Les terrains do recouvrement ne dépassent pas 200 mètres
2. On pousse si loin ce désir de simplifier en ramenant tout à une extraction unique que, dans une mine où l'on exploite simul-
Au chaatier, les ouvriers sont généralement groupés par équipes constituant une sorte de petite entreprise et travaillant avec continuité au même point, que les hommes connaissent, où ils ont à la fois le bénéfice et la responsabilité du travail antérieur. C'est ce qui les rend d'ordinaire peu favorables à rintroduction d'étrangers dans leur « atelier » parla division de la journée en deux postes. Cet abatage se fait, soit au marteau et au pic, soit aux explosifs, quand on le peut, soit rarement au moyen d'engins mécaniques appelés baveuses ou marteaux-piqueurs, sur lesquels nous reviendrons.
Le transport est opéré ensuite par les « herscheurs » ou « rouleurs », dont le travail doit se conformera celui des « piqueurs » qui abattent le charbon, commencer chaque jour une heure après et finir une heure plus tard, en restant constamment proportionné à l'abatage, de manière que les chantiers ne s'encombrent pas de charbon, ou que les rouleurs ne se croisent pas les bras à attendre. Dans les grandes artères, où les « bennes » sont souvent reliées ensemble par trains et emportées par des chaînes flottantes ou tout autre système de traction, la circulation de ces trains devient parfois presque continue et ne saurait s'arrêter un instant, par un accroc quelconque, sans qu'il en résulte aussitôt un engorgement qui reflue de galeries en galeries vers l'arrière. Une fois au puits, il faut, comme je viens de le dire, réaliser le
tanément deux « étages » à 200 et 300 mètres de profondeur, on préfère descendre tout le charbon de 200 à 300 par une balance intérieure, et le remonter ensuite de 300 mètres par le puits, au lieu de faire une extraction distincte au niveau 200» qui a cependant son orifice ou « recette» sur ce môme puits.
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maximum d'activité, Tiiitérêt de cette intensité pour la mine étant vital, puisque Técoulement par ce seul orifice détermine à lui seul le fonctionnement de tous les autres organes, le nombre des ouvriers que Ton peut employer à la fois, la production de la mine, etc.
S"" Épuisement des eaux. — L'épuisement ne constitue plus, dans une mine moderne, avec les engins et les forces dont nous disposons, une difficulté souvent insurmontable, comme elle pouvait l'être pour nos devanciers; mais c'est toujours une sujétion, en même temps qu'une lourde charge. Il faut se représenter que, dans une mine normale, la venue d'eau atteint parfois 5 ou 6,000 mètres cubes par 24 heures^ ; avoir à élever 5 à 600 mètres cubes est fréquent. C'est-àdire que, si les pompes ou les engins d'épuisement s'arrêtaient pour une cause quelconque, les eaux monteraient vite dans la mine et l'envahiraient étage par étage jusqu'à ses niveaux supérieurs avec une vitesse atteignant souvent 1 mètre par jour 2, amenant des dommages analogues à ceux que peut causer à la surface une inondation. Et, dans certaines mines,
1 . A Bruay (Pâs-de-Calais) l'entretien d'eau normal est de 5 à 6.000 mètres cubes par jour. Des venues subites sont arrivées à 25.000 et l'on est outillé pour 38.000 (avec 11 pompes souterraines). Les niveaux d'eau de la craie au-dessus du terrain houiller du Pasde-Calais donnent parfois jusqu'à 2.000 mètres cubes d'eau à l'heure et ont forcé à abandonner diverses fosses à Bourges, Maries, etc. Aux mines de lignite de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, il est arrivé; en 1887, d'extraire 76 tonnes d'eau pour une tonne de houille, et, en 1878, 6,30. Voir plus loin, page 194.
2 . Dans les mines d'Osseg, en Bohême, une irruption de 20.000 mètres cubes a inondé la mine sur 60 mètres de haut en 10 minutes.
