‹ La conquête minéraleChapitre 10 sur 82 · Bévue générale des Sciences · texte numérisé non relu

Bévue générale des Sciences

eux quelque chose de diabolique, comme des hommes plus jeunes de quelque trois mille ans ont pu encore s'effarer devant les secrets du docteur Faust, de Paracelse, ou des seigneurs alchimistes du xvm* siècle. A la fin, ils furent chassés et remplacés par un autre peuple de navigateurs, savants en astronomie, adorateurs de Baal (ou Hélios), qui paraissent avoir été des Phéniciens, et auxquels revint le soin, par leur commerce maritime très étendu, de porter les connaissances minières et métallurgiques jusqu'au delà des colonnes d'Hercule. Les Telchines,* disparus comme peuple mais restés vivants dans les mémoires comme inventeurs des métaux, devinrent alors et demeurèrent pendant toute l'antiquité, eux et les autres enchanteurs métallurges auxquels on attribuait un rôle semblable, Kabires, Curetés, etc., des sortes de dieux, honorés par des mystères dont le sens se perdit peu à peu.

Ainsi, d'après la légende que l'archéologie ne contredit en rien, la métallurgie du bronze aurait été introduite dans la mer Egée par cette race Minoenne, dont l'origine est inconnue et a pu être supposée européenne, bien que l'emploi du lion comme motif ornemental suppose plutôt des relations premières avec l'Asie.

Origine des connaissances métallurgiques chez les Minoens. — Il est possible que, dans leurs rapports avec les Égyptiens, ce soient les Égéens, ou Minoens, qui aient été les initiateurs et non les initiés, ce qui les reculerait très loin dans le passé. Mais d'où tiraient-ils eux-mêmes leurs connaissances ? Toutes les hypothèses sont ouvertes. Cependant,

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quand on est remonté avec eux de Rhodes ou de Mycènes en Crète et en Phrygie, on est tenté de continuer l'itinéraire dans les deux sens : la Crète menant à Chypre, puis au continent asiatique, à la Chaldée et peut-être, en continuant, à TArménie ; la Phrygie et le féloponèse en Thrace, en Scythie, sur les deux rives de la mer Noire, dans le Pont, et finalement en Caucase. Un centre primitif dans les régions caucasiques parait avoir pour lui bien des vraisemblances : grande abondance de minerais divers ; métallurgie ancienne connue par des textes précis et qui, d'après la tradition, avait découvert le travail pratique du fer chez les fameux Chalybes du Pont; restes d'antiques civilisations indatées ; enfin centre naturel de migrations d'où les peuples auraient pu se répandre par diverses voies en contournant les deux rives de la mer Noire et le massif montagneux qui occupe le centre de l'Asie Mineure. Ajoutons que, pour un commerce par caravane avec les pa^s du Nord, les plaines de la Russie méridionale, d'où Ton gagne la Baltique ou la Manche sans rencontrer aucun obstacle montagneux, auraient été assez bien choisies. Enfin, dans le sens du Caucase, rien n'empêche d'aller plus loin encore vers ces éternels réservoirs de peuples envahisseurs qu'a toujours offerts l'Asie Centrale et peut-être même jusqu'en Chine.

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