‹ La conquête du bonheurChapitre 119 sur 133 · LA MUSIQUE DES MOTS · texte numérisé non relu

LA MUSIQUE DES MOTS

Mais il est une musique plus riche que la musique des sons, c'est celle des mots. C^Ue-là ne s'adresse qu'à un sens, celui de l'ouïe; elle n'émeut qu'une sensibilité diffuse et obscure, tandis que la musique des mots met en activité tous les sens; par le mot s'opère la résurrection des richesses immenses accumulées dans la mémoire. Cest le mnt qui fait appel à toutes les en *rgies de linteliigence et aux émotions les plus pures et les plus hautes...

La folie bavarde de nos contemporains nous empêche

LA MUSiaUË DES MOTS 249

de faire en nous-mêmes assez de silence pour que nous écoutions les échos qu'éveillent jusqu'au fond de rame les mots significatifs. Quel flot de sentiments et de pensées évoque chez un enfant le doux nom de maman! Est-il harmonie qui trouble plus délicieusement un jeune homme que le nom de sa fiancée I

Peu à peu nos grands poètes et nos grands écrivains ont taillé et poli les facettes des mots significatifs de notre langue de façon que chacun, comme un pur diamant, étincelle et reflète la lumière jusqu'alors diffuse de rintelligence.

C'est naître dans une indigence intellectuelle et morale que de balbutier une langue maternelle q^i n'a pas été façonnée par des milliers de penseurs. Quelle:^ malchance que de naître .russef* hongrois ou turc ou' bulgare! Sachons apprécier notre bonne fortune : nous ' apprenons, dès notre enfance, une langue dans laquelle des ouvriers innombrables de la pensée ont fait passer * ce qui était assimilable pour nous des génies grecs et latins. Après avoir engrangé lés plus belles récoltes de l'intelligence antique, notre langue a heureusement subi une élaboration de quatre siècles. Nous naissons millionnaires puisque nous pouvons puiser à pleines mains dans lopulent trésor ainsi amassé par nos ancêtres.

« Ceux que nous appelons anciens, dit Pascal, étaient véritablement nouveaux en toutes choses, et formaient l'en Tance des hommes proprement; et comme nous avons joint à leurs connaissances Texpérience des siècles qui les ont suivis, c'est en nous que Ton peut trouver cette antiquité que nous révérons dans le^ autres ».

Dès ses premières années, nous devrions donner à l'enf^mt studieux le sentiment des splendeurs que Tétude va lui" oB'rir : « Le grammairien qui une fois, la première, ouvrit la grammaire latine sur rosa, rosae

i^ LA im^TiSW iN7JBU«CTIUBLLE

»*^ faouiîs «Il «9f (]piel fiorl^iTA da fleurs îl ouvr^ rame

JAnne (J« r#D£a]tf q^ iif>praQd i». laoga^ Ja IUb^l4i^, de Pascal^ 49 Voilain?

Il uaidlQill^ 4« h^v4r4a,4e y4iiilMx«4'96prito |aiiK,4'aJi^jMff ^Jkiiâ ^ iiiotf)# xHHBfdMa df pi4>]idr 4a3 livr^iu Laal^i- J>ljlitb^ii^, fiaa9i»brée9 de livr^d înulilaa ou pui^iMw^, sont d'inextricables forêts vierges où le dibytaat ^ ^&f4. Tn 4qî3 okwir ^mdm peut f^re ce choix iMMir toi, ^r j{ dépa94 d^ Um eara^^tèpa, 4a tef l/tmâmot^»- Par eg^fwpl», 1^ i»ot éternité provoqua ujo fr^iâaem^t

f^9 luÎHa^éfBf 4IXV9 ADi^^iiS^e permaoeA^^ 4a moi^rir an ^^ 4a péabé mortai. Ua nat sera aaqa vé^onmuç^ cbaz ^ aearoiipaa kUm^ovU^WU parsoojieUa Ce aa aaront paa tas siêaafs ahapiires 4a VJmUatiofi^ 4a oa livre l^mirabta. q^ iiiflut^rônt sur im croyaot at sur un j^^ayaiH. Ppuf oa daniier la partie larribJa du lii^ra a perdu aoa efficaeité i il ae reata plii;i qu iiiie m^ditaiian aur Ja l'ragilité 4e la ¥Îa tiuwalae a|. mv la i)éaaaaii4 4e Ja maiif ii^a ûe aoi.

