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LA PARESSE, DESTRUCTRICE DU BONHEUR

La paresse est aussi une destructrice de bonheur. Deux conceptions opposées de la vie s'offrent au choix des jeunes tilles ; celle des oisifs, des parasites sociaux; celle des travailleurs. Une partie de la bourgeoisie', poussée à cette aberration par l'opinion du clan, élève ses jeunes filles dans loisiveté. Quand celles-ci ont terminé leurs études — et quelles études! — elles rentrent dans leur famille. Brusquement, à des journées occupées, disciplinées, succèdent les mois et les années d'inaction durant lesquels elles attendent un mari... Pendant ces années, la jeune fille cesse de se développer. La directrice d'un important lycée, qu'elle a dirigé pendant un quart de siècle, me disait que beaucoup de jeunes filles pleines de vie et d'entrain pendant leurs études, rentrées dans leurs familles, s'y étiolaient physiquement et intellectuellement dans le désœuvrement et dans l'ennui. L'anémie, des troubles de toutes sortes, sont en effet la rançon d'une vie inutile, sans devoirs' sans initiative, sans responsabilités.

Aussi le premier acte d'une jeune fille instruite et courageuse, devrait être, ses études terminées, de

Fatot. — Bonheur, 49

pF«ndre résolument la direction de la maison et de remercier femme de chambra et cuisinière. C'est une nécessité vitale pour elle de glmposer chaque jour le travail physique du ménage. En y appliquant son Intelligence, elle le réduira à moins de trois heures par jour. Elle y gagnera la santé du corps et celle de

rame.

D'abord elle débarrassera la maison des domestiques souvent sournois et hostiles, dont la présence répand l'aigreur et la mauvaise humeur.

Autre bénéfice : les habitudes physiques sont prises comme du ciment vers la dix-huitième année. Les domestiques, élevées dans des milieux étrangers aux découvertes de Pasteur ont, presque sans exception, des pratiques qui donneraient du dégoût si on les regardait accomplir sans qu'elles le soupçonnassent les actes de leurs fonctions.

La prise de la direction de la maison par les jeunes filles constitue donc un assainissement moral et physique.

De plus en répandant sur des êtres chers leurs dons gracieux d'ordre, de jugement, de courage, elles feraient du foyer un paradis. Etre une ménagère c'est la plus saine des professions pour une femme. Il ne faut pas confondre ce nom, le plus beau de la langue française, avep celui de « femme de ménage ». La ménagère, c'est celle qui ménage les ressources du père ou du mari ; c'est l'économe qui sait acheter, qui sait pénétrer d'intelligence tous les actes de la vie intérieure. Elle ific^rne la méthode et la volonté. Elle sait prévoir. Tout oe qu'elle touche, elle le transforme en bien-être, en bonheur. Elle est la guerre vivante au désordre, à ïâ négligence, à la paresse. Oe n'est pas elle qui laisse brûler les viandes ! Ce n^est pas elle qui permet au linge de dwe»ir charpie î

Sçft soins s^étendent à tout : elle veille aux fils efu)

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