‹ La conquêteChapitre 67 sur 70 · LIVRE CHARNEL · texte numérisé non relu

LIVRE CHARNEL

rinstrument le plus brutal de la force. Tel autre est un foyer d'illusions jusqu'ici inépuisable, et de fait, même quand il part pour quelque guerre oppressive, il croit délivrer et délivre souvent le feu que la vie devenante enferme. Par les Croisades, par Saint Louis, par Jeanne Darc, par Bayard, la guerre de Trente ans, l'expédition d'Amérique et la Révolution^ l'Empire même, par la guerre d'Italie, il a apporté dans le meurtre une flamme idéaliste» et le parfum d'élégance morale qu'il a fait seul, depuis les Grecs, planer sur la guerre, le justifie de l'avoir trop aimée. Et jamais il n'a plus activement réconforté, protégé, libéré, qu'alors que le jeu de la guerre était son jeu favori.

(censuré)

est qu'un signe d'exubérance vitale, de joie physique et de confiance en soi. Les enfants cassent leurs jouets. Un peuple fort porte dans le cœur des palais imaginaires auprès desquels les plus beaux temples des ancêtres sont des squelettes ankylosés. Ce qui est grave, pour un peuple, c'est de savoir

cela, et de le dire, et d'apporter dans la ruine et la tuerie un pédantisme sanglant qui le montre bien moins fort qu'il n'apparaissait.

La dévastation procède souvent tf un excès de générosité 'physique, mais si elle ne s'arrête pas au seuil de T intelligence, elle indique l'inaptitude à commander aux autres hommes, «t la profonde pauvreté.

Une haute civilisation ne s'impose pas en rasant les vestiges dés autres, la haute mer ne détruit rien des petites mers tributaires, elle reflue en elles irrésistible, pour y mêler intimement sa lourde matière organique et ses gouttes d'iode et de sel. La grande Allemagne avait pris toutes choses, à commencer par ellemême, beaucoup trop au sérieux.

(censuré)

S'il y a un esprit européen et s'il doit, par une Europe unie, s'imposer tôt au tard au monde, ,

(censuré) — , c'est du centre lumineux de l'ancien esprit de la France qu'il sortira

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