Jules Payot, L'apprentissage de Vart d'écrire
gagne qn^ pa? le eommeree îneessant avec les loîe dee eboses, que seule le travail révèle.
De même, tu ne pourras pacifier ton âme et gUgner la plus haute récompense du sage, qui est la sérénité» que si tu entreprends la lutte contre les mauvaises herbes et les ronces : la vanité et ses cuisantes déceptions, les rancunes, Tenvie, la susceptibilité, les sentiments bas et lâches envahissent les champs de Tâme dès que la sagesse cesse de les tenir en état. C'est pourquoi les aliénistes proclament Poisiveté si dangereuse pour les. dégénérés. L'activité précise et canalisée qu'est le tra* vail, introduit Tordre dans la sensibilité. Elle est la réalisation concrète de notre nature toute entière. De même qu'un chef militaire habile sait utiliser les violents et même les âmes cruelles dans des missions périlleuses, de même, dans le travail, nous pouvons utiliser même Fenvie en la transformant en émulation, même la haine et la vanité en en faisant un désir ardent de mieux valoir. Tout peut servir : le fond d'inquiétude dont on tait le désir de perfection dans raccomplissement de la tichef même le chagrin, par le désir de le fuir. N'a-t-on pas dit que Tassaut est pour les timides une espèce de fuite en avant?
Dans la puissante unification de Tâme qu'est la con^ centration de rattention sur le travail, il n^ a place pour aucun parasitisme. Les oisifs souffrent cruellement des brouillards de Londres : le travailleur, occupé de choses intéressantes, n'a pas de forces à gaspiller en spleen. Sa personnalité s'épanouit : il découvre en lui** même des nappes profondes d'énergie qu'il ignorait : son intelligence se trempe. En contact quotidien avec les difficultés qu'il doit vaincre, il redouble d'ingéniosité et d'entrain. Nulle place pour la recherche d'émotions, de sursaut, d'imprévu, d'alcool, de plaisirs faisandés : dans le contact quotidien avec les lois de l'Univers, rame prend quelque chose de leur stabilité, de leur