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HISTOIRE DE L EXPLOITATION MINIÈRE

Le travail des mines antiques nous est, d'ailleurs, aujourd'hui fort bien connu, tant par les restes qui en subsistent dans tous les pays méditerranéens que par les descriptions des auteurs classiques, et, là comme dans bien d'autres cas, quand on étudie la question, on arrive à Tidée que les mineurs, comme les métallurgistes de l'antiquité, en savaient très long sur beaucoup de points. Cela ressort des faits plus encore que des écrits; car, de tout temps, les industriels ont peu aimé à voir vulgariser leurs recettes et leurs tours de main par les hommes qu'afflige la manie d'écrire. Mais, dans les livres mêmes, on voit Pline nous décrire, par exemple, à propos de l'or, une méthode d'exploitation « par foudroyage » et une méthode hydraulique avec installation des conduites au flanc des escarpements qui sembleraient copiées sur un manuel du mineur moderne.

Au Laurion, on trouve un puits de recherches de 120 mètres, qui descend à travers la roche stérile jusqu'à certain niveau d'ordinaire métallifère, et qui, là, ne l'ayant pas recoupé en raison d'une anomalie, se continue par des galeries latérales partant délibérément à la recherche du gîte. A Rio-ïinto, Je réseau très profond des galeries romaines avait fort bien suivi les veines enrichies en cuivre, etc.

Techniquement, ces mineurs, qui nous semblent très primitifs, n'étaient donc nullement des ignorants. Sans avoir suivi des cours de mécanique ni de géologie, ils possédaient des recettes de métier et des tours de main transmis par la tradition, qui leur suffisaient dans les cas relativement simples auxquels ils s'attaquaient. Quant aux difficultés purement matérielles, elles étaient singulièrement facilitées par

ces deux forces du monde antique ; la persévérance d'hommes pour lesquels le temps ne comptait pas, et la discipline de prisonniers ou d'esclaves. On arrivait, à force de petits coups de burin, à tailler et aplanir merveilleusement, dans le marbre de TAttique ces beaux puits carrés de 2 mètres de côté, encore visibles au Laurion, comme on construisait les Pyramides, dressait les obélisques, ou transportait les monolithes de Baalbek. Il faut ajouter que la question prix de revient devait entrer relativement peu en ligne de compte en des temps où la concurrence était restreinte et où il s'agissait souvent uniquement pour un souverain de se procurer le métal nécessaire à ses monnaies ou à son armement. En outre, comme on ne travaillait que des mines métalliques, on ne connaissait ni le grisou, ni les incendies, ni les inflammations de poussières.

Aspect de la mine antique. — Les conditions de la mine antique devaient, sauf les moyens d'extraction et d'accès que Ton a fort perfectionnés, ressembler à ce qu'elles sont encore dans beaucoup de mines métalliques. Des couloirs étroits, où circulaient des gamins chargés de remonter, en rampant comme des ramoneurs, le sac de minerai attaché à leur pied, introduisaient dans de très vastes salles, sortes de grottes correspondant aux points d'élargissement du gîte ; et le mineur antique, moins à plaindre lui aussi qu'on ne le suppose, travaillait d'ordinaire avec toutes ses aises, en bon air, dans un large espace. Il avait à abattre la roche au marteau au lieu de forer des trous de mine ; mais il y mettait le temps ; et comme, en qualité d'esclave, il représentait son prix d'acquisition.

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on n'avait pas besoin de philanthropie pour le ménager.

La question des eaux. — Ce qui arrêtait ces mineurs antiques, ce qui a longtemps constitué Tobstacle décisif pour les mines, c^'élait la difficulté d'évacuer les eaux : difficulté rapidement croissante avec la profondeur, pour laquelle on employait parfois de curieuses successions de roues étagées, ailleurs des vis d'Archimède, etc. La surface complexe que Ton appelle le niveau hydrostatique, c'est-à-dire le niveau des eaux à peu près permanentes, au-dessous duquel la plupart des fissures sont ordinairement aquifères, constituait souvent la limite pratique des exploitations, et c'est généralement en allant chercher le minerai resté audessous de ce niveau que l'on reprend de nos jours une mine antique.

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