‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 108 sur 134 · Vers Monseigneur de Béthencourt · texte numérisé non relu

Vers Monseigneur de Béthencourt

tee et couru tout le pais d'icelle, lequel souloit estre peuplé de moult de gens, me ils ont esté plusieurs foiz prins et menez en grant seruageét chatuoison en estranges contréez et sont aujourduy pou de gens et est le pais hault et assez plain garny de grans bocagez de pins et de lorîérs gros et si hault que merueille, et sont les terres bônez pour blez et pour vins et pour tous labouragez et y treuue l'en maint aultres arbres portas divers fruiz, et y sont faucons esperuiers, alouetes et cailles à grant planté et vne manière d'oyseaux qui ont plume de faisant, et de la taille d'un papegeaut et ont une creste sur la teste côme vn paon et font courte volée. Les eaues y sont.bônes et grant planté de bestez c'est asauoir porceaux, clieurez et brebis et y treuue l'en lesardez granls côme vn chat, mais elles ne fontnul mal et ne portent aucun venin nous y prenslmes quatre femez et vn ieune valeton il sont moult bêliez gens hômez et fômez et portât les hômez gânslances.en leur mains qui ne sont poin ferrées^ car ilz n'ont fer ne aultre métal, et ont fèves et froumens et autrez blez assez et font couurir leurs blez aux porceaux et leur lient le groing qui semble estrange chose à raconter.

(Ici trois lignes de blanc.)

Or nous ont dit les mariniers que oultre l'isle de Fer^ tout droit deuers le midy, à xj lieuez de là, est une isle qui s'appelle les Roy s et est bien peuplée de gens qui sont rouges, mais nous nô sarions parler au'vray, car nous ne les auons

1. Chapitre lxv de l'édition normande, p. 115. Titre : J'ay parlé premièrement de 1 isle de Fer.

mie veuz sur celle bande, et de môlt merueilleux poissons qui se tient tout droit, quant il oyt venir les nauefz et les atandent tant qu'elles soyentprès d'eulx, et au rechoir en la mer font un grant cry tant que on les oyt de bied loing, et ont bien de hault sur la mer la longueur d'une lance et les appellant les mariniers seraïgnez, et après qu'elles se sont monstréez, font voulentiers fortune sur mer.

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