Je crois qu'une règle excellente pour unjeuaeheiowe fmXd^ jia lift' qma dea ouvrages par«4s 4api]is nm douzaine 4*aafiée$ lO^ qui, au baiii de 'e^tte périoda coQservept iVfiiqoa dea gaijs iqairyil*.

Il parati chaque aactéa d^a eentainea de livraa 4e p^oéaîe. La plupart w saut que daa éaumératioua. Le fi^oL d/tns las espiits aaas Corpe ni originalité, u'évoqve que le cortège automatique des épithètes habiiueUaa ^

1, Péguy, V Argent,

3. Voir k ee sujet aeire AfpreniUêmgt dtV^ri é'éf'ire, AnBttsd

jVoiHi V0 pe^Eo^ fmi > fftf^v» q\^ dan$ e^9 foiil^

àa nw^ur», iauâ#x# oi^Uié^, qi^l^i^'iui ^-j^Skm»*

fh^4 Victor g^gQ, 1^ ihftftM IpiiWfi* WW iPf«*ée,

J?QiUfilU à H ^<?r, r^90dBité 4u périple de k \>i^v^\skï^ iM>4o4«nBée, «ouf £4te i idéç 4e de Vî|[tiy. 43^» 04»^ i^u^mm^^ i^jp^i^a^l^^e^ r^fH^atii^ l'tiJbfim^ité

4>v^r éorit y^j^fmfim, JSjp^ ^i^dormi, ei tefii^-wUw i^ef;»-4'ûeuvf§. Quelle lignée g<^ eelie qui va de Ri90^ sard et de du BeUi^y^ (W M^il^erJ^, CQfieiUe, fii^enie, l^ f apt^Jpe.BûjJeaji d'w^' jgrand bw een*,i MdréfitiéflMf, âïw;^, Vi^y, i^ftjaihedf ^if^e, Vieu>r Biigel

Mai« Tesseniie} est d'éebepper è Té^rpill^isieiit qt|i riiJD.e U plMpart des esprits eenteaiporaij)^. Ctioisî^poe uae centaine des plus belles pages des grands poôtes, ^îson^refi i^mme ^n jar^k 4e fleurs que npw eiîlre- 4lîei»4rpi)9 pj4^s^)[ii^i. Lee |i$eui. lee reN^ajai, lee émni 9, he^te veix, peue Jee ej[wpre«idrofte de wîe^ ^fl mi^^w ; eJJee éi^J^Urout e^ noue dee réstf>ii«eQpee 4e pJi^e eu plus profe^dee

Le mk de sotre époque éta^t la dj^pereioî). l'^erpjjlemeut» la j^âte f4i>nle, riei3« dee:» i iuielligeDee. daiie 1^ m^ijafire, 4eu$ I9 $en$llMli(4 ^ e'orgaiïjibe. Chaque }4^e, cMque eeutimem eet m\é : iU m e*eutf<aideut p^, na Be reoforeeel' p*s, ne e'appuif ai pa» iee un* îee 9i^)jree* Noip« ayQflie euWié l» leçop ^ue neue dwftfoi i^^ arefijt^eeti^ dee eaiM^rel^s? fie oH ^êmm le pe^e^iesv par des fajQtda^ia&sd uue#olid|ié qui a réeieiéeu^ eîëel#e. hp^ p^y«9éeft 4u imh i(^ oiN^ i»u 1^» dirîgesr eur dee

252 LA GULTDRE INTELLËGTUBLLE

piliers et ils y ont fait équilibre par des contreforts et des arcs-boutants qui leur ont permis d'évider de larges espaces et d'y prodiguer les vitraux aux pures couleurs.

GoDStruisoDs de même notre vie poétique. D'abord, comme fondations, les poèmes significaiifs et sans défauts. Que par un choix intelligeqt nos idées et nos sentiments s'arc-boutent aux plus belles œuvres poétiques. Par une lente et patiente culture, faisons de notre mémoire une construction complète, mais où nous ne ferons rentrer que des « matériaux » parfaits. Dans les intervalles des parties fondamentales nous pourrons admettre des poèmes secondaires : mais que partout la solidité s'allie à la richesse des détails.

Tard venus dans la longue suite des générations, nous pouvons puiser dans le trésor qu ont amassé pour nous, non seulement nos poètes nationaux, mais les poètes de tous les temps et de tous les pays. C'est pour nous qu'Homère a écrit l'Odyssée, que les grands tragiques grecs ont créé Proraéthée, Œdipe, Antigone, Pbiloctète. Les plus humains des génies étrangers, comme Dante, Shakespeare, etc., nous sont accessibles.

