SUR L'ESPRIT MILITAIRE
« Geita dei per Francos •
(censuré) Le
foit d'aimer, une femme n'implique pas le féminisme, (censuré)
J'ai cru, je contipue de croire que les hommes qui vivent en cette ré^n de l'Europe aissise entre l'Océan, la Méditerranée, les Pyrénées, les Alpes, les Vosges, possèdent, par l'union séculaire et l'élan spontané de leurs qualités moyennes et de leurs passions dominantes, sinon une mission spéciale dans l'Histoire, du moins la faculté d'imprimer au déroulement de l'Histoire
un caractère paMûmlier. J'attache Si. ce caractère autant d'iotérêt. <iu*à celui où jr pecon- *nai8 la présence des hommes d'une autre contrée. J'aime ce pays en qualité d'acteur. J'aime le pays des autres en qualité de spectateur.
J'aime ce pays* Et Tune des raisons qui me le font aimer, c'esl son soldat qui discute, même alors qu'il obéit plus vite, plus joyeusement, plus efficacement qu'ailleurs. C'est son soldat qui, plus souvent qu'ailleurs, quand on lui commande une chose qu'il sent contraire à l'intérêt ou au génie de sa race, ou au pur et simple bon sens, fait semblant d'obéir et redresse l'ordre donné..
Je reconnais la France dans ce geste. A peine conçu, il est fait. Et, quand on aime, on ne peut pas y résister. Regardez bien ceux qui l'osent. L'obscure volonté d'un peuple à réaliser son désir les a brassés et confondus. Ils viennent de tous ses organes, classes, métiers, aptitudes, régions. Hs ne le gouvernent pas, ils le vivent. Ils sont comme ces forces souterraines qu'on ne voit pas, qu'on connaît mal, et qui donnent à la surface de la terre son visage et son regard.
UVRE CHARNBL 289
On Ta dit. La France Bf^est pat, comme la Prusse, une nation miHtaîre, ou comme TAn* glelene mie nation pratique,
(censuré) £lle est guer*
rière. Elle aime, suivant i le ^moment, la guerre étrangère ou la guerre civHe pour Tivresse qu'on y goûte et le rêve qu'on y défend, non pour le prestige ou pour le profit qu'on en tire.
(censuré)
La France, qui est le peuple le plus gouver* nable du monde, parce que le plus crédule et le plus enthousiaste, en est le moins bien gouverné. Peuple d'artistes, dirigé par des artistes, n y en eut de grands — rares -^, Saint Louis, Henri TV, Richelieu, Danton, Bonaparte. Presque toujours, ce sont des artistes médiocres — ^ des ténors de province — mais qui gouvernent avec l'aveuglement particulier
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aux arUstes petite ou grands. Et ce peuple d'artistes obéit avec fougue quand il sent devant lui un artiste qui le conprend, il proteste et rechigne quand l'artiste qui le dirige méconnaît le vrai seM de la puissance interne qui l'entraîne où il a le désir d'aller.
J'aime donc ce geste en artiste, et, comme j'appartiens à un peuple d'artistes, en homme épris de mon pays pour la forme qui lui est propre, comme je suis ému sur le passage de tous les autres peuples de la terre par ce qui leur donne leur forme, la discipline sentimentale et scientifique des Allemands, la cohésion sociale et le style domestique des Anglais, l'individualisme passionnel des Italiens, la sauvagerie subtile des Espagnols, l'impulsivité mystique des . Russes, et, pour étendre mon amour que je sens trop à l'étroit sur ce petit coin d'Europe, la .force ascensionnelle
4^s Américains, le positivisme métaphysique des Chinois, la violence précise et lucide des Japonais. Ce qui m'émeut ches moi, je vais le dite. Chez moi, une Révolution ne se borne pas à moh être, elle déborde mes frontiè(res et s'élaiice et rayonne à la suite de