‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 19 sur 134 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le Compagnon de Béthencourt avant leur entreprise.

Sans renouveler les indications de mon esquisse sur Gadifer, de manière à donner une idée plus réelle, je peux les préciser. Les services rendus dans les guerres que mentionnent les lettres de rémission partielles pour celui que la relation de Bergeron nomme un bon et honnête chevalier : la réprise du Poitou sur les Anglais de 1368 à 1380.

En 1373, Gadifer figurait avec cinq chevaliers et vingtdeux écuyers dans le prêt fait aux gens d'armes qui avaient servi en la compagnie et sous le gouvernement du duc de Berry es parties de Guyenne.

Il y avait alors â faire encore le siège de quatre places principales, La Roche-sur» Yon, Mortagne-sur-Sèvre, Luzignan et Gençay, qui demeuraient aux Anglais. Le samedi 5 mars 1373, premier samedi de Carême, trois semaines avant l'affaire de Chizé, Alain de Beaumont, sénéchal de Poitou, Jean de la Personne, vicomte d'Aunay^ Gadifer de la Salle et Aguerry de Rochechouart, mettaient le siège devant Luzignan, situé à cent trente -quatre mètres de hauteur, qui commandait la route de Poitiers à Saint- Maixent et à Niort. Le siège avait duré jusque vers le miUeu de 1374, et dans la pensée du duc de Berry, cette longue résistance ne pouvait venir que d'un pouvoir surna-

tiirel, la fée Mélusine ayant, « par contaction, » fondé la forteresse.

La manière dont Gadifer s'était comporté dans le siège de Luzignan avait attiré sur lui les distinctions et les grâces du duc de Berry, qui l'avait attaché à sa maison en qualité de chambellan.

D'un âge correspondant à celui du troisième fils de Jean le Bon, né en 1340, Gadifer, homme d'exécution et sachant agréablement se niêler aux plus nobles compagnies, avait trouvé le moyen de plaire à un prince fastueux, ami des lettres et des arts, dont la société avait exercé une réelle influence, du reste, sur un esprit vif et assez ouvert aux belles choses, sans qu'elle le détournât de ses goûts militaires.

Le duc de Berry, qui le comprenait, lui avait donné, en 1378, 100 francs d'or pour son voyage en Prusse contre les Infidèles, campagne que faisaient tous les chevaliers, même les plus illustres.

Il était en Bretagne avec Bureau de la Rivière.

Je ne m'appesantis pas sur ces commencements, qui motivaient les termes des lettres de rémission de 1384. II suffit de dire que le roi Charles V, quinze jours avant sa mort, autorisait Gadifer à fortifier une maison à Ligron, en la châtellenie de Thouars, qu'il tenait en fief de Clisson (31 août 1380).

Nous connaissons ainsi la résidence des deux chefs de l'expédition des Canaries; on était pourtant loin encore de l'entreprise; en attendant, Gadifer ne devait pas cesser de se faire valoir. Bien venu auprès des oncles du roi, mis en vue par le siège de Luzignan, ayant pour seigneur suzerain de Ligron Clisson, et lié avec Bureau de la Rivière, l'ami de cœur

de Charles V, Gadifer devait parvenir à se frayer un chemin vers de nouveaux honneurs.

Sa charge dans la maison du duc de Berry lui ouvrit, en effets les portes de celle du roi, et en môme temps il se trouva assez élevé pour aspirer au sénéchalat du Bigorre, qu'il n'obtint toutefois que plus tard.

Nous le retrouvons ensuite au moment où se formait la maison du duc de Touraine, dont les faveurs ne tardèrent pas à venir le chercher.

En 1390, il recevait du trésor de ce prince,, le 7 mai, 200 francs, pour aller en Barbarie ; et le 16 novembre, 100 francs, pour aller une seconde fois en Prusse.

Les courses de ce côté, dans un temps où l'établissement de Jagellon sur le trône de Pologne annonçaient les progrès du christianisme et la chute prochaine de Tordre tout-puissant des chevaliers du Christ en Prusse, avaient fourni assurément à Gadifer de quoi satisfaire les curiosités du duc de Touraine, qui, au dire de Christine de Pisan, aimait les histoires des pays lointains.

Après cette campagne, il dut songer aux affaires du sénéchalat de Bigorre qu'on lui avait assuré, mais qu'avait obtenu avant lui un compétiteur nommé Arnaud Guilhem dans une précédente vacance. Cependant, les ambitions laissent souvent après leurs succès des rancunes nées de la lutte.

Dans la poursuite de cette charge, Gadifer avait rencontré contre lui l'antagonisme d'un sieur Dominique de Vozun, auquel il attribuait l'échec de sa première candidature. Celui-ci n'avait cessé de le harceler, soutenu comme il Tétait par son union avec le procureur général.

