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LES ORIGINES LÉGENDAIRES DE LA MÉTALLURGIE ANTIQUE ET LES TELCHINES

Quand on essaie de reconstituer, par l'archéologie, les origines de la métallurgie antique, on n'arrive pas, comme nous venons de le voir, à des conclusions bien nettes et bien satisfaisantes. Connaissance de l'étain au moins 4.000 ans avant J.-C. dans la Méditerranée orientale; importation vraisemblable de cot étain par des caravanes arrivant du Cornwall et apportant, en même temps, l'ambre de la Baltique; enfin possibilités pour que ce gisement septentrional eût été découvert par des commerçants orientaux déjà familiarisés avec la vue de tels minerais par l'exploitation d'autres gisements plus pauvres en Asie : voilà les conclusions qui nous ont paru les plus vraisemblables. Pour compléter ces premières notions, on peut essayer de recpurir à l'histoire légendaire qui nous a été transmise poétisée, compliquée, déformée

et recourerle de surcharges comme «n palimpseste, par les littérateurs grecs. En Grèce, en effet et, plus tard, en Italie, il faut remarquer que les hommes ont gardé longtemps le souTenir reconnaissant de la découTcrte ou de Tinitiation qui leur avait fourni les métaux, comme de celles qui leur avaient donné le feu, le blé, le vin et les animaux domestiques. Des mystères en célébraient la mémoire et Samothrace faisait pendant a Eleusis, les dieux Kabires à Dionysos ou à Triptolèmu. Dans les îles de la mer Egée, qui furent le trait û'aaion entre TÉgypte ou l'Asie Mineure et le continent européen et où paraissent s'être opérées de trè^ anciennes rencontres entre les civilir^ sations venues du Sud ou de l'Est et les hommes arrivant du ^ord, on aimait à raconter Thistoire des premiers initiateurs, transformés en demi-divinités, en « génies métallurges », qui avaient apporté Tart du bronze ; et voici ce que Ton croit pouvoir déchiffrer à travers €es récits confus.

Relations des génies métallurges avec la civilisation minoenne de Crète, Rhodes, Hycénes, etc. —

A une époque très reculée et qui, pour les plus anciens écrivains dont les œuvres nous sont restées, avait déjà pris un aspect absolument légendaire, il dut s'établir à Rhodes, notamment dans les trois villes primitives de Lindos, lalysos et Kamiros, une race ayant des relations d'origine avec les populations contemporaines de la Crète, de Chypre et du Péloponèse : race d'hommes à civilisation industrielle très avancée, sachant extraire les minerais, fondre le bronze, couler des statues, possédant des arts raffinés, employant l'écriture, et, en même temps, surprenant

les indigènes par son habileté dans la navigation. Cette race des Telchines a, comme j'ai essayé de le montrer ailleurs *, quelque chance pour être celle même dont les découvertes archéologiques de ces dernières années nous ont révélé la merveilleuse extension en Crète, à Mycènes, à Rhodes, etc : cette race, dite Minoenne ou Egéenne, dont les derniers représentants, environ 1.500 ans avant J.-C, bâtirent les monuments retrouvés à Mycènes et qui, 2.500 avant notre ère, avait des établissements en Egypte, à laquelle on a parfois proposé de rattacher les HyksoSy etc.

Les Telchines, qui étaient d'origine Cretoise, et qui, peut-être, en même temps, avaient des frères de sang en Phrygie, imposèrent leur puissance à Rhodes comme dans les autres îles par la puissance supérieure que leur donnait la connaissance des métaux, la possession des armes en bronze, absolument comme un peuple moderne triomphe par des canons ou des navires de guerre plus perfectionnés. Se tenant sans doute à Técart comme une oligarchie conquérante, ils étonnèrent, effrayèrent, furent haïs, détestés autant que jalousés, si bien qu'on salua leur expulsion par une race nouvelle comme une délivrance. Les laboureurs accusaient ces industriels de bniler leurs récoltes par les fumées empoisonnées que dégageait le grillage de leurs minerais sulfureux et par les eaux néfastes, vitrioliques, de véritables « eaux du Styx », qui en découlaient. On leur attribuait des perversités et des débauches dont un déluge devint le châtiment divin. On voyait sans doute en

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