LE FOYER, RÉGION SEREINE
Le foyer ! quel mot riche en résonnances exquises • dans noire sensibilité! Primitivement le foyer c'est l'abri contre le froid, coatre les intempéricsî. Dana l'antiquité, chaque foyer a pour dieux protecteurs les
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aocèires el la présence d'ua élraager y a quelcfue chose d' irréligieux \
Dans nos sociétés contemporaines où la latte pour la vie- a tant d'appelé, que peut être te foyer ?
Ltmdan, toute la journée a peiné : il a lutté contre lemal, la déraison, la méchaneeté, Tinjusliee, la laideur. Quand it franchit le seui! de son foyer; il entre dans la sécuffité^ dams la paix. Indifférence au delà, en def^a, dévoueflftent, confiance el amour. If trouve dans Taffeeimï de sa fentrae un soutien moral puissant qui le stabilise el l'équilibre . Dans Fent^ïte layaled\in bon ménage il y a une source inlarissable de eourag« : par la mise eBComffiQU'du meilleur de soi chacun s'enrichit de la force de TauilEe. Ils ne pliecrt pas devant Tadversilé, deai£ épOQx qui s'épaulcBl. Bonne el de bon sens, une femmedonne à son mari une aide vitale.
Pour éviter les trépidations et les mouvements du solfies savants établissent leurs instruments sur une cotoMie de béton qui descend jusqu'au roc et qwi en épouse la stabilité. Un ménage uisi pousse ses fondaitiofts jusqfa'aux assises inébranlables de la viemiH'ale. Cremsififtau travers des inquiétudes, des agitations, des trépiéatioiiis de la vie, c'est sur les instincts profonds* et stables, sur les sentiments permanents, sur des serments <fm ne sont pas des chidons de papier, mais qui lient les âmes pour la vie, qu'if bâtit inébraniablement une vie de confiance, d^entr'akie, de sécurité, de digfiité.
PooT la femme, le foyer est le refuge tiède où elle trouve proteelioB, sécurité, respect, dignité.
EAle doit défenike la paix Ii<mpide du foyer, n'y pas laisser pénétrer les ineonnus, les indifférents, les ce&ors légers, les esprits malveillants : il deviendrait un pro-
1. Fustel de Goulanges, La Cité antique, Gh.« lY, La Relijg^oB dumcstîqtie»
loQgement du monde extérieur. N'y accueillons que les amis sûrs, s1l y en a. Aux vaniteux et aux fourbes, qui sont légion, il est si facile de faire Içs jolis cœurs et d'offrir des consolations dans les moments difficiles ! La femme est moins philosophe que Fhomme parce qu'elle n'est pas exercée à se raidir contre l'indifférence et contre les heurts de la vie. Elle est plus sensible, se concentre davantage et souffre parfois profondément de paroles légères, d'injustes reproches. Des marques d'indifférence, des froissements quotidiens opèrent sur l'affection comme une goutte acide, mais la brûlure se cicatrise dès que les yeux dessillés, le mari demande son pardon. Grave danger, si l'ami prétendu envenime la plaie commençante. Nous ne parlons pas ici de ces femmes qui, entourées d'honneurs hypocrites sentent peser sur elles la lourde indifférence de l'homme saas cœur qui les réduit au rôle de femmes de parade, mais de ces ménages nombreux qui avaient en. main assez d'atouts pour gagner le bonheur et qui perdent la partie, parce que des suggestions, venues du dehors, poussent les esprits à faire attention aux inévitables a mouches » qui, dans tout ménage, causent de menues irritations qui passent si on n y pense pas^ mais qui finissent par agacer sérieusement si on y applique son attention.
Le plus gros danger dans tout ménage, comme dans toute vie humaine, c'est la monotonie de l'existence. Les hommes sans culture ne peuvent supporter une vie paisible. Les sauvages trouvent la vie civilisée intolérable à cause de son uniformité. La guerre, malgré les souffrances, passionne la plupart des hommes à cause de ses émotions violentes, de son imprévu, des spectacles et des occupations qui varient à chaque heure. .
« J'ai découvert que tout le malheur des hommes
, vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas, demeu-
Ter en repos, dans une chambre... on ne recherche les
conversations et les divertissements des jeux que parée
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qa'on ne peut demeurer chez soi avec plaisir... Delà vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement ».
Dès qu'on est inactif sourdent du fond de la conscience l'ennui et une inquiétude qui empoisonnent le repos. Cependant les divertissements sont chose misérable, car ils viennent du dehors et leur recherche nous met dans une dépendance humiliante d'autrui. « La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant, c'est la plus grande de nos misères, car c'est cela qui nous empêche principalement de songera nous... Sans cela nous serions dans l'ennui, et cet ennui nous porterait à chercher un moyen plus solide d'en sortir ».
Un jeune ménage ne doit se priver d'aucun plaisir. « C'est un grand péché que de se priver d'un plaisir, mais que c'en soit un ». Parole profonde. « Que c'en soit un ! » Il y a tant de plaisirs qui sont semblables à une tartine épaisse de grossier pain noir recouvert d'une mince couche de confitures! Rares sont les esprits réfléchis qui analysent loyalement leurs impres-* sions. Ils seraient atterrés devant la pauvreté des plaisirs vulgaires. ^
Si, dans une soirée mondaine, vous limitez votre observation à quelques personnes, au risque de paraître indiscret, vous verrez qu'elles croient naïvement qu'elles s'amusent : cependant pas un instant leur physionomie né cesse d'être figée dans un morne ennui. Pas un éclair de joie véritable : des manœuvres savantes pour attirer certains regards — mais pas un élan; de l'excitation, une espèce d'effervescence morose — et de longs moments d'ennui visible et de fatigue.
Mais comme on est venu pour s'amuser^ cette idée préconçue empêche toute analyse du contenu réel de la conscience pendant la fête et après. Une telle illusion ne peut tenir lieu de bonheur et comme le dit Pascal ,
Payot. — Bonheur. H
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elle empêche de chercher les moyens solides de sortir de l'ennui.
Après quelques analyses de ce genre, un jeune ménage cessera de se mentir à lui-même : il cherchera ce moyen plus solide. Le bonheur est sauf, le jour où Ton découvre une vérité essentielle de la vie morale, à savoir que la monotonie des distractions et du divertissement est plus intolérable que ne Test celle << de demeurer eri repos dans une chambre » .
Voilà le mal incurable des divertissements : ils ne divertissent pas et ils empêchent de rechercher les joies véritables. Ils rendent permanente la misère d'une âme qui manque ses chances de bonheur* C'est ainsi que la vie des riches et des puissants, toute extérieure, est insipide et d'une uniformité insupportable.
PÛUVOm CRÉATAUR DU SENTIMENT
Il n*est donc qu'un moyen d'échapper à l'ennui, c'est de découvrir la poésie de la vie quotidienne. Nos soldats au front supportaient les intempéries, la boue des tranchées et le danger parce qu'ils étaient soutenus et vivifiés par quelques sentiments puissants : nous pouvons plus facilement qu'eux, transfigurer les actes de la vie quotidienne par l'irisation des sentiments supérieurs, créateurs de poésie.
Comment l un homme riche déjà, s'impose par pure avarice une vie de commis, toute de détdls fastidieux et d'âpreté commerciale ! Une dame, par vanité, vent un valet, un nombreux personnel qui détruit la vie de la famille : elle s'astreint à des réceptions, à des visites de gens insupportables I
Des sentiments aussi bas que l'avarice et que la vanité font accepter des existences pénibles, et dea sentiments supérieurs auraient moins de puissance I Ce