansa. Cet arl«eat anaîan.Cheï le» paiiplaa pria^lUfo, aile est ita ofioyau d'a?^primar le Fe^eDUi»e!al^ d'apaî#^r la ûolèra dea diaus, da aa r^Joiiir da laur$ ^Û9afaii# alla axpriœa dea ^eiitifneuiB. Ce^l une laogii^a élé^^r taira, nsaia aigi^ificaiive, une injmiqua. dasiinéa k sugr gérar, par l-aicpraaaioo vraie daagestaa, de» m^^ve^^^^^ de la pfaysionomiai da^ santio^aats al iieê passioua. N^9U^ l'avoDs ravalée à des jeux da 8oei4té aana f^goiQ^aaiioa, C'eat un art à tfaoaforrQer pajp pne aljiaaca a^rpjla avec la musique*
Mou$ avMa »\jit lea a^aiena Gi^eft^ mi^grap^» mf^m^
sç^wiut^, MUSIQUE 317
rMé. Ih c^OQUtiîssiaienXh mnsixjuje L^nv^ f*han)s magiques avaient prise sur les dieux; ils Is â^jiiiâaJeQi, Jes api-
Dm M lbrtn9s ^ i^taÎMlchaQiés sur l^s Loiobe^ et des ^bwts d» joie (pae^i)^) claos les f^tes solejou^llas. J^
i$ar îû conpaî^sitieat ^ puijisMQ« ji^orale i^t $ûp tçl4oQ sur les âioes,
Jlats les «uicieas étaiwt p^iuvr^» en iD&tniweints. Depiii$ dôuK ceaU «d« uoe suoceasion de muâieiens de géf^^ ont prodîjs^JeusBiaeni enrichi nos trésors musicaux.
H^ ont eréé p<Hir nous des souro^s de joie et d'eothou- •iasoa^) intari^ftubles. Baah vré^ la musique reii^ieuse Avçe uQ^ puifisane»^ et une fécondité îuépui-^^iblejs. Reyer $, vu Hector Berlioz « pleurer de joie, san^ioter ée houbew en Ji^ant mi pîano Til^ce^^^ de Gluck ^- C'est 4}ue ee géfiial mufijcien a su « Aeoonder la poésie dans réimpression de» sentiments et des i^tudtîoi)3 de la faJ^l^, sans interrompre Taetion ou la refroi<lir par de^ 4)rna'neats inutiles ». Il naa la ^énie de la simplicité
Le « divin » Vtozart, mort à trejiie cinq ans, nou^i a laissé une œuvre immeuse, rayonnante de jeut4esse. Beethoven, dans ses œuvr^^s puissantes et lumineuses, est le musicien de la juie. du renu^.iilemeut, de la passion. Il atteint la sénénité héroïque et Ton comprend que Holz se soit décrire « heureux de vivre quau I il pensait à la muiiique de P^ethoven » J»^ ne puis enl^ndre une syn^phonie de Beeihfïven siaiis penser à Tniie des spk'ndides cathédrales i\0 l'Ile de-Franee où la solidité de la raison et la richesse delà fa^Uaisîe nous donpent Timpression d'une victoire radieuse sur la pesanteur et sur les sujétions qui empêchent le libre élan de la pensée et de r^mour. C'e3t un étatdaiTranehissemeDtdu moi analogue 1^ cçlui qu'éprouve Tiilpiniste arrivé au sommet d'une aiguille d'où il domine une immense étendu^.
^^té, b^monle miérieur^i pe^i^ée çoJbtéreQte et
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vigoureuse, tout est réuni dans les neufs symphonies de ce puissant génie.
Qui peut résister à la pureté et à la majesté de la Marche des roLs de Bizet? J'ai enlendu plus de trente fois la Damnation de Faust de Berlioz et à chaque audition ma joie et mon enthousiasme augmentent. Il semblait que tnut était dit en musique'^et voilà que Debussy nous révèle des sonorités nouvelles délicieuses...
Heureux le jeune homme qui a pu apprendre dès Feafance à jouer d'un instrument comme le violon ou le violoncelle et qui s'y est appliqué avec une volonté tenace : il peut, dans sa solitude, entrer en communion avec les pins purs génies musicaux et s'enivrer aux sources mêmes de la beauté, de la tendresse, de rhéroïsme. Heureux celui dans la mémoire duquel chantent les plus belles harmonies créées par les grands génies musicaux! Pendant les heures inévitables de chagrin et de découragement, il peu! trouver un refuge auprès de ces âmes sonores, recevoir d'elles consolation et décupler la résonnance de son âme propre en la faisant participer aux énergiques vibrations de ces âmes puissantes.