Il avait vu les choses tourner au tragique; par une ren-

contre malheureuse, Dominique de Vezun, procureur du roi^ soupçonné d'avoir assassiné sa femme, avait été poursuivi par Gadifer de la Salle, en sa qualité de sénéchal. Il en était résulté, par la faute d'un serviteur trop zélé chargé de l'exécution de ses ordres, nommé Guillaume de Quinebat, receveur devla sénéchaussée de Pigorre, la mort de l'ancien rival.

Pendant le temps que dura ce procès, les dires et les plaintes auxquelles il donna lieu ne nuisirent pas à Gadifer auprès du duc d'Orléans, qui, le 8 mars 1394, lui donnait cent livres. Et, particularité intéressante, Gadifer signait le reçu de son seing manuel (que j'ai fait graver avec, au dessous, les trois tourteaux de ses armes personnelles).

Pour confirmer ce document, l'armoriai n°927, du cabinet des titres, indique ainsi parmi les Poitevins à bannière: « Le sire de la Salle, de sable à trois croix pattées d'or. » L'armoriai ajoute: « Gadifer porte telles armes, esquartelées contre d'argent à trois gâteaux d'azur en bande. »

Gadifer, qui a toujours porté le nom de La Salle, a-t-il longtemps scellé seulement d'argent à trois tourteaux d'azur, et attaché de l'importance à ce blason particulier? Y a-t-il là un mystère sur sa naissance ?

En tout cas, ce mystère ne le gênait pas pour se produire en bonne compagnie.

Je ne cherche pas à expliquer ceci, mais à la date du lOoctobi^ 1396, une autre quittance^ a sollicité plus vivement ma curiosité; cette quittance est accompagnée d'un écu ccartelé, surmonté d'un heaume portant le buste d'une dame couronnée.

1. Bibl. Nationale, rass. français, n* 26208, quittances, volame 37.

M. de Circourt suppose que c'est la fée Mélusine dont D'Arras avait écrit la vie, sur les ordres du duc de Berry.

Il avait commencé cette œuvre en 1387, le mercredi, jour de la Saint-Clément en hiver, et il l'avait terminée l'an 1394, au mois d'août. Une telle œuvre, mettant en relief par son côté merveilleux une conquête de l'oncle de Charles VI, était de nature à attirer l'attention de ceux qui avaient pris part à la conquête du château de Luzignan, et à mettre à la mode la fée que le ^ duc de Berry, le comte de Salisbury et la duchesse de Bar. avaient prise sous leur patronage.

On savait déjà le vœu fait par le duc à Saint-Germainl'Auxerrois» s'il se rendait maître de la forteresse, et la fondation faite à l'abbaye de ce nom, pour conjurer l'influence de la fée.

Gadifer de la Salle, un des héros de la conquête, devait être naturellement bien venu à faire sa cour au prince qui l'avait nommé son chambellan à cette occasion, et il n'y aurait pas à s'étonner quand celui-ci aurait pris, à l'époque de l'achèvement du Roman de Mélusine, le buste de la fée pour le poser sur le cimier de son heaume.

Après tout, un tel cimier devait donner au chevalier qui le portait, soit dans un tournoi, soit dans une grande cérémonie, un caractère particulier en rappelant un acte glorieux de sa vie. Cela pouvait convenir dans les diverses circonstances qui demandaient de l'apparat et où le duc d'Orléans se plaisait à placer Gadifer.

Tel, par exemple, le voyage de Calais, dans lequel il

s'agissait de faire une escorte de personnages remarquables,

à la suite du roi et de sa fille Isabelle, qui allait épouser

Richard d'Angleterre.

Richard avait trente ans, et la jeune Isabelle n'était

qu*une enfant de sept, mais l'on concluait une trêve de vingt-huit ans^ dont une des premières conditions, était le rachat de Cherbourg et celui de Brest, que les Anglais ne devaient pas pardonner à leur roi.

Les comptes de Jehan le Flament donnent les quittances de sept chambellans; et les deux quittances de Gadifer de la Salle, Tune en date du 11 octobre, l'autre du 19 octobre, semblent le mettre sur le même pied que les quatre premiers chambellans qui étaient des bannerets.

C'étaient le sire de Rothelain, 200 francs; le sire de Hambuye (Guillaume Paynel), 200 francs; le vicomte de Meaux (Robert de Béthune), 200 francs; le sire d'Estouteville, 200 francs. Les trois autres chambellans, marqués seulement pour cent francs, étaient Gadifer, le sire de Miraumont, Arnaud Guillem d'Orbesan, le fameux Barbazan, alors seulement chevalier bachelier, qui fut Tun des sept du champ clos de Montendre restés victorieux des sept champions anglais, et celui que Charles VII fit enterrer à Saint-Denis.