OÙ ToD est exposé à des venues d'eau anormales, les chiffres sont souvent bien supérieurs.
Cette eau, il s'agit de la faire d'abord affluer de toutes les parties de la mine vers le puits, à la base duquel elle s'accumule. Et c'est de là qu'elle est remontée au jour, soit, comme nous le verrons au chapitre X, par des cages à eau, soit par des' pompes. ,
4° Aérage. — L'aérage, qui se fait spontanément dans un grand nombre de mines métalliques, devient, dans les mines de houille au réseau de galeries compliquées, tortueuses et étroites, surtout quand ces mines sont grisouteuses, une question tout à fait prépondérante. La vraie défense contre le grisou est, comme nous l'indiquerons au chapitre XI, de ventiler à outrance, de fournir à toute la mine un courant d'air puissant qui, pénétrant par un puits, se divise en artères de plus en plus ténues pour venir apporter autant que possible le même nombre de mètres cubes d'air à chaque ouvrier, et regagne le puits de sortie en emportant les produits viciés par la respiration, par les lampes, par les gaz émanés delà houille. A ce puits de sortie, qu'on laisse aussi dégarni que possible pour faciliter la circulation de l'air, deux ventilateurs aspirants d'égale puissance sont sans cesse prêts à se suppléer l'un l'autre.
5° Remblayage et boisage . — Enfin, le remblayage est une opération qui n'est pas toujours indispensable et à laquelle on supplée, par exemple, dans beaucoup de mines américaines J par un gaspillage du charbon, dont on laisse de place en place des piliers de soutènement abandonnés, comme dans une carrière de
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pierre de taille, ou rarement ailleurs par un « foudroyage », où on provoque l'éboulement du toit. Aucune de nos mines françaises, ni même des mines européennes, ne serait assez riche ou assez prodigue pour employer la méthode des piliers abandonnés ; et, toutes les fois que la couche a une certaine épaisseur, on est amené à la remblayer pour éviter d'y . mettre le feu par les affaissements et pour parer aussi aux dégagements de grisou qui se produisent facilement dans ces vieux travaux abandonnés. On fait ce remblayage par des procédés de plus en plus perfectionnés, dont le dernier type est le remblayage à l'eau boueuse, qui remplit rigoureusement tous les vides.
Il faut, en outre, dans tous les cas, boiseries galeries et les chantiers : d'où toute une population de charpentiers, dont le travail doit, lui aussi, se régler sur celui des p^queurs : ceux-ci n'ayant d'ordinaire à placer que les bois de leur chantier môme, tandis que tous les services plus généraux de boisage sont effectués par des ouvriers spéciaux dans les intervalles des postes.
EXPLOITABILITÉ D'UN GISEMENT. — TYPES GÉNÉRAUX D'EXPLOITATION PATIENTE OU INTENSIVE.
L'organisation et la mise en marche de cette grosse machine compliquée qu'est une mine moderne, soulève un certain nombre de problèmes fort intéressants, dont la solution est à la fois financière et technique, et se trouve avoir des contre-coups sociaux, en sorte que la question sociale intervient parfois, à son tour, dans le choix de la solution adop-
tée. En présence d'un gisement, la première question qui se pose, question préjudicielle, est de savoir s'il y a lieu de l'exploiter : s'il est fructueusement exploitable. Après quoi, on doit examiner quelle rapidité et quelle méthode d'exploitation il convient d'adopter : par conséquent, quelles dimensions et quel agencement doivent avoir les diverses installations.