La plupart se laissent rouler par la vie comme les cailloux dans un torrent Comme eux, ils perdent d'abord leurs angles et leur physionomie propre et peu à peu ils sont réduits par les chocs innombrables en sables anonymes. Sachons apprécier les bienfaits des longues méditations calmes qui seules nous permettent de prendre conscience de nous-mêmes, qui seules laissent aux hommes de génie parents de notre âme le temps d'éveiller en nous des résonnances profondes. Tout est lent à éclore dans la vie de l'âme parce que la vie n'est qu'organisation et que nulle organisation n'est possible sinon par le calme et par la persévérance. Aussi la lecture superficielle d'un poète est-elle inefficace. Il faut avoir relu vingt ou trente fois Polyeucte pour corn-

ÉPARPILLEMBNt, RUINE DE l'eSPRIT 2^3

prendre et pour saisir la profondeur de celte magnifique analyse de deux âmes supérieures.

Il en est de même des œuvres des grands philosophes, des Méditations de Descartes, du Traité de morale de Malebranche, des deux derniers livres de 1 Ethique de Spinoza, des belles pages de Maine de Biran...

Gomment un Français peut-il s'ennuyer ou demander du divertissement à des plaisirs inférieurs, quand il a la chance de parler une langue qui le met à même d'amasser en lui-même un trésor d'énergies actives par la fréquentation assidue des moralistes nombreux et admi** râbles qui sont la gloire de notre littérature, depuis Rabelais, Montaigne, saint François de Sales, jusqu'à Pascal, Bossuet, Labruyère, Chamfort, Proudhon, pour ne parler que des siècles passés!

Comment peut-on s'abêtir à des jeux de cartes ou à des conversations insipides, quand on peut fréquenter des historiens de premier ordre, et vivre tantôt en Egypte, tantôt en Grèce, tantôt au Moyen -âge et éprouver à nouveau les émotions qu'ont éprouvées nos pères dans leurs luttes pour défendre notre admirable patrie contre les oppresseurs du dedans et du dehors !

La lecture des historiens enrichit et stimule notre imagination et notre sensibilité. Cette lecture est comme un beau voyage : on remonte jusqu à leur source le cours des siècles et chemin faisant, notre intelligence sympathise avec les souffrances et avec les joies de l'humanité entière depuis l'aurore des temps historiques.

Ce que l'historien fait, dans le temps, pour notre éducation, les voyageurs, les explorateurs, les géographes le font dans l'espace.

Ils élargissent notre âme aux dimensions du globe. II est impossible de ne pas éprouver une émotion intense quand on lit les récits héroïques d'un Nansen à la con-quête du Pôle Nordou d'un Shackletonàcelledu Pôle Sud. Dm «fxfltdra«îtms dti glotte^ dléff\â9 cSefBë de Cbri^icf^^

254 LA CULTURE H^TttUâi&^lÉ

Coîomfe jasqù'à celfes dû fhrbëf où cîé fAfriqïié, sont une source inépufsaère dliéroïsme et dé grandeur; et elles ^réàénient un intérêt supérieur S celui deè béàùx rcunaiis.

Céîuî qui, à ces réserves d'éntfiôiisiasïné, péîit ajouter Fintérèt passionné pour la botanique, pour k géôïo^ gte» pour Tune des sciences expérimentâtes, n'^à pfùs rîén a soùh^ler. Évidemment, tous né peuvent atteindre aux |oîes prodigieuses d'un tavoisief découvrant l^dxygène de l'air, d*un Laënnec découvrant l^àuscùltàtion, d'^un Mariette découvrant sous te sabfé du désert le cônf trentième Sphinx qui id conduit au ^cfap^ùtîL de Mentphis, d'un Pasteur accfamé etqfùe j*àî vu sanglotant de jôié devant rovalion qui lui était faite par fés étudiants — mais chacun peut se donner les jôîès dé Itousséau ému jusqu'shix larmes devant une fteiir râfe, ou cetle du géoiogde qui découvre qu'une montàginé à été cfrarrîêe puisqu'elle repose sur des éouches pitis récentes Qu'elle. Ôiacun peut, avec une somme sans importance^, se créer un fàboratdite dé chimie, oii pousser fort loin des études microscopiques flfthnef, LuBbock, Fabren'ont eu besoin qued^un espritil'oÈseftàtitfû lucide et persévérant pour éfudîer Tes mœurs des foiirims et celles de beaucoup d^inséctes. Là niôiSsoiL engrangée par ces savants est faible endoré et if fèsCé nén ^as à glaner après eux», mais à fàfré dés tSéàtCè^ considéi^ÊIes.