Le duc d'Orléans devait d'ailleurs contribuer à l'éclat extérieur de Gadifer, en lui donnant en 1400 un collier d'or de l'ordre du Camair, qu'il avait institué, dit-on, mais sans preuves, à l'occasion du baptôme de son fils Charles.

Le collier du Camail, était un collier à six rangs et à la devise des six couleurs du duc d'Orléans, « fait en manière de découpes de mailles de haubergeon ». C'était proprement le collier do l'ordre auquel le duc ajoutait d'ordinaire un porc-épic émaillé^ pendant au collier par un petit fermail.

Le collier se portait sur une houppelande ou sur un jaque.

1. Un Robert de Cadillac recevait un des dix colliers d'argent (2 septembre 1400).

et dans ce dernier cas, il était rattaclié par des aiguillettes d'or ou d'argent au camail du bassinet, selon que le collier était d'or ou d'argent, les deux degrés d'honneur.

Ces marques de considération données par le duc d'Orléans à Gadifer de la Salle témoignaient l'estime qu'il avait pour lui.

Sa compagnie même paraissait lui être nécessaire. Ainsi, le prince, après les affaires du Mans, était arrivé avec lui, dans le pèlerinage de Chartres et dans celui du Mont-Saint- Michel (1394), presque à une espèce d'intimité.

Cette intimité de Gadifer de la Salle se manifeste surtout dans le jeu, où il était heureux.

On avait joué fort dans le pèlerinage du Mont-Saint- Michel; le pèlerinage de Chartres avait été moins accidenté, sans être plus édifiant, quoique Louis d'Orléans fondât des chapelles, portât sur lui des reliques et allât se donner la discipline avec les Pères Cèles tins.

Le soir, il fallait bien occuper ses loisirs; et alors il jouait au trinquet avec messire Charles d'Albret et d'autres, puis le lendemain, c'était aux échecs avec Gadifer, avec lequel il perdait, un soir, soixante et onze sols.

Plus tard, en 1396, le duc perdait déplus grosses sommes. Il engageait à Gadifer son cheval pour trente écus d'or qu'il avait perdus avec lui au jeu de cartes, de même que le seigneur de Miraumont avait perdu le sien, que le duc lui donna le moyen de racheter.

Gadifer, on le voit, avait la main heureuse. Il ne gagnait pas toutefois quinze chevaux dans la même séance, comme le fit plus tard le chevalier de Grammont, qui en donnait un pour les cartes, au grand plaisir de Turenne, à cause de la nouveauté du fait.

Réduit comme je le suis trop souvent à des détails de cérémonies politiques ou à des souvenirs d'oisivetés de cour que j'apprécie mal, j'aime à trouver quelque circonstance dans laquelle le duc. d'Orléans cherche en Gadifer un homme de bon conseil ou de résolution.

Il est très vraisemblable, d'après M. de Circourt, que le duc voulut lavoir auprès de lui dans le voyage d'Avignon, qu'il fit auprès du pape Benoît XIII, en compagnie des ducs de Berry et de Bourgogne.

Il n'y a pas à douter, suivant notre savant et bénévole collaborateur, que le duc d'Orléans ne comptât sur La Salle, dans son antagonisme contre le duc de Bourgogne, antagonisme qui s'était accentué par les traverses que celui-ci avait opposées sournoisement à sa politique en Italie, et auxquelles le duc d'Orléans cherchait des compensations du côté de l'Allemagne et du Luxembourg.

Le rôle violent adopté par le duc de Bourgogne dans les

affaires du schisme, en opposition directe avec son neveu sur ce point qui touchait celui-ci au cœur, avait rendu la rupture inévitable entre eux. Le duc d'Orléans s'y préparait dès l'année 1399. Sur la fin de l'année 1400 (alors qu'il donnait le Camail à Gadifer) il résolut de la provoquer. Pour cela, il alla chercher en Allemagne l'ennemi-né du duc de Bourgogne, le duc de Gueldrcs. Il l'amena en France après lui avoir fait conclure avec lui un traité d'alliance contre tous et de vassalité, de plus fait prendre l'engagement d'en conclure un pareil avec le roi. Les engagements furent pris au château de Coucy nouvellement acquis par lo duc d'Orléans. Pour parer sa cour, où il y avait un prince du sang royal, et aussi pour mettre lui et son hôte à l'abri d'un coup de main pendant la route qui longeait les terres du duc de Bourgogne, le

duc d'Orléans avait réuni autour de lui, outre la fleur de ses adhérents, les plus énergiques de ses serviteurs. Parmi ceux-ci Gadifer se trouvait. Le duc de Gueldres, amené de Mouzon à Coucy , puis de Coucy à Paris, arriva en pompe et sécurité.

Le duc de Bourgogne parut se soumettre sur le coup. Il se contenta de s'abstenir. Lui et le duc de Berry marquèrent leur dépit en ne paraissant point à la cérémonie de la prestation du serment qui enlevait à l'Angleterre un allié et en faisait un vassal du roi de France. Us restèrent à Paris deux jours encore, puis partirent. Le coup avait porté.

