LIVRE CHARNEL Hi
primitif. El en effet, il confondit la vertu avec rinnocence. Mai« la confusion est-elle encore possible devant ces races déchues à qui nos propres vices sont familiers depuis longtemps et ne jouent plus depuis longtemps, comme ils )e font chez nous, par exemple, le rMe nécessaire d'instruments d'investigation, de réaction et d'expérience ? Et puis vertueux ou non, qu'importe. Nous avons vaincu. L'équilibre penche vers nous. L'âme européenne, à cette heure, absorbe si bien l'âme du monde qu'elle a tébondé l'Amérique et que la vieille Asie elle-même, notre profonde initiatrice, nous demande des leçcms. Ce sont des faits.
Il faut, pour le nier, une âme de prêtre ou de moine. Le monde est engagé tout entier dans une prodigieuse aventure à laquelle bon gré mal gré doivent participer et participeront les peuples somnolents, dussions^nous les arracher par la force à leur agonie léthargique.
Supposons que nos pères, il y a trois cents ans, aient raisonné comme raisonnent aujourd'hui les socialistes christianisés. Imaginons un monde qui serait parvenu à maintenir, par un invraisemblable tour de force, l'ignominie
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marécageuse du $tatu quo. L'Asie sertit encore un grand corpS: nu)rt». . l'ÂmécMine un désert où quelques tribus d'Indiens misérables pourcha^ser^ent des troupesaux de bisons, J 'Afrique une ma9Be noire et sanglante, inconnue, sans clairiè?eMS,..r£\ijrope. un coin de bureaucrates endoirinis dans la poussière des archives et des cartons verts. Au lieu de cela tout le sang des hommes circule et roule par le globe, chargé de poisouis certes, congestionnant un organe icU en laissant là un autre anémié et torpide,et rougissant tin peu partout les pierres et les broussailles du chemin. I/humanité a maintenu le mouvemefît vainqueur de la stagnation et.de la mort. Vouloir l'empêcher d'accomplir ses destinées dramatiques, de. brasser les raceer, de bousculer les habitudes, de faire partout retentir les pulsations du cœur central qui semble battre encore pour quelque temps dans la poitrine de l'Europe, c'est une morale de cadavre. Je n'en veux pas.
Attention I Ce que je dis là ne conditionne pas nécessairement la survivance indéfinie des organismes nationaux. Il n'est pas difficile d'imaginer un monde où les organismes du