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CHAPITRE II

Principales étapes dans rutllisatlon de la Richesse minérale.

Sommaire de l'histoire racontée dans les chapitres suivants. — Usage primitif du silex. — Pierres commémorai ives. — Entrée en jeu successive des grands métaux. — Siècle du fer et de la houille. — Métaux nouveaux. — Modifications dans les minerais utilisés et dans remploi des métaux. — Ordre d'utilisation des rainerais dans un pays neuf.

Silex et pierres brillantes. — Au début, chacun sait assez que Thumanité a traversé un âge de pierre ; et encore ce qui nous parait ici le début a-t-il dû être l'aboutissement d'un déjà très long effort. Quoi qu'on en ait dit, cet âge de pierre ne représente pas une époque, une date, mais une étape, par laquelle les diverses races ont pu passer plus ou moins tard, dans laquelle elles ont pu s'attarder plus ou moins longtemps. Il en est ainsi à vrai dire de toutes les étapes suivantes que nous aurons à examiner; et l'âge de pierre subsiste encore sous nos yeux parmi certains peuples, comme Tâge des métallurgies tout à fait rudimentaires et primitives chez d'autres. Mais, plus la civilisation a progressé, plus le monde s'est unifié et plus ces étapes se sont généralisées sur la surface de la terre, aucune découverte ne pouvant plus rester secrète au delà d'un très petit nombre d'années et toutes, par conséquent, profitant à l'en-

semble de la communauté. En sorte qu'aujourd'hui, contrairement à ce qui a dû se passer dans ces périodes anciennes, la mise en valeur intensive des minerais de fer phosphoreux ou des carbonates de fer, comme celle des teïlurures d'or, des terres rares à cérium, etc., constituent des dates bien déterminées, bien précises, pour Tensemble de la Terre, tandis que la découverte de Tor, du cuivre ou du fer a dû être réalisée, jadis, par des peuples divers, un grand nombre de fois. De toutes façons, il n'a pu manquer d'y avoir une époque où l'usage des métaux était complètement inconnu sur toute la surface du globe, où l'on n'utilisait du monde minéral que ces silex, pour la possession desquels on a dû alors livrer, des batailles et des guerres, comme pour prendre au XVI* siècle l'or de Montézuma, ou au xx® celui des Boers ou des Coréens.

Très inégale est, en effet, la qualité des silex ^, qu'il a fallu d'abord apprendre à distinguer des autres pierres ; et très rares sont les gisements se prêtant à la confection de belles lames bien éclatées, de flèches en silex soigneusement ébarbées, qui ont été seulement découverts et utilisés assez tard, ceux aussi qui ont fourni les jades, les diorites, destinés aux haches en pierre polie et dont on a dû faire un moment un commerce d'exportation à lointaine distance...

Il en est de même, dès ces âges reculés, pour les matières brillantes, colorées, transparentes, etc., que Ton a dû vite commencer à employer pour s'embellir, côte à côte avec les coquillages ou les dents d'ani-

1. Le commerce des silex aux époques préhistoriques est un fait bien prouvé.

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maiix enfilées, avec les plumes et les peaux de bétes. Tel a été sans doute le premier emploi de ce métal éclatant, l'or, que Ton a dû si rapidement apercevoir dans les sables des cours d'eau à une époque où il y était tellement plus abondant qu'aujourd'hui, mais qui n'a pu être au début qu'un jouet ou une parure. L'ambre, qui apparaît de très bonne heure, dans les tombes de la région méditerranéenne avec les outils de pierre et dont la source presque unique paraît toujours avoir été la Baltique, n'a probablement commencé à y être extrait que lorsque les civilisations d'autres régions plus avancées avaient déjà, pendant des siècles ou des milliers d'années, franchi un échelon supérieur ; mais d'au 1res matières avaient été certainement recherchées auparavant ailleurs pour le même objet : les turquoises, les agates, les cornalines, elc (^)...

Pierres commémoratives. -— En même temps^ l'homme a éprouvé le besoin très ancien d'assurer un semblant de durée, fût-ce par un labeur opiniâtre, aux œuvres qu'il édifiait, surtout lorsque celles-ci étaient destinées à ses dieux, le besoin aussi de fixer, d'immortaliser, croyait-il, en les confiant à une matière impérissable, les lois qu'il édictait ou le souvenir de ses victoires. Si, dans les plaines argileuses de la Mésopotamie, il lui a fallu souvent se contenter d'écrire sur l'argile en s'eff'orçant de durcir du moins cette argile au feu, partout où il trouvait de la pierre plus dure, il l'a recherchée et, plus elle était dure, plus il tenait à l'acquérir. Un désir d'étonner par la

i. Dans la Genèse, l'un des quatre fleuves du Paradis coule vers un paj's M où l'on trouve de Tor très bon, du bdellion ^?) et de la pierre d'onyx ».

grandeur, qui n'est pas du tout, comme an l'a cru parfois, propre aux peuples primitifs, mais qui se retrouve à toutes les époques (Tour Eiffel et Skyscrapers) en se développant particulièrement dans certaines phases de mégalithisme exaspéré, a aussi fait rechercher les bancs, les carrières susceptibles de donner des pierres de très grande dimension. Les peuples et leurs souverains se sont certainement disputé les terrains où Ton trouvait les diorites et les basaltes des monuments égyptiens et chaldéens, ceux où il existait des bancs de pierre susceptibles de fournir des monolithes dignes de Louqsor ou de Baalbeck (ceux-ci extraits jusqu'à l'époque romaine), ou des blocs propres à des pierres dressées comme celles de Carnac, même à une époque où, faute de métaux durs comme le fer, il devait être singulièrement difficile de les utiliser.

La découverte des grands métaux. — Après quoi est venu l'usage des métaux, dont les phases classiques peuvent, comme nous le verrons mieux tout à l'heure, se reconstituer par la seule logique, plus aisément je crois que par l'histoire : ces faits ayant dû se passer un peu partout avant toute espèce d'histoire.

Si nous laissons de côté l'or qui ne pouvait avoir d'emploi pratique jusqu'au jour où l'on a imaginé d'utiliser son exceptionnelle résistance à tous les agents de destruction pour en faire un instrument d'échange, il suffît d'examiner les minerais de fer pour concevoir comment la plupart d'entre eux n'ont dû au<îunement attirer l'attention tout d'abord. Eût-on même recueilli des paillettes brillantes d'oligiste

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