‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 14 sur 134 · De.Lope de VegaCarpio · texte numérisé non relu

De.Lope de VegaCarpio

2. Histoire du Portugal^ p. 52. Collection de VUniccrs {Firmin- Didot, 1846).

gnage du degré de confiance et de familiarité, dans lequel étaient les Braquemont auprès de lui.

Lorsque les chevaliers de France arrivèrent, le roi Jean de Castille les remercia, leur fit faire bonne chère et s'adressant à Robert de Braquemont et à Messire Jehan son frère : « Quand vous partîtes d'auprès de moy. Tan passé, je vous chargeai que vous apportassiez en ce pays des pelotes de Paris, pour nous esbattre, moy et vous à la paume, mais il vaulsist mieux que je vous eusse chargés de rapporter de bons bassinets et de bonnes armeures, par la raison que nous aurons bien à les employer. — Sire, répondit le sire de Braquemont, nous avons de l'un et de l'autre, car toujours ne pouvons pas jouer ni toujours armer. »

« Vérité est, ajoute Froissard, que le roy de Castille fit très bonne chère aux compaignons et les fit tenir tous aises et partout délivrer. »

Aussi ne manquaient-ils pas de signaler leur présence contre les Anglais, qui venaient d'arriver avec le duc de Lancastre. Ce troisième fils d'Edouard III, l'homme de guerre le plus redoutable après le prince de Galles, avait été excité par les Portugais à faire valoir ses droits sur la Castille en raison de son union avec une fille de don Pèdre le Cruel.

Un jour, que revenant de pèlerinage, à Saint-Jacques de Compostelle, Mgr le Barrois des Barres, Jean de Chastelmorant, Messire Robert et Messire Jean de Braquemont, Tristan de la Jaille rencontrèrent un parti de trois cents Anglais qui en prenaient à leur aise. Ils les défirent, quoiqu'ils n'eussent que deux cents hommes. Les Anglais voulaient s'emparer de la Corogne, car « n'est pas sire de Castille qui n'est pas maître de la Corogne et de Noya. » Le roi comprit à cette occasion qu'il fallait y envoyer des garnisons comme

dans les villes les plus importantes, avec des chevaliers de France. Robert de Braquemont et son frère Jean furent des premiers choisis'. C'était à qui obtiendrait une pareille faveur, mais le roi voulait en garder près de lui pour aviser aux aventures. La politique était de laisser les Anglais avec Làncastre se fatiguer du pays, et quand ils seraient partis, de reprendre tout ce qu'ils avaient pris.

Ce fut ce qui arriva, Làncastre tomba malade, et les Anglais dépérissaient, au point qu'ils demandaient à repasser la mer.

« En Castille, disaient-ils, n'a que roches qui ne sont pas bonnes à manger au verjus. »

Le duc de Làncastre, leur permit de partir et de s'en aller où ils voudraient.

Don Jean, pour faciliter le départ de Làncastre, pressé par la peste, conclut avec celui-ci à Troncoso, un traité par lequel l'infant don Henri, son fils aîné, épouserait Catherine, fille du duc de Làncastre et de sa femme dona Constance de Castille.

Don Jean devait assigner à dona Catherine certaines places et payer au duc quelques sommes, moyennant qu'ils renonceraient à leurs droits et prétentions sur les royaumes

1. « Si fut lors envoyé Messire Olivier de Clesquin, comte de Longueville, atout mille lances à une ville forte, sur la frontière de Galice qu'on dit ville d'Agittare de champ : à tout trois cents lances. Messire Pierre de Bellesmes à tout deux cents lances à ville en Pouelles, le vicomte de Ligne en la ville de la Marolle, Messire Jehan des Barres à tout trois cents lances en la ville de Chastel-de-Noye, en la terre de Galice, Messire de Chastel-Morant et Messire Tristan de la Jaille et plusieurs autres compagnons de la cité de Valence, le vicomte de la Bessière en la ville de Ridesde, et Messire Jean et Messire Robert de Braquemont. ))

de Castille et de Léon, et rendraient les places prises en Galice.

Le traité conclu^ le duc de Lancastre se retirait à Porto et s'accordait avec le roi de Portugal, auquel il mariait son autre fille dona Philippe.

Au milieu de ces accords, la querelle de la Castille ne se poursuivait pas, et pendant que le duc de Lancastre s'en retournait en Guyenne, Robert de Braquemont, à la tête de ses Normands, s'était fait le plus grand honneur par un coup de force. Revenant en France, après avoir obtenu en récompense de ses services une dotation territoriale dans les districts contigus d'Avila et de Médina, de Rio Seco à Fuentel Sol, le roi lui avait concédé Penaranda, qui depuis s'appela Penaranda de Bracamonte, dans la province de Valladolid.

