D'après Siméon Luce et les chroniqueurs du temps
l'çnvers de la puissance i4§
résumée dans les admirables réflexions que Xénophon attribue à Hiéron, qui avait été simple particulier avant d'être roi. Simonide Tinterroge avec la simplicité d'un Joinville parlant à saint Louis et Hiéron fait avec un souriant bon sens la critique de ses plaisirs qu'il compare avec ceux d'un simple citoyen et il énumère ses peines dont il est seul à supporter le poids, un souverain ne pouvant avoir d'amis. Il conclut en disant que la royauté n'est qu'une « brillante misère ».
Ces pages de Xénophon devraient être le bréviaire * des hommes au pouvoir.
Napoléon disait àO. Meara*. « Les plus beaux jours de ma vie ont été ceux qui se sont écoulés depuis seize jusqu'à vingt ans... mon logement me coûtait environ trois louis par mois. J'étais heureux alors. Peut-être ne l'ai-je point été quand je suis parvenu au faite de là suprême puissance : la multiplicité de mes occupations était telle qu'elle ne me laissait pas réellement le loisir de jouir de cet état paisible qui constitue le bonheur ».
On trouve rarement dans les conversations de Sainte-Hélène avec Las Cases, avec 0. Meara,avec Antomarchi, une preuve de sagesse chez cet homme qui serait le plus grand des hommes si le caractère avait éié à la hauteur du génie. Il a réalisé avec un éclat incomparable la conquête du pouvoir pour la richesse, pour l'opulence, -pour la parade...
II était accablé de travail mais il he se détendait jamais, car ce prodigieux « comediante » était toujours en représentation devant ses ministres, devant ses maréchaux, devant sa cour. Ce n'était pas un sage et c'est pourquoi il ne s'est pas subordonné à l'avenir du pays qu'il a écrasé pour des fins égoïstes. Il a fait tuer peutêtre plus d'un million de Français, et les meilleurs, et
1. O- Meara, Napoléon en exil, U II, pi 225, 4* éd. 182'i. Patot. — Bonheur, 10
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finalemeEt il a. laissé la Fï'afnce épuisée poor iin^iëcle, chassée^ des frootiéares do fihro'j meurtm; haie par l'Europe. Il a ébloui' la aation et empêché la saioe' raifton de» merUburB des* Français de pénétrer dans Tesprit populaire. « L'Etapereur duquel la pompe vous éMouiten publie... ce n'est rien qu*un bomBse comn«Ma^ et à Fav^enture', plus vil que te moindre* d« se» suje1?8 : la couardise, Tirrésdution, lambition, le d^pît el Tenvie ragitent comme un antPCi .. ce ciet de lit toul enflé d'or et de perles, n'a aucune vertu à rapfMâserles tranchées d'une verte cholique »K « Au pltts éfevé trône du monde^ si ne sommes-^ni^s assis que sur notre c... » '. Et Pascal dit rudement à un duc : « r^tre âmeet voire eoq>Bsont d'eux-méffi«s indifférewls à l'état' de batelier ou à celui de duc >». « Il n'est pas nécessaifre pafc»' que VOU0 êtes duc que je vousi estiiœ, maïs il est nécessaire que je vous salue... si vous étie2 diiie sans être honnête hofiame^.. en vous rendant les devoirs extériears que l'ordre des hommes a attachés à votre naissance, je ne manquerais pas d'avoir pour t«us le mépris intérieur que mériterait la bassesse^ de votre sprit » '.
Voilà la vraie tradition française que Napoléon' I** a interrompue . Il a empêché le pul>lic de faire la distinction entre lei& « grandeurs d'établissement etJes grandeiB» naturelles »,^t' de n'es*imer que ces^ deFnîères> la science, les lumières de Fespril, là Tertu, la passion du travail bienfait...
Henri lY, de vieille souche française et d'espritebâr; ne s'y trompait pas. Acclaii»é' après la tentulive'd'àssai»^ sinat de Ghâtel •: « Ce^ un peuptej dit41, si mon plus grandi ennemi était là oâ je suis et. qu^it le vit passer.