ÔcfauGôup gaspillent feur forcé inentafë a ÏÏte dés rômws. Iiesi^ù6i({ues douzaines de ces œuvr<ss qfùf ont délavaleiïi^. Éeux-lâ même sont très mf&îèufâ iS^SSijSîé ifitêrtt à ces romans vécus que sqiîC t£ vid ééS^ ^H^ È6nimés. Ceui-çT dans téûr tùfté contre ta ffâiîvfêté, contre lés diflScultéis^ ihhéréàtés i rêràbôratldà dTuiiS oeuvré créàtrfcé. contre ïa jâfôusie. rénvîé, lia ftiécliâû*^ c^é, fa sottise Bûinâfne ont dii dépfoyef plùâ'd^étfefgféi.

ÉPAkPiLLËiiENT, RUINE DE L^ESPRlt SSS

roman le plus pathétique. En oulre^ ces luttes ont sur les péripéties des romans la supériorité d'être véridiques.

La plupart des romans, écrits par des médiocres, font partie de la littérature « alimentaire ». Ce sont des contrefaçons d art. Les drames profonds de la vie proviennent de ce qu'une volonté faible se laisse emmurer dans des habitudes de penser et de sentir égoîstement et bassement. Ces habitudes, devenues irrésistibles, produisent inévitablement des conséquences dramatiques. Mais Tétude de cette fatalité qui fait que le présent et l'avenir découlent du passé comme la conclusion découle des prémisses, demande le génie d'analyse d'un Corneille ou d'un Racine. Aussi la plupart des romanciers ne poursuivent-ils qu'une forme d excitation à peine supérieiîre à 1 excitation que produit le récit d'un crime ou d'une exécution capitale. Les in vraisemblances matérielles et psychologiques sont la règle. On fait appel à la crainte ou aune sensiblerie puérileou aux pires instincts. Le style est d'une grandiloquence niaise.

Ce sont dés lectures excitantes comme Test TalcooL Comme lalcool elles laissent le lecteur énervé, déprimé et dégoûté

La règle d'hygiène mentale doit être de ne jamais lire une œuvre médiocre. Ne lisez pas noa plus les œuvres de malades aigris et mécontents.

A plus forte raison ne lisez pas des balivernes. Il y a tant d'œuvressplendides à étudier ! Il y a tant d'écrivains dont on peut faire des amis intimes, qui sont toujours prêts à vous communiquer leur vaillance, qui ^vent apaiser vos colères, calmer vos chagrins, vous réconforter : ils vous tendent la main pour vous aidera mon* ter avec eux dans les régions caUnes de 1 âme, vers plus de lumière et de sérénité.

De chapitre en chapitre, nous voicî parvenu à la con* clusion de ce livre médité depuis la jeunesse.

La récompense d'un écrivain qui n'a cessé de travailler et qui monte vers le faîte de la vie, laissant audessous de lui de nombreuses années d'expérience, est analogue à celle de l'alpiniste qui, pas à pas, émerge des brumes de la vallée et qui^ arrivé sur une cime élevée, domine les chaînes secondaires et leurs enchevêtrements. Il découvre, dans leurs lignes organiques, les plissements de la croûte terrestre qui ont formé la chaîne principale. Le chaos des vallées se débrouille et l'œil discerne ce qui est essentiel de ce qui ne Test pas.

De même, quand on contemple les complications des destinées humaines du sommet d'une vie presque révolue, on en aperçoit les grandes lignes. On leur trouve tout d'abord quelque ressemblance avec les Alpes.

Les Alpes sont les plus jeunes montagnes du monde : leur caractère primesautier, leurs parois verticales, leurs cassures abruptes n'ont pas encore été atténuées par l'usure des agents atmosphériques et par l'inexorable pesanteur. De même, le caractère le plus évident de l'humanité, c'est sa jeunesse bouillonnante» passionnée, que la calme raison n'a pu encore assagir BÎ régulariser.