D'abord le duc de Bourgogne se contenta do se mettre à couvert ; quelque peu après, sous prétexte de bien public, il prit l'offensive. Enfin il se mit en armes et le duc d'Orléans en fit autant de son côté, rassembla ses amis, fit semonce à ses vassaux. Les deux antagonistes se trouvèrent enfin en présence.

Les ducs de Bourbon et de Berry, qui étaient allés conférer avec le duc de Bourgogne à Scnlis, prirent peur et se jetèrent entre l'oncle et le neveu; ils avaient alors obtenu que ces derniers remettraient leurs différends entre les mains de la reine, du roi de Sicile, des ducs de Berry et de Bourbon. Les deux ennemis avaient, le 6 janvier, donné leur parole, de s'en remettre à cet arbitrage.

L'accord célèbre du 14 janvier 1402 qui intervint alors se réduisait à l'engagement réciproque de ne pas recourir aux armes sans s'être défiés deux mois d'avance, néanmoins le duc d'Orléans dînait le 15 janvier chez le duc de Bourgogne, et le 20 janvier il renvoyait dans leurs maisons ceux de ses gens de guerre qu'il avait assemblés dans son hôtel de Behaigne, tout voisin, à Paris, de l'hôtel d'Artois.

Ces dispositions apparentes des deux princes, à transporter leurs différends sur le terrain do Tintrigue décidèrent sans doute Gadifer de la Salle à s'en aller jusque dans son Poitou, mais pas seul.

Or, c'était en avril 1402 que Béthoncourt le rencontrait à La Rochelle, où il était avec quelques hommes d'armes, comme pour donner raison à cette observation du Jouvencel: (( Ne vaut-il pas mieux d'être monté et armé de vostre adventure pour la guerre et faire toujours vostre mestier que d'aller à la cour presser le roi, faire l'ennuyeux après les seigneurs, despensant vostre argent et perdant le temps^ comme font plusieurs qui ne scauroient vivre si on ne leur donnoit? » Cela est sagement et fièrement pensé.

Maintenant, Béthencourt que nous avons vu encore en janvier 1397 gagner au duc d'Orléans vingt- huit écus d'or, aux jeux d'échecs et de billes, l'avait-il quitté depuis sous une pression quelconque, une maladie par exemple ?

Un document de 1402 dit qu'il avait perdu en fait d'armes la force et la vertu d'aucuns de ses membres; cela n'avait pas empêché toutefois sa présence sur mer vers 1400. Ce qui indiquait de sa part une volonté d'une réelle énergie, et s'il était venu à Paris, pour la vente de sa maison et manoir de la rue Veaubourg, n'aurait-il pas confié ses desseins de course lointaine à un de ceux qui partageaient le service de chambellan du duc d'Orléans ?

Dans ce cas, Gadifer de la Salle n'aurait-il pas uni sa pensée d'entreprise à la sienne, et alors chacun prenant le temps nécessaire pour leurs approvisionnements, la levée des gens d'armes, l'achat d'un navire et la location de marins à Harfleur, leur rencontre à La Rochelle avec leur

compagnie n'aurait pas été fortuite, comme le dit le texte publié par Bergeron.

La Rochelle, port situé entre les côtes de Normandie et celles du Poitou, était alors un lieu de rendez- vous : quoi qu'il en soit, si l'on fait attention à tout ce qui a été dit sur Gadifer comme sur Béthencourt, il ne sera pas possible de regarder comme étrangers l'un à l'autre ces deux chambellans que Louis d'Orléans associait, dès 1390, à ses desseins militaires comme à ses jeux. Évidemment toutes les phrases du texte de Bergeron, à l'occasion de la rencontre, sont phrases en l'air.

Après tout, quelque intérêt qu'il y aurait à savoir si Béthencourt et Gadifer avaient concerté ensemble l'entreprise qui les a illustrés, il importe plus encore de porter la lumière sur un autre point, c'est-à-dire sur la relation qui doit guider notre jugement sur l'expédition elle-même, et sur la part que l'abbé Cochet attribue à l'un et à l'autre auteur.

C'est ici que l'histoire va exposer ses plus belles découvertes par une de ces révélations inattendues, propres à surprendre les esprits et à leur donner foi dans la vérité, qu'il faut toujours espérer, sans qu'il soit possible de fixer l'époque à laquelle elle apparaîtra.

Eu décembre 1888^ au moment oii j'achevais de mettre dans un premier ordre les notes de M. de Circourt et les miennes, un incident vint tout à coup placer sous les yeux du public un document enfermé jusque-là au milieu de curiosités de toutes sortes, et auquel on n'avait pas fait assez d'attention.

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