‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 11 sur 134 · Chronique de8 quatre premiers Fa/ots (Sitnéon Luce · texte numérisé non relu

Chronique de8 quatre premiers Fa/ots (Sitnéon Luce

rier. Dans les Croisades, elles se conformaient à cet usage jusqu'à soixante ans \

Aussi Aude de Saint-Martin, mère d'Isabeàu de Saint- Martin, veuve de Jean P' de Béthencourt, ayant épousé Yvon de Garancières, la veuve de Jean II de Béthencourt sentît à son tour, sous la pression des événements, le besoin de trouver une protection ; elle saisit, à cet effet, une circonstance qu'elle crut bonne.

Le rang élevé qu'occupait parmi les Navarrais son voisin Regnault de Braquemont, maître d'hôtel de Philippe de Navarre, engagea la veuve de Jean II de Béthencourt à écouter les propositions d'un des parents de ce chevalier, qui s'offrait à elle sous les dehors les plus dignes de confiance. Il se nommait Mathieu de Braquemont et avait été clerc et chanoine de Bayeux.

Afin de mettre à couvert les biens de la veuve, il acheta d'abord à M™« de Béthencourt, sa terre de Remonville, puis le chastel de Saint-Martin le Gaillard, qu'elle vendit sans toutefois s'en dessaisir. Puis, pour lui assurer mieux encore la conservation de sa fortune, il porta ses vues sur un autre point qui s'y rattachait.

Le fils d'Isabeau, quoique encore mineur, était d'un âge cependant assez avancé pour épouser la fille d'un de ses frères, Mathieu de Braquemont, Regnault II, sieur de Traversain. Donc, un jour de juin 1358, le mardi après la

1. Ce qui importait le plus aux barons de cette époque, c'était d'avoir des vassaux, qui fussent en état de se battre auprès d'eux et pour eux, heaume en tête et lance au poing.

Voilà pourquoi le sort du mineur a été si lamentable, durant la première période des temps féodaux.

(Léon Gauthier, page 342. La Checalcrle,)

Saint-Jean, le mariage s'était fait entre les deux jeunes gens, pendant la trêve accordée par le Baudrain de la Heuse, depuis la mer jusqu'en Andelle.

Cette union eut pour effet de rendre la veuve de Jean II de Béthencourt rebelle à la couronne de France ; ses biens furent en conséquence confisqués, et en septembre suivant, il en fut donné 400 livrées de terre à Yvon de Garancières, second mari de sa mère, Aude de Saint-Martin.

Un an après, la clémence du Dauphin, alors régent pendant ' la captivité de son père, leur rendait leurs terres et cessait tout ressentiment à Tégard de la maison de Braquemont. Depuis lors, si Regnault P*" avait eu le malheur d'être un des premiers et des plus actifs à servir Philippe de Navarre, à la suite de la décapitation des gentilshommes normands, il s'était fortement employé avec Friquet de Friquans à ramener la paix entre les sujets du roi et les Navarrais, à l'instance de la reine Blanche et de Jeanne de France, sœur du duc de Normandie, « icelle cette bonne créature envers Dieu et le monde. »

Lorsque Friquet, l'ancien capitaine de Caen et Regnault I«' de Braquemont avaient porté le traité de pacification au Dauphin, le 31 juillet 1359, ils avaient été reçus au Louvre avec toutes sortes de marques d'affection, tant on était las de la guerre, tant aussi Ton redoutait l'union d'Edouard III avec Charles de Navarre.

Depuis ce temps-là, ils avaient repris leur place parmi les fidèles sujets de la Couronne. Après la paix de Pontoise, et surtout après le traité de Brétigny, comme Philippe de Navarre lui-même, il était rentré en grâce auprès de Jean le Bon, dont il ne se sépara plus, malgré les oscillations de son frère ; Regnault de Braquemont avait été alors rétabli dans la

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