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TRAVAIL A LA POUDRE. -GRANDS TUNNELS D'ÉCOULEMENT, ETC

Un pas important a été franchi dans la pratique des mines, le jour où l'on a pu se servir de la poudre (vers 1600); et l'on distingue aussitôt, dans ce que les mineurs appellent uniformément « les vieux travaux», ceux qui ont été faits au moyen d'explosifs et ceux qui ont été entaillés au pic ou à la pointerolle.il paraît que le premier usage de la poudre noire en profondeur eut lieu seulement dans le Harz. en 1632; dans les mines de cuivre du Statfordshire, en 1665.

Sans doute le changement correspondant a été surtout dans la facilité et, par conséquent, dans l'économie plus grande du travail, qui a permis de donner à l'art des mines une activité inaccoutumée; les

difûculiés sérieuses d'épuisement n'ont pas été supprimées, malgré le progrès des engins hydrauliques. Mais, même pour cette question des eaux, si capitale autrefois, on a pu obtenir, avec la poudre, des résultats auxquels on n'aurait pa^ songé précédemment, en creusant des tunnels d'écoulement, d'assèchement, qui ont eu souvent plusieurs kilomètres de long. Ceux-ci, reliant le filon métallifère à une vallée voisine, permettaient d'exploiter toute la partie supérieure au tunnel sans avoir à se préoccuper de l'afflux des eaux (et souvent assuraient aussi par le même chemin la sortie facile des minerais).

Les tunnels. — De semblables tunnels de mines, origine première des grands souterrains réalisés dans notre siècle pour les chemins de fer, ont été tracés en grand nombre parles mineurs allemands dans le Harz (galerie de 9 kilomètres), dans la Saxe, le Mansfeld (tunnel de 32 kilomètres). Les Espagnols en ont importé l'art dans le Nouveau-Monde; et au Mexique, par exemple, où toute l'histoire des mines antérieurement au XIX® siècle a été une bataille contre les eaux, on en a fait un usage constant. On citait les tunnels de Pachuca, de Zacatecas, etc., longs de 2 ou 2,5 kilomètres, comme on peut citer aujourd'hui : le tunnel Sutro du Comstock, long de 6 kilomètres; la galerie à la mer de Fuveau, longue de 15 kilomètres; l'Arlberg (10.240), le Mont-Genis (12.233), le Saint-Gothard (14.920), le Simplon (19.791), la galerie de drainage de Chicago (22.500). On a vu souvent, dans cette période, qui s'est continuée au xviii^ siècle, commeon voit encore aujourd'hui, reprendre une mine abandonnée devant l'envahissement des eaux, en se déci-

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dant à percer un tunnel à un niveau inférieur; puis, rexploitalion menée jusqu'à ce nouveau niveau, abandonner encore une fois en attendant qu'un plus entreprenant ou plus téméraire reprît le travail au-dessous, avec un développement croissant de la même méthode.

Mais un percement de cette nature n'est naturellement possible que lorsque, au voisinage du filon, existe une vallée, vers laquelle on peut trouver accès souterrainement. Quand le fond des travaux a dépassé la vallée la plus profonde, il ne reste d'autre ressource que de remonter les eaux par le puits. C'est ce qui était impossible au delà d'un certain débit d'eau et, par conséquent, au delà d'une certaine profondeur, avant l'invention des machines à vapeur.

Relations de rexploitation houillère avec l'emploi de la vapeur. — Il était alors (c'est-à-dire antérieurement au XIX® siècle) peu question des mines de combustibles, ou du moins on se bornait à en gratter la partie superficielle. Et, quand même on eût attaché à la houille un prix qu'elle n'avait pas, précisément faute de l'utiliser à produire de la vapeur, on eût été dans l'impossibilité d'exploiter la presque totalité des couches houillères ; car celles-ci, contrairement à ce qui se passe pour les liions métalliques, ne sont pas, en général, situées dans des pays accidentés, montagneux, où le travail par galeries de niveau en Iravers-bancs est possible, mais dans des pays ordinairement plats, où le seul moyen de se débarrasser des eaux est de les extraire au jour.

La transformation capitale de l'industrie minière, qui a commencé véritablement sa phase moderne,

a résulté de Tintroduction des machines à vapeur. En môme temps, comme je viens de l'expliquer, s'est accentuée, parun phénomène corrélatif, l'exploitation des mines de houille, tandis que, jusque-là, on avait surtout fouillé dans les filons métalliques; et l'industrie des mines a pris, nous le verrons bientôt, une physionomie toute différente de celle qu'elle avait antérieurement.

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