Le cadet de Normandie, qui n'avait pas trouvé satisfaction avec le duc d'Anjou, était devenu un seigneur Castillan.

Néanmoins le peuplement de ses terres ne le retint pas longtemps.

Il y avait à guerroyer en France, et le 30 septembre 1387, il faisait montre à Thérouanne de lui chevalier et de trois écuyers de sa compagnie, et l'année suivante (1388) il faisait la campagne contre le duc de Gueldres.

Le duc de Bourgogne, voulant reconnaître la réputation qu'il s'était acquise^ l'attachait à sa personne comme chambellan et récompensait ses services nouveaux par un don de 300 florins d'or, et le roi Charles VI lui octroyait la somme de 2,000 fr. à prendre sur les aides de la guerre.

A cette époque, Jean IV de Béthencourt et Regnault son frère avaient environ trente ans; leurs ascendants leur avaient préparé l'avenir et les deux frères de leur mère étaient en-

core à côté d'eux pour les soutenir, comme ils l'avaient fait sans doute dans les commencements; leurs actes, leur crédit devaient venir en aide à leurs neveux.

En .1377, quelque temps après l'âge que les chevaliers avaient terminé leur éducation, un Jean de Béthencourt nous apparaît comme pannetier du duc d'Anjou^ frère du roi Charles V.

Le 27 mai 1377, le duc à Lyon fait donner 30 fr. à Béthencourt, et celui-ci délivrait un reçu de vingt autres, le 20 décembre à Montpellier, ville que, Tannée suivante, le duc enlevait au roi de Navarre.

La faveur dont jouissait auprès du duc d'Anjou Regnault de Trie, parent des Braquemont, peut expliquer dans la maison du prince la présence d'un de leurs alliés, de même que l'on comprend le titre qu'avait Regnault de Béthencourt de Verdier de Beauvoir, au service de la reine Blanche, veuve de Philippe de Valois, si l'on se rappelle les relations de Regnault P' de Braquemont , père de Marie de Béthencourt avec la veuve du roi Philippe de Valois, dont le douaire était dans le comté de Gisors et de Neufchastel.

En 1381, Regnault de Béthencourt donnait en cette qualité de Verdier quittance de ses gages et de ceux de ses cinq sergens et de son clerc à Guillaume le Barbier, vicomte et receveur de la vicomte de Gisors pour M°^* la reine Blanche.

Tel était le point de départ des deux frères, en y ajoutant les ressources de leur patrimoine.

En 1386, Jean IV de Béthencourt dans son partage avec son cadet, par acte du dernier octobre, laissait à celui-ci le manoir du Grand-Quesnoy, la terre de Huqueleu, ce qui lui permettait de représenter quelque peu son rang, en 1387,

parmi l^ écuyers accompagnant Guillaume de Braquemont, son oncle, dans la montre du 23 avril à Arras.

Si le Jean de Béthencourt, pannetier du duc d'Anjou, était Jean IV, l'indication de ce document, pourrait donner à penser qu'il avait été sous les ordres de ce prince, dans son expédition pour la conquête du royaume de Naples, et qu'après avoir fait cette campagne malheureuse avec Robert de Braquemont, il avait alors tenté d'avoir une vie moins aventureuse, et obtenu un office à la Cour.

En 1387, il était certainement pannetier du roi, et devenait ainsi pensionnaire de l'hôtel de Saint-Paul que Charles V avait fait bâtir en 1367 pour être l'hôtel solennel « des grands esbattements », sur les emplacements des hôtels d'Étampes, de Saint^Maur et des archevêques de Sens.

Cet hôtel, dont Charles V, avait fait sa résidence favorite, avait comme le quartier môme, reçu son nom de l'église de Saint-Paul es Champs, et il s'étendait dans Tespace compris entre la rue Saint-Paul et la Bastille et depuis la rue Sainte Antoine jusqu'à la Seine. Son entrée principale était sur le quai des Célestins, auxquels Charles V avait donné une grande partie de jardins.

Cette résidence, qui était aussi celle de Charles VI, était un mélange curieux de faste et de simplicité, tenant du château féodal, du palais et de la ferme.

Chacun des princes, des grands officiers, des seigneurs suivant la Cour, y avait une habitation séparée. Il y avait là, un parc, des lices, un jeu de paume, des vergers que Charles V soignait lui-môme, des ménageries, des colombiers, des poulaillers.

Vendu en 1516, par François P"^ et démoli plus tard, l'hôtel Saint -Paul a laissé un souvenir des habitudes

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