RÉPARTITION DES CAUSES D'ACCIDENTS DANS LES HOUILLÈRES
Proportion des divers risques dans une houillère.
— Nous nous bornerons au cas des houillères qui.
hX BATAILLE DE LA MINE ET SES DANGERS 217
avec toutes les causes d'accidents des mines métalliques, en comprend de plus spéciales. Si nous envisageons la période décennale de 1891 à 1900, où il a été tué dans les houillères françaises (au jour et au fond), 168 hommes par an sur 141.773, soit 1,18 pour 1.000, ces morts se subdivisent ainsi : 0,413 pour les éboulements ; 0,065 pour le grisou; 0,039 pour les coups de mine; 0,021 pour les ruptures de câbles, chaînes, engins, etc.; 0,159 pour les chutes depuis la surface, etc.; 0,161 pour l'exploitation des voies ferrées souterraines, et enfin 0,326 pour des causes diverses. Ces chiffres mettent immédiatement en évidence la part relativement faible, — et, chaque jour, décroissante, comme nous le verrons, -^ que prend le grisou dans ces sinistres et le rôle prépondérant des éboulements. Il est vrai que cette période de dix ans avait été fort heureuse pour les coups do grisou, ou inflammations de poussières (classées sous la même rubrique) et qu'un sinistre comme celui de Courrières relève aussitôt la moyenne. Néanmoins, depuis 1850, les morts par grisou ont toujours été notablement inférieures, en France, aux morts par éboulements, sauf dans la période 1881 à 1890, où l'on avait eu 0,518 morts par éboulement contre 0,595 par le grisou (en raison de quelques catastrophes comme celle du 3 juillet 1889, à Saint- Étienne, qui tua 210 hommes).
La règle est la même un peu partout. Aux États- Unis, la part du grisou dans la mortalité minière a été, en 1900, de 5,4 pour 100 dans la Pensylvanie et 1,1 dans l'Ohio, tandis que les éboulements en tuaient 62 à 67 pour 100. En Grande-Bretagne, pour la période décennale 1897-1906, le grisou n'a tué que 0,091 pour
1.000 des ouvriers du fond et les éboulements 0,77. Passons maintenant en revue ces divers dangers de la mine, classés d'après la mortalité qu'ils occasionnent, afin de montrer ce qu'on a fait pour lutter contre eux et dans quelle mesure les progrès de l'exploitation sont arrivés à les réduire depuis un demi-siècle. Il en est d'autres, comme les incendies, les envahissements d'eaux, qui parlent plus à l'imagination, mais dont je n'aurai que quelques mots à dire pour terminer, en raison de la part très faible qu'ils prennent finalement dans la mortalité.
Éboulements. — Le danger des éboulements est de beaucoup le plus grave de tous ceux auxquels s'expose le mineur. C'est un de ceux contre lesquels on lutte par des soins journaliers, par une surveillance très attentive, presque autant que par la méthode d'exploitation rationnelle et dont la réduction caractérise, dès lors, comme celle des coups de grisou, la bonne direction technique. Les progrès réalisés à cet égard en France ont été très remarquables. En 1850-1857, il mourait chaque année 1,61 mineurs sur 1.000 par éboulement (ouvriers de la surface et du fond) ; de 1865 à 1870, on est tombé à 1^06; de 1871 à 1880, à 0,74; de 1881 à 1890, à 0,52; de 1891 à 1900, à 0,41 ; en 1906, à 0,36 Ml y a peu d'industries où on puisse se vanter d'une diminution aussi constante et aussi rapide. L'expérience professionnelle des mineurs y a naturellement une grande part (comme lorsqu'il s'agit des coups de mines); et c'est ce qui explique pourquoi, dans les pays à développement industriel très rapide
1. Le chiffre de 1905 est de 0,68 par ouvrier du fond; celui de 1906, de 0,5. *
(Allemagne, États-Unis), avec l'introduction d'ouvriers inexpérimentés, les accidents de ce genre ont immédiatement une tendance à se multiplier.
