‹ La conquête du bonheurChapitre 120 sur 133 · TrdMîl intèUéeiièél et Vétàiifê, Alcan, é<}iteur · texte numérisé non relu

TrdMîl intèUéeiièél et Vétàiifê, Alcan, é<}iteur

Il est vrai que les sages eux-mêmes arrivent tard à la sagesse. Ils oat reçu de si puissantes suggestions avant réveil de la réflexion qu'ils risquent, eux aussi, de troquer, comme fa fait blve, le paradis contre une pomme. Ce n'est que tardivement qu'ils découvrent que quand nn homme vend son âme au diable, il est toujours mystifié Gest que la raison ne s'acquiert, comme le remarque Platoa, qu'au prix des plus grands efforts *. On a de la peine à voir clair autour de soi : on ne regarde pas ce que les gens font, ni ce qu'ils sont. On écoute ce qu'ils affirment qu'ils sont et on est lent à découvrir la misère morale lamentable de ceux qui piaffent.

Peut-être que plus on a l'esprit riche, et plus il faut de temps pour se déprendre des illusions, parce qu'on leur prête les couleurs brillantes de sa propre imagination. C'est ainsi que les mieux doués en sensibilité parent les succès sociaux, les succès politiques, les richesses, de .couleurs très brillantes. Ce nVst qu'après le vide et les déceptions consécutives à la réussite, qu'on est capable dun retour à la vérité et qu'on peut découvrir qu'il n'y a de bonheur que dans une activité créatrice conforme à nos tendances profondes.

Les sages ont souvent eu une jeunesse plus troublée et de moins de sang -froid que le commun, par la raison qui (ait que les plus grands saints ont été souvent des mauvais sujets à cause de la puissance de leurs passions qui les aveuglaient sur la réalité de leurs impressions et substituaient à la vérité de leur état une image fausse mais vivement colorée.

Mais, pour ces âmes ardentes nécessairement se lève la pleine clarté de la vérité Un beau jour ils font du sommet de leur expérience, la découverte capitale de la vie morale. Leurs yeux dissipent la confusion que font les esprits sans force entre les causes efficientes^

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