‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 54 sur 134 · CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

Et combien que Bertiii de Berneual et ses corapaignons de traison feussent en la nef en sa compaignie, lui aiant bonne voulenté de tout mal accomplir fist* tant que les Gascons qui estoient de son aliance furent mis hors en terre par lesquels il auoit fait tout l'exploit de sa traisô, car se ilz n'eussent esté auecques lui et de sô alliance, il n'eust osé faire ne emprandre la traison et la mauuaistié qu'il fist. Et leur dit le très mauuais : « Donnez-vous le meilleur conseil que vous pourrez, car avec moi ne vous en viendrez-vous point'? » Or, pouez voir et cognoistre la grant desléauté de Bertin de Berneual qui fît trois traisons principalez: l'une si fut contre Gadifer, leur capitaine, qu'il lessa en l'isle déserte pour mourir de faim et auxi le desgarnir de gens, de vitaillez et d'artillerie*; l'autre que soubz ombre de bonne foy il manda

1 . Texte de Jean V de B. Chapitre xxn. Ëditioo Société normande, p. 33. Titre du chapitre : Comment Bertin laissa ses compagnons à terre et s'en alla à tout sa proie.

2. Ajouté: Et pour ce le fesoit le d. Bertin qu'il avoit peur queiceux

ne lui fissent au cas pareil.

3. 4, 5, 6. N'est pas dans le texte de Jean V qui ajoute quelques lignes. « Et aussi le dit Bertin auoit intention de parler À Monsieur de Bethencourt quand il viendroit en Espagne et de faire sa paix envers lui, la quelle y fit le mieux qu'il peut, en lui donnant entendre aucunes choses dont une partie le d. Seigneur de Bethencourt trouva vérité corne ung temps advenir vos orrês, jâ soit que le d. Seigneur fut bien adnerti de son fait et qu'il auoit tout ce fait par son aduarice. »

le Roy de Tisle Lancelot, qui estoit esseuré de lui et de nous

touz, et le print lui et ses gens et les livra aux Espaignols

pour mener en seruage* ; la tierce que ses propres compai-

gnons aliez de serment quant il eut fait de eulx, il les lessa

en terre, par quoy ils sont depuis mors, et s'en alla auecques

sa proie ainsi qu'il est contenu en ce liure*.

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