‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 82 sur 134 · CHAPITRE QUARANTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTE-DEUXIÈME

Et le jour proprement que la barge arriua au port de Rubicon, au retour des isles, ilz se partirent et s'en alèrent à un autre port nômé Laracif, là leur fist Gadifer déliurer char pour leur retour, et se partirent de là pour euls en aler, et quant ils eurent esté iij jours en la mer, euls eurent vent contraire et s'en retournèrent au port de Tisle Gracieuse et demeurèrent là IX jours et s'en partirent de là le jour de Saint Denis ' mil CCCC et iij et auoit en charge Gadifer

1. 11 ne figure qu'un extrait de ce chapitre dans le texte de Jean V de Béthencourt, p. 72-73. Édition normande, ch. xly, intitulé : Comment Monseigneur de Béthencourt arriva en Vile de Lancelot et la chère qu'on lui fit.

Mais le texte ne dit pas d'abord l'époque à laquelle part Geoffroy Dauson ville envoyé par Gadifer en Espagne (9 octobre 1403, jour de saint Denis).

Il bouleverse tout le reste du Document original qui est pourtant ici fort important par la reprise du Roy de llle Lancelot et la demande que celui-ci fait du baptême, le jour du Carême Prenant. Ces changements vont donner lieu à une série de nouvelles tromperies, comme on le verra plus tard. Béthencourt, n'ayant été de retour aux Canaries que le 19 avril 1404^ c'est de là pure fantaisie que l'offre du Roy de Lancelot est censé lui faire, à lui en personne, d'accepter le baptême, et l'on ne sait comment qualifier les lignes suivantes :

« Monseigneur de Béthencourt et Messire Gadifer se tirèrent à part et » parlèrent ensemble et sentracolèrent et bésèrent pleurant l'un et » l'autre de grand joie qu'ils avoient d'estre censé de mettre en voie de » saluation tant d'âmes et de personnes. )>

moult expresséement à Jofïroy Dansonuileet lui bailla assez de quoy, qu'il fust retourné vers nous, à tout grant planté de vitailles, dedans la feste de Noèl prochain venant, car nous n'auions viurez que pour ii j mois bien escharéement, et il nous proraist par sa foy que si seroit-il, mais il ne nous a mie tenu paroUe, dont nous somez merueillez qu'il n'est autrement venu deuers nous, ou qu'il ne nous a enuoyé des viures, autant qu'il nous auoit promis, car il scet bien que, quant il partit de nous, que nous n'auions viures que pour iij mois de là ensuyuant, lesquelx sont passés dès Noèl, pour quoy nous estions en grant poureté de viures, quant nous auoDfi repris le Roy de Tisle Lancelot soy XIX®, que nous auoit assez donné de payne par plusieurs foys, trouuèrent les compaignons auecques lui viurez assez pour vn mois pour nous touz. Et, ce ne fust ceste auenture, nous estions en petit estât, car la plus grant partie de nous ne mangèrent pessa de pain ne ne beurent de vin, mais s'il ne nous vient vitailles dedens vn mois, nous somez du tout à la char contre ceste saincte quarantaine.

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