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LES GRANDES ÉTAPES DE LA CONQUÊTE

comme celles qui couvrent les plages de Tîle d'Elbe ou des grains noirs de magnétite, comme bien des rivières en concentrent dans leurs sables, on n'aurait pu, faute de moyens de fusion savants, en extraire que de petits morceaux de fer, utilisal)les sans doute en aiguilles, en hameçons, etc., et recherchés pour leurs qualités spéciales dès qu'on en a eu la connaissance, mais incapables de fournir les instruments d'une certaine dimension, auxquels le fer a semblé ensuite naturellement consacré, des armes, des charrues, etc.

Au contraire, il est deux minerais métalliques, un sulfure de cuivre et un sulfure d'antimoine, tellement fusibles que la flamme d'une bougie suffît à les liquéfier : l'un, en outre, ordinairement accompagné de minéraux bleus, verts, etc., attirant l'attention par leur couleur propre, et par la teinte que leurs sels dissous prêtent aux eaux du voisinage. On a donc dû logiquement (et c'est ce que confirme toute l'archéologie), employer de très bonne heure du cuivre pur et du régule d'antimoine : surtout le premier métal en raison de ses applications bien plus développées, mais aussi l'antimoine (Tello, en Chaldée). On a dû également, là où des grains noirs et lourds de cassitérite (oxyde d'étain) avaient attiré l'attention, en extraire, par une réduction facile, l'élain liquéfiable à si basse température.

Et, de l'association plus savante du cuivre avec rétain, est né alors l'emploi du bronze, c'est-à-dire du cuivre durci par cet alliage, succédant au cuivre pur.

Puis, on aura commencé à obtenir du fer en grandes masses dans les pays où existaient des minerais de

ce métal spécialement fusibles, fusibles au basfoyer catalan, qui furent longtemps les seuls recherchés. En même temps, on a appris à sortir le plomb, et son satellite l'argent, de la galène. Des recettes de métier analogues à celles de nos manuels Roret ou de nos encyclopédies, mais non publiées, se sont accumulées alors peu à peu entre les mains des spécialistes et ont fait rechercher tour à tour des substances minérales dont on avait découvert l'emploi,, comme l'alun qui sert de mordant pour fixer les couleurs sur les étoffes,^ comme les miniums, les vitriols, etc. : sans compter tous ces minéraux auxquels on s'est habitué très tôt à attribuer des vertus singulières, adoptées par la superstition, reproduites de livre en livre et quelquefois finalement perpétuées jusqu'à nous.

L'antiquité. Pline TAncien. — On entre ainsi peu à peu dans la phase historique, où, pendant des centaines, peut-être des milliers d'années, faute d'une chimie raisonnée, les progrès purement empiriques ont été forcément très lents. Pour avoir une idée de la richesse minérale utilisée au début de l'ère chrétienne, il suffît de lire Pline l'Ancien qui, n'étant pas spécialiste, a commis passablement d'erreurs, même poiir son époque, et qui a sans doute omis bien des receltes dissimulées par les gens du métier, mais qui, néanmoins, était au fait de ce qu'il y avait alors, en cette matière, de vulgarisé dans les milieux scientifiques : l'équivalent, si l'on veut, de ce que peuvent contenir, en matière d'industrie moderne, les comptes rendus de l'Académie des Sciences, où un ouvrier n'ira pas chercher ce qui s'apprend à l'atelier, ni

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