Mortalité par le grisou et les poussières inflammables. — Pour le grisou, la situation est restée longtemps à peu près gtationnaire en France, de 1850 à 1890. Suivant les décades, le nombre des morts pour 1.000 oscillait entre 0,5 et 0,7. Il ne faut pas oublier, en effet, que si Ton exploite de mieux en mieux, le danger du grisou s'accroît d'autre part d'une façon effrayante, à mesure que nos mines s'enfoncent, pour des causes géologiques sur lesquelles nous aurons à revenir. Depuis une trentaine d'années, il s'est fait, à peu près dans tous les pays, un progrès remarquable, qui s'accuse tout particulièrement en France. De 1871 à 1901, années qui ni Tune ni l'autre n'ont rien présenté de particulier, on a vu, en définitive, le nombre des morts parle grisou tomber : en France, de 0,687% 0,121 i; en Belgique, de 0,707 à 0,202; en Grande-Bretagne, de 0,438 à 0,192; en Prusse, de 0,275 à 0,188. Les États-Unis seuls font exception, parce qu'ils avaient été spécialeement indemnes et qu'avec leur exploitation à toute vitesse, ils arrivent maintenant à une profondeur où le danger du grisou devient sérieux.
Cependant, ce grand progrès de tous les jours est masqué, de temps à autre, par de terribles catastrophes, contre lesquelles toute la vigilance humaine peut parfois sembler en défaut. Et la gravité de ces sinistres augmente singulièrement vite de nos jours
1. De 1891 à 1905, depuis Tintroduction des mesures défensives contre le grisou, la moyenne annuelle a été de 0,116.
avec la profondeur des mines qui favorise Taccumulation permanente du grisou, comme avec Texploitation intensive moderne qui rassemble une population ouvrière ^plus dense au fond du puits. Quand tous les ouvriers présents périssent à peu de chose près, le nombre des travailleurs devient la caractéristique terrible de l'accident. Il ne faut pourtant pas, comme on a généralement une tendance à le faire, s'imaginer que ces désastres retentissants contribuent finalement pour une part très forte à la mortalité. Voici, par exemple, une liste des catastrophes ayant dépassé 200 victimes depuis cinquante ans dans le monde :
207 victimes Blantyre.(Lanarck, Ecosse) . . 22 Octobre 1877.
209 — Hartlcy 22 Janvier 1862.
210 — Saint-Etienne (Puits Vorpilleux) . 3 Juillet 1889. 235 — Woodfit Juin 1878.
250 — Mine Darr (Pensylvanie) .... 20 Décembre 1907.
268 — Abercane (Monmouthshire) . . 11 Septembre 1878.
276 — Burgk (Saxe, bassin de Plauen). 2 Août 1869.
361 — Oaks Colliéry (Yorkshire) . . . 12 Septembre 1868.
450 — Monongah (Virginie de rOu est) . 6 Décembre 1907.
1099 — Gourrières (Pas-de-Calais). . . 10 Mars 1906.
Si même on y joignait les sinistres plus nombreux, compris entre 100 et 200, comme ceux du puits Jabin de Saint-Étienne, le 4 février 1876, avec 186 victimes; de Seaham (Sunderlatid), le 8 septembre 1880 (164 morts) ; de Reden (Sarrebruck), le 28 janvier 1907 (158 morts); de Camphausen (Sarrebruck), 1898 (180 morts); de Carolinen Gluck (en- Wesphalie), en 1898 (116 morts), etc., etc., on n'arriverait pas à un chiffre aussi considérable qu[on pourrait le croire, étant donné la mortalité totale d'environ 3.000 hommes par an dans les houillères d'Europe, 7 à 8.000 dans l'ensemble des mines du monde.
Cette réflexion n'est peut-être pas inutile, en présence de la recrudescence actuelle qui, à Teffarement de bien des techniciens, multiplie ces grands sinistres dans tous les pays.