Patot. — Monheur^ 17

288 Conclusion

Là plupart des hommes sont « turbatifs » S menés par leurs passions désordonnées, de sorte qu'ils vivent à l'aventure, au hasard. D*où l'état chaotique des énergies humaines et le gaspillage insensé des ressources de toutes sortes. Il serait trop facile de montrer ce gaspillage durant Taffr^use guerre d*oCi ppuâ sortons. Mais la guerre n'a été que l'exagération jusqu'à la folie de ce qui est l'état normal, car Tétat normal de notre société, c'est la dilapidation. On a démontré que tous les pauvres d'une ville seraient boutés hors de la misère avec un emploi intelligent et ordonné des sommes que la charité iaorganiséd g£^$piUa a remplir le tonneau des Panaïdes, représenté m par lep vicieuK, parles chenapans, p^r las ycJIqwi d^s pauvres.

Voye^ dans votre quartiei* cinquante épiciers, autant d# boulfipgers et de boucbârs, paroequa nous i^e savons pas organiser da puissantes coopéri^tives. Nous avQ^s an Frm^ des milliers de jouruaus. au lieu d'une demid^^^aio^ 40 grands quotidiens qui repré$an(e?taiept las {Nriacip^les tendances nationales et qui, à causa de lan;r jfn^^nse tirage, pourrai^ent être servis pour quelques ÊmuDs à leurs abonnés dont ils deviendraient les édncat#m*^t Trois employés d'administratiqn fer^M^nt d'habi*? tode la besogne de dix si hs chefs appliquaient une int^Uîg^nea lucide â simplifier 1$ travail en Torganisant. $«ppM(6z en outre Timm^nae qn4^tité de gens occupés 1^ 4e9 ipétiaFs d^ pure dilapidation, et vous pourrez ijm^ giner de quelle charge les effroyables gaspillages soplauj^ fifrasani L^ épaulai ^h4nanta3 de cariMide; 4p^ travail- Uvm réelf *

MêsM 4|gfi^iip»Ui»A d«f r^s^vn^ ^^ la vie mova^l»^ ^sm àv^m ét*i4ié 4m^ vè4f^cafip^ 4^ la 9pimi4^

^MS«Wil kf^ pl«i d4shéf4(és €tn én#rf la, pçuv^aAt, p»r «Q^ fm8^ adnM^î^FMiop de }«urs sentiaiiSiit§, d^ \v^§

i. Première ver^i«u française àeVImitatiende^&u^^hll^-

LK HASAKD |>éCiDE DB NOTRE VIE 380

tendancf's, acquérir une ferme volonté. Nous avons étudié de mémi) ' commeat un travailleur iotelleciuel pouvait organiser seg forces, leur faire produire le nvixiojum de rendement aveo le minimum de fatigue. Dans notre préi^^t livre e^ur le bonheur, nous étudions eomment, par une direction saine, intelligente de$ énergies spirituelles, que la plupart dilapident, on peut réaliser dans uà^ vie modeste^ un boBbeur durable et profond.

Le feASARD pÈmt DB HOTÂË VIK

Mais pour réussir, M ne faut pas laisser le hasard décider de notre vie» La plupart eussent pu, comme Dandin la solution de ses procès, jouer m% dés le choit delà rottt^ où ils se sont engagés. « Ce n'est merveille^ dit un ancien, que le hasard puisse tout sur nous^ puisque nous vivons par hasard. » Le sage Charron Fe^marque que les gens«f font tout à bon escient, sauf de vivre. Toutes leurs actions et petites pièces deleui* vie leur sont sérieut^es; mais tout le corps entier de la vie nest qu'en passant et comme sans y penser... Ce qui n'est qu'accident leur est principal, et le principal ne leur est qu'accessoire. << Ils s'affectionnent et roi* « dissent à toutes choses^ les uns à amasser sciences^ ^ honneurs, dignitez, richesses; les autres à prendre « leur plaisir, chasser, jouer, passer le temps ; les autres €c à des spéculations, fantaisies, inventions ; tes autres <c à manier et traiter les affaires; les autres à autres « choses, mais à vivre ils n'y pensent pas... La vie leur « est cemme un terme et un délsiy pour l'employer à H autre choâe. Or, teut ^eey est trës*lnjuste ; o'tst un « matheur et trahbon h sey-mésme : c'est bien perdre ^ sa vie et aller centre ce que éhaeun se doit, qui est « de vivresérieusement^attentivement et joyeusement. »

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