LIVRE GKABIIBL
(censuré)
Vous qui faites cela pour rester riches, vous êtes au dernier degré de la misère. Ce sombre nihilisme est rinvention du riche seuL Mais le pauvre subit le riche jusque dans la déroute que la richesse a provoquée. Les peuples qui ne veulent pas rester pauvres possèdent la richesse active, multiplient, débordent, commandent. Les peuples qui veulent demeurer riches agissent la pauvreté, se châtrent, s'effacent , obéissent. L'arbre sans fruits ni feuilles est plus mort que la plaine nue.
Suicide morne. Tout un peuple d'anachorètes se retire au désert^ accepte définitivement la tyrannie de l'argent et de la machine, tue les soldats naissants qui venaient les conquérir.
Là est recueil que le pauvre doit craindre, et je comprends sa haine pour le riche qui l'enferme en ce cercle noir et ne lui laisse d'autres choix que la misère ou la stérilité. Si le pauvre n'a plus d'enfants, le riche a dans la main la dernière arme encore intacte, tout ce que l'argent peut payer. Et ce n'est
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pas en amassant une à une en son âme les pauvretés qui font Tâme du riche que le pauvre l'abattra. C'est eq yieudtivant les richesses que rià|iistioe y stoie et que la révolte y foit lèvent. Otv on pèuft vaincre fiiaas le glaive. On peut (inêjaie' vaincre sans le nombre. Mais on ne pei|l vaincre sans la foi, puisque la foi fait Tavenir et qu'un homme «ans enfeints est un homite sans avenir. Le désespoir P Peutêtre... Mais si tu t'éteins et t'ennuies, tu ne sentiras mâme plus à ta langue le goût amer du désespoir.
Quel que soit son degré de civilisation, sa force de rayonnement sur le monde, la splendeur de son dernier essor qui ' plane avant de retomber, tout groupe d'hommes — race, nation, caste, association, classe -*^ qui se met sur la défensive et renonce à conquérir en laissant déborder sa vie, est vaincu ayant de combattre. Ce qui gaspille est révolutionnaire. Ce qui écononiise est éljroit et conservateur. On voit des nattions théooratiques et militaires se libérer irrésistiblement parce que la vie y pullule, on voit des démocraties se militariser parce que la vie s'en' retire. Et, par malheur,
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il n '€&t pas vrai que le lien qui unit par dessus les lroB<tièi:e8 tous les jpa;uvi;es les Un» aux autres annule le- lien ; qui attache «n ehaque pays tous. \e^, riches à tous les pauvres^ Dana un organisme* quelconque, la débilité, et la puissance de chacun des éléments participe de la débilité. et de la puissance de tous les autres éléments. Si la force révolutionnaire d'un peuple s'exprime par un plus grand nombre d'hcmimes plus vivants et moins malheureux, elle brisera, avec la résistance des éléments conservateurs d'un autre peuple,, ses éléments révolutionnaires affaiblis et découragés. Et il n'y a rien à faire, rien. Rien d'extérieur. Rien d'imposé. Ce sont là des constatations, pas du tout de la morale. Quelle que soit l'épaisseur de la cuirasse qu'on se forge, elle ne saurait remSller à l'atrophie des membres ni à la pauvreté du sang. Et si le cœur ne bat pas fortement, le bras qui tient la bêche ou l'arme retombera le long du corps avant d'atteindre le but. Des hommes épuisés ne pourront jamais produire que des enfants épuisés. Lois et prêches sont impuissants. De tragiques fatalités veulent qu'un monde se détruise par
SOS LA CMWfQUÊTE
ce qui fit sa grandeur. La richesse et la culture accumulées à trop haute tension cessent d'attaquer, s'amollissent, se dissolvent et ne renaîtront pas avant que tout ce qui les a formées glisse au gouffre pour s'y mêler et s'y confondre et créer de jeunes rapports. De la putréfaction radicale d'un corps sortent toujours les cellules d'un corps entièrement renouvelé. Nul espoir, hors de cette foi. Quand elle s'empare des hommes, ils entendent battre leurs veines. Et ils veulent donner aux femmes la joie de sentir dans leur ventre remuer des conquérants.