PLAISIRS MONDAINS
Dans la vie mondaine bâtie en porte-à-faux puisqu'elle n'est pas fondée sur le travail, en quoi peut consister le plaisir ? Sinon en une lutte, pleine de déceptions, contre Fenniii?
« J'ai porté plus que mon faix de Tennui commun à toute créature bien née* ».
Regardons vivre pendant quelques jours un groupe d'oisifs brillants à Trouville : la ville est laide, elle n'a pas de port. Aucune vue sinon sur des cabines innombrables . Les autos soulèvent des nuages épais de poussière. La foule élégante se presse dans une unique rue étroite où Ton s'étouffe. Un seul souci : être vu ; éviter le plus redoutable des désagréments, celui d'être seul. * Sacrifiez quelques journées à observer les snobs à Aixles-Bains, à Monte-Carlo, au Casino de Nice ; voyagez dans le Paris-Côte-d'Azur, et écoutez les conversations! Vous comprendrez le mot de sa petite fille à une dame de la Cour : « Quel plaisir trouvez-vous donc à mourir d'ennui! » Comme un détective,, suivez quelques-uns des plus brillants exemplaires de ce monde où Ton s'amuse : vous vous enfuirez écœuré et vous savourerez la solidité et la douceur de votre vie de travail, des affections familiales, des sentiments sincères et sains. Vous n'envierez pas cette existence oisive dont les apparences sont brillantes, mais qui n'est qu'une solitude peuplée, avec son vide spirituel sur fond de lassitude morose, d'heures stagnantes, d'ennui opprimant, inexorable : au demeurant, une misère morale sans joie et sans espoir. « Comme ils ne se lassent jamais, il ne se délassent jamais. »