Exploitabilité d'un gisement. — J'ai peu de chose à dire du premier problème, si essentiel qu'il puisse être à chaque instant dans la pratique. La question de l'exploitabilité se tranche par une balance entre le prix de vente présumé et Je prix de revient, donnant un bénéfice net par tonne, auquel on applique la toujours dangereuse règle de trois. Quand il n'est pas manié avec une extrême prudence, ce genre de calcul offre à la fois tous les périls ; il est fondé sur des hypothèses techniques accumulées, auxquelles se superpose une hypothèse plus délicate encore sur les modifications que ne pourra manquer d'entraîner, autour de la mine, pour le prix dés substances et de la main-d'œuvre, pour le développement des voies d'accès, etc., la création même d'une grosse industrie. Dans Tordre d'idées très général où nous restons ici, il suffira de remarquer que les conditions d'exploitabilité d'un même gisement minéral peuvent varier du tout au tout avec les circonstances de temps et de lieu, et, qu'en moyenne, dans un pays neuf, il existe, comme nous l'avons déjà dit, une certaine hiérarchie, qui force les gisements de substances secondaires à attendre jusqu'à ce que leur tour soit venu : les métaux les plus précieux devant nécessairement prendre le devant. Le plus souvent,
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on commencera par l'or ; on continuera par l'argent ou le cuivre ; le plomb et le zinc viendront ensuite, et, en dernier lieu seulement, le fer et la houille : ceci, -bien entendu, en supposant que les gisements ne soient pas situés au voisinage immédiat de la mer, dans des conditions qui pourraient permettre l'exportation immédiate des substances les moins recherchées.
Quand il s'agit de créer une industrie sur place et de faire au moins partiellement le traitement liiétallurgique, il faut combiner, dans ses calculs, les possibilités de transports pour les minerais, les combustibles, les autres matières premières de nécessité majeure et enfin les produits fabriqués. Mais de telles questions ne peuvent être traitées utilement qu'avec des développements dont nous n'avons pas ici la place, et ce que nous en pourrions dire en quelques mots ne serait d'aucune valeur. Nous supposerons donc l'installation de la mine décidée, et nous examinerons la seconde question signalée au début : à savoir la mise en marche et le degré d'activité à lui donner.
En principe, on peut dire que, devant un gisement déterminé, on peut adopter deux méthodes principales.
1° Exploitation patiente et complète. — La première consiste à extraire du gisement tout ce qu'il renferme, jusqu'à la dernière parcelle de substance utile, sans se presser, en cherchant au contraire à assurer un emploi stable à une population ouvrière qu'on ne veut pas trop nombreuse mais durable, fixée de père en fils sur la mine et y apportant des tradi-
lions d'honùeur, de fidélité, de sérieux, qui sont une sécurité pour tous. Il est inutile d'ajouter que cette méthode est, comme on dit, extrêmement « vieux jeu ». C'est celle qui a fonctionné pendant des siècles dans les mines domaniale^ du Harz, de la Saxe^ de la Bohème. Conduites avec le tranquille esprit de FAllemand du sud, ces mines se sont perpétuées longtemps sous une forme patriarcale, et on peut dire qu'on en a extrait tout ce qui était susceptible d'être utilisé, peut-être même plus, car on a travaillé à perte pendant des périodes assez longues.
Avantages et inconvénients. L'État et ses ateliers nationaux. — Un tel type d'exploitation présente, lorsque la mine appartient à l'État, certains avantages politiques qui ont parfois alors motivé son adoption et que nous discuterons plus tard^ : l'État cherchant moins à rémunérer ses capitaux et à tirer le maximum de produit de son exploitation qu'à satisfaire une population paisible. Il va sans dire que tout autre concessionnaire n'aurait pu employer, ainsi poussé à l'extrême, ce système de régie quelque peu désintéressée. Et, même en ce qui concerne l'État, on peut se demander si le calcul est bien sain qui consiste à tirer, par exemple, au bout d'un siècle, cinquante francs d'un mètre cube de roche, alors que, choisissant aussitôt dans la masse quinze ou vingt francs d'or visibles et laissant courir ensuite le jeu des intérêts composés, par l'emploi de cet or et du travail perdu à un autre usage utile, on en aurait obtenu quatre ou cinq cents.
Ou, pour poser autrement la même question, est-il