L^AFRIQUE ET LES MINES
y a été reconnu en 1893. bes déserts se sont peuplés ; des forages ou des adductions à longue distance y ont même amené Teau à la surface; des villes comme Coolgardie, Kalgoorlie (10.000 habitants en 1899, etc.), sont sorties de terre.
Aujourd'hui TAustralie, dont le peuplement s*est ralenti, a 3.600.000 habitants blancs; mais la grande richesse du pays est moins dans les mines, malgré quelques brusques et momentanées poussées de prospérité, que dans Tagriculture pastorale. Les mines, ici comme en Californie, ont fait venir les colons, fait construire les chemins de fer, fait bâtir les villes ; leur rôle accompli, elles disparaissent.
L'Afrique australe. — Mines et peuplement. — Diamants et or. — En Afrique, l'histoire de la Colonie du Cap et du Transvaal est encore un exemple du rôle important que peut avoir la richesse minérale dans la fortune d un pays. Les territoires de l'Afrique australe se développaient lentement et paisiblement avec leur population de Boers fermiers et pasteurs quand, en 1867, fut trouvé par un enfant, sur les bords du Vaal, le premier diamant sud-africain. Aussitôt, à travers les 1.000 ou 1.200 kilomètres du désert de Karoo, une population d'aventuriers afflua vers les « diggs », où travaillaient déjà 10.000 blancs Tannée suivante. La découverte de la première « mine sèche », ou cheminée diamantifère, en décembre 1870, produisit une émotion bien plus grande encore. Dès 1871, il s'était construit, à Kimberley, une véritable ville, une ville absolument artificielle, en plein désert, dans le pays le plus désolé, qui vit uniquement des diamants, suit les vicissitudes de leur
fortune et dont la population, sujette à des oscillations, a atteint 29.000 âmes.
Cette première découverte du diamant a été, on peut bien le dire, l'origine de la découverte ultérieure des mines d'or, de la pénétration en Rhodesia et de tous ces grands événements qui ont transformé la carte politique, non moins que l'aspect réel de l'Afrique australe. Tous les chercheurs d'or qui, à partir de 1871, trouvèrent les premiers petits filons aurifères du Transvaal, et ceux qui se jetèrent sur les conglomérats aurifères de Johannesburg après 1884, venaient des mines de diamants où ils s'étaient formés. C'est aux mines de diamants qu'avait commencé sa fortune ce Cecil Rhodes, devenu plus tard « le Napoléon de l'Afrique australe » et le fondateur de la Rhodesia. Ce sont les mines de diamants qui ont fourni immédiatement à Johannesburg sa première population d'ouvriers avec son état-major de chercheurs, de financiers, etc.
Le résultat économique, chacun le connaît assez. Johannesburg, où la première tente fut plantée en 1884, a maintenant plus de 110,000 âmes (dont moitié de blancs), auxquels il faudrait ajouter toute la population de 140 à 150.000 noirs travaillant aux mines voisines. Un pays, il y a si peu de temps inconnu et inaccessible, est couvert d'habitations et d'usines, ôillonné de chemins de fer; l'eau, qui faisait totalement défaut, y a été amenée en abondance; des bois même ont repoussé dans les solitudes; l'agriculture s'installe. Et la pénétration vers la Rhodesia, vers le pays des Grands Lacs, la jonction avec les territoires belges du Congo ou avec le Soudan égyptien a été accomplie étonnamment vite.