‹ La conquête du bonheurChapitre 33 sur 133 · ETENDUE DS NOTRE POUVOIR · texte numérisé non relu

ETENDUE DS NOTRE POUVOIR

ÉtÊNDUE DE NOÏRÉ POUVOIR

Mais le spectacle des effets inouïs de ces passions est grandement réconfortante 11 permet « de ne désespérer de fien ». En effet, que ne pourra une passion infiniment plus noble? La passion de la liberté, de l'indépendance a fait de la France une Nation de héros. Gomment la passion de Tindépendance intérieure, du libre exercice des forces de Fâme ne pourrait-elle faire ce que fait la sordide avarice, ce que fait la menace d'une servitude extérieure ?

D'autre part, nous pouvons nous souvenir des résultats extraordinaires atteints par l'éducation Spartiate.. Dans les couvents bouddhistes on arrive à anéantir les sentiments les plus puissants de l'âme et Téduca^ tion dans les noviciats des Jésuites change véritablement la nature de l'âme. Si nous savons apaiser le tourbillon des impressions extérieures et calmer le galop des idées et des sentiments intérieurs; si nous faisons le silence en nous ; si pendant les heures paisibles nous écoutons la voix de la raison, un jour, comme récompense, nous émergerons dans la pleine lumière par la beauté et par la grandeur d'une vie en harmonie avec la vie des héros et des saints^

Les héros et les saints étaient des gens comme vous et moi, souvent, faibles de volonté et pauvres de nature, mais un jour est venu où ils ont découvert la prodigieuse puissance du refus ou du don de l'attention et de l'accumulation des efforts. De ce jour, ils ont été sauvés de l'éparpillement et ils ont eu l'intuition qu'ils pourraient conquérir une haute liberté spirituelle. Leurs pauvres sentiments du début, ils les ont transformés en sentiments puissants et stables; de leurs indigentes velléités du débuts ils ont fait une volonté énergique.

72 Là TROISIÈME CONDITION DU BONHEUR

Avec les matériaux ordinaires, pierres et mortier, dont le vulgaire ne sait faire que de chétives masures sans art, ils ont su créer des palais.

Tant de métaphysiciens, fascinés jusqu'à Taveuglement par des théories préconçues ont contribué à embrouiller la question de la liberté qu'il est nécessaire que nous insistions sur la réalité des choses de Fâme. Nous Bommes libres dans et par le déterminisme.

Nous sommes libres parce que nous sommes intelligents et que souffrant des conséquences fâcheuses d'une conduite déraisonnable, nous sommes énergiquement incités à modifier notre façon de faire. Quand nous apercevons le péril que nous fait courir une passion déréglée, à moins d'être stupides, nous faisons effort pour échapper à cette servitude rabaissante — mais nous ne pouvons nous libérer que par Tutilisation intelligente des lois de l'association.

Ces lois, avec l'aide du temps, ont une énergie constructive qui tient du miracle. Il n'est pas un genre d'activité qu'elles ne puissent à la longue transformer : voyez ce chasseur se lever avant l'aube, parcourir des champs boueux et rentrer le soir recru de fatigue. Voyez ces boxeurs s'abîmer le visage à coups de poings pour mériter les applaudissements; voyez ces femmes supporter stoïquement les souffrances qu'imposent des modes insensées! Voyez ce commerçant accomplir toute la journée de menus actes ennuyeux et rebutants pour, gagner de l'argent; voyez cet alpiniste suer, souffler, endurer la soif, coucher dans des refuges malpropres et malodorants, et partir, après une nuit pénible, pour quelque escalade !

Il n'est pas un des actes désagréables en soi, nécessaires pour conquérir un résultat désiré, qui, grâce à Tassociation des états de conscience, ne finisse par être doré par la flamme du sentiment ou de la passion.

On ne comprend pas que les expériences innom-

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