‹ La conquête du bonheurChapitre 53 sur 133 · Carnegie, L'Empire des Affaires, ^« Pamphlets. Eloquence · texte numérisé non relu

Carnegie, L'Empire des Affaires, ^« Pamphlets. Eloquence

AUTRES MÉFAITS DE l'aRGENT i23

En résumé, l'argent détruit dân^s les jeunes âmes bien nées l'énergie qui les eût élevées au-dessus de la médiocrité et chez les natures déjà médiocres, il tue la capacité d'efforts : c'est un terrible dissolvant de la volonté.

AUTRES MÉFAITS DE l' ARGENT

C'est aussi un dissolvant de la droiture. Judas Tlscariote n'était pas plus méchant que la moyenne de ceux qui aimant Targent, et la preuve, c'est qu'il se pendit le jour où il découvrit les conséquences de sem acte. Combien de gens d'affaires condamnent froidement à la mort et à la misère leurs dupes ! Ceux-là ne se pendent pa&» Judas valait mieux.

Autre méfait de l'argent. Il nous arrache à la société des travailleurs, nous introduit dans^une vie artificiieUe et coupe les contacts avec la réalité. Tolstoï a démontré d'une façon irréfutable que la vie oisive des classe» riches a détrtrit en elles jusqu'à la notion d un art pro- * fond el universel.

De même, en s'abstrayant des conditions essentielles de la vie de travail, la classe oisive perd l'intelligence profonde des réalités et elle confond avec l'intelligence 1 esprit, la facilité verbale qui en sont la contrefaçon. On peut constater le succès de cette contrefaçon, de cette Camelote intellectuelle dans les romans qu'écrivent certains académiciens pour leur public de ^nobs : les • femmes, démoralisées par Toisiveté et par l'ennui ne s'y préoccupent que de toilettes et d'amoureltes. Jamais un personnage n'y quitte les « convenances » et jamais aucun d'eux ne soupçonne que la vie a un sens profond, souvent tragique. Une œuvre d'art n'a de valeur que iii lorsqu'elle verse dans le courant de la vie humaine uix

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seotimeat oouveau »<, qu'elle découvre une oouvelle relation de l'homme avec ce qui l'entoure. L'art moodain n'admet que des questions de vanité et la galanterie. 11 grise les sens par les décors, les costumes, les jolies actrices et fait appel à des moyens d'une grossièreté inouïe, comme l'entrée de deux jeûnes mariés au chevet de la Dame au Camélia mourante, effet de même ordre que le spectacle d'une exécution capitale dont Barres nous régale dans l'un de ses romans.

Aussi sommes-nous inondés de livres et d'articles de pseudo-intelligents, de « verhoraanes » et, durant cette guerre formidable, pas un écrivain à la mode n'a eu la pudeur de se taire, de réfléchir à la réorganisation de notre pays. Pas une page de la valeur des pages profondes de l'Argent de Péguy qui, esprit pénétrant de grand artiste et toujours talonné par la peur de ia faillite, plongeait doublement dans les réalités sévères de la vie. B'ailleurs celui qoi connaît les difficultés de la recherche de la vérité sait que des années de méditation sont nécessaires pour tirer du sable innombrable des faits indilTérents les quelques paillettes d'or qu'ils renferment, et il ne va pas chercher ses inspirations chez les écrivains dont l'énergie et la clairvoyance sont affaiblies par une vie facile, par les satisfactions de vanité, par le travail hâtif et par la séparation absolue d'avec l'humanité qui « gagne sa vie à la sueur de son front ».

On peut donc affirmer que la fortune, avec la vie artîfîcielle qu'elle comporte, décapite les personnalités d'élite : elle détruit l'énergie patiente et substitue à l'intelligence une facilité verbale qui n'en est que la contrefaçon.

D'autre part, nous le famille, l'argent tend à { liaux. Autre dommage : si

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