‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 85 sur 134 · CHAPITRE QUARANTE-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTE-CINQUIÈME

Et après que les gens commencèrent de moutiplier sur terre, ilz firent moult de maulz et d'orriblez péchiez, de quoy Notre Seigneur se courroussa et dist qu'il pluueroit, et destruyroit toute char dessus terre, mais Noë, qui estoit, home iuste et Dieu créinant, trouua grâce deuant lui auquel il dist qu'il vouloit destruire toute char de Tome jusques aux bestez et aux oyseaulx et que son esperit ne demourroit mie en Tome parmenablemôt et qu'il amenroit les eauez de déluge sur euls et li cômâda qu'il feist vn earche de certaine hauteur, et certaine longueur et largeur, là où il mettroit sa fême et ses trois enffans et leurs trois fômes, et de toutes

choses portans vie, meist auesques luy vne paire de chcun,

de quoy nous sôraes touz issuz voire après le déluge; Et

quant ilz virent que ilz furent moutipliez grand nombre, vn

home Nêroch voulsist régner par force, et s'asamblèrêt tous

en vn champ nômé le Champ de Sanaar, et ordônèrent du

comun a comprendre les trois parties du monde et que ceulx qui estoient descenduz de Sem, l'aîné filz de Noé, tendroient

Aise, et ceuls qui estoient descenduz de Cham, l'autre filz

de Noé, tendroient Europe, et Jaflfet le mainne tendroit

Aufriq, mais ainsois qu'ils se départissent, eulx cômencerôt

1. Texte de Jean Y de Béthencourt. Édition normande, p. 76. Chapitre xLViu. Intitulé: De mesmes exemple de Nouel pour introduire ceulx de l'Ile.

vne tour si grant et si forte, laquelle ilz voaloient quelle venist jusque au ciel en perpétuelle memorye d'eulx et Dieu qui vit que euls ne cesseroient point leur curage, leur confondit leurs langagez, en telle manière que Tun n'entendoit la voix de l'autre. Et la furent faiz premièremt tous les langagez, qui au jourd'uy sont par tout le monde. Et puis enuoya ses angels,. qui firent si grant vent venter qu'ilz abatirent la tour jusques près des fondemens, y encoure y parolt, se dient ceulx qui l'ont veue.

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