LES RUINES DE L EGLISE DE FRANCE
flit s'élèvera : le curé ne pourra s'en charger, la commune ne le voudra pas ; il n'en faudra pas plus pour que l'église soit fermée.
Qu'à la Chambre, une interpellation périlleuse oblige le ministère adonner de nouveaux gages aux socialistes, à refaire contre Dieu l'entente troublée sur la patrie , tout sera remis en question. Il suffira d'un ordre du jour pour que la dernière garantie qui subsiste contre la profanation des églises, disparaisse de la loi.
Quant au logement des prêtres, c'est, à l'heure présente, dans toute la France, un sujet continuel de violences et de brutalités. Déjà, dans plus d'une paroisse, le culte est supprimé, faute d'abri convenable pour le curé. Tandis que j'écris ces lignes, autour de moi, tous les recteurs des paroisses bretonnes qui occupent des presbytères ayant appartenu aux fabriques, ont, au mépris de toute légalité, reçu sommation de les évacuer, sous peine d'en être chassés par la force : dans quelques jours, ils seront jetés dans la rue (i).
(i) Ces expulsions ont eu lieu, depuis, dans toutes les paroisses.
lO LA CONQUETE DU PEUPLE
et c'est grand'pitié de voir ces malheureux prêtres, souvent des vieillards, emportant leur pauvre mobilier et cherchant une chambre chez des voisins compatissants.
Les séminaires sont partout en pleine crise de reconstitution. Les évêques ont fait des prodiges d'ingénieuse activité pour rendre, sans interruption, un asile aux jeunes étudiants, mis sur le pavé par M. Briand. Mais dans combien de diocèses l'organisation nouvelle est- elle encore incomplète, faute de locaux suffisants ! dans combien aussi, jles petits séminaires, qui sont la pépinière sacerdotale, n'ont-ils pu être rétablis !
Il est inévitable qu'en de telles conditions le recrutement du clergé devienne plus difficile. Cela fait partie du plan maçonnique. Déjà, par la loi militaire, on a cherché à diminuer les vocations ou même à en tarir la source : la loi de Séparation est un coup plus rude encore. Il fallait beaucoup de courage à des jeunes gens, élevés dans la paix