En dépit de tous les progrès scientifiques et de toutes les précautions prises, il se produit encore trop souvent dans les mines de ces terribles coups de feu, que Ton attribuait autrefois uniquement au grisou et dans lesquels on a reconnu plus récemment le rôle important joué aussi par Tinfiammation instantanée des poussières charbonneuses. Il tend à s'en produire de plus en plus à mesure que les mines s'enfoncent. Pour aider à comprendre cette désolante répétition de sinistres qu'avec trop d'optimisme on avait pu croire un moment rejetés dans le passé et qui ont, au contraire, pris des proportions effroyables dans deux cas récents (Courrières et Monongah), nous allons essayer de montrer comment s'engage la bataille contre ces terribles adversaires.
La bataille contre le grisou et les poussières inflammables. — Le grisou est, on le sait, un mélange d'hydrocarbures complexes, parmi lesquels domine de beaucoup (85 à 95 %) ^^ méthane, ou hydrogène protocarboné. Son mélange avec l'air donne un produit qui peut commencer à être explosif dès que la teneur en hydrogène protocarboné dépasse 6 Vo« Or, il semble bien que la formation de ce gaz soit un corollaire presque nécessaire de la décomposition qui • a transformé les matières végétales en houille ; et, si certains charbons n'en contiennent plus, c'est surtout que leur gaz a eu le temps de se dégager, tandis qu'il s'est accumulé exceptionnellement dans d'au-
très parties au point de rendre la houille elle-même explosive. Une première conséquence de cette idée est 'que, plus les travaux de mine deviennent profonds, plus, en moyenne, on a de chances d'y rencontrer du grisou; et une seconde, c'est que certaines accumulations, de proportions tout à fait extraordinaires, sont bien difficiles, parfois même impossibles à prévoir : il peut s'en présenter dans toutes les poches ou fissures, non seulement de la houille, mais même de son toit stérile ou, plus rarement, de son mur, dans les vieux travaux, qui n'avaient pas paru grisouteux pendant leur exploitation, etc.
L'un des dangers du grisou vient de la^ pression considérable sous laquelle il est parfois emmagasiné dans le combustible, pression qui amène alors son brusque dégagement avec une violence irrésistible. Dans la plupart des mines grisouteuses, on peut admettre que chaque tonne de houille dégage 20 mètres cubes de gaz, lesquels, introduits dans 320 mètres cubes d'air, donnent un produit explosif capable de détruire tout un vaste quartier de mine. Certaines houilles vont beaucoup plus loin. On a trouvé, à Anzin, 39 mètres cubes, à Ronchamp, 31 à 36. Les pressions, qui ont toujours une tendance à s'accroître en allant de la surface libre vers l'intérieur du charbon, peuvent atteindre 15 à 16 atmosphères et sont souvent de 5 à 10.
La bataille contre le grisou, ne pouvant avoir pour but de le supprimer, tend à le rendre inoffensif : 1° en le drainant d'avance par un traçage préalable et le noyant dans un courant d'air suffisant pour que la teneur explosive ne soit pas atteinte ; 2° en supprimant toutes ses chances d'inflammation, tous les
feux quelconques pouvant provenir de lampes à feu nu, de coups de mine, d'étincelles électriques. Mais, avant de montrer comment on procède, il faut remarquer que les chances de succès sont toutes différentes lorsqu'on est dans le cas simple de grisou se dégageant avec continuité en proportions à peu près régulières et constantes ou, au contraire, dans celui d'une brusque invasion, provenant d'un sac de grisou, d'un soufflard, d'une zone de charbon peu différente des autres par son aspect, mais où Ton a vu la proportion de grisou monter à 150 mètres cubes par tonne. On est à peu près arrivé, en France, par une exploitation attentive, à supprimer les premiers genres d'accident; on reste presque autant qu'autrefois à la merci des seconds.
J'ajoute que les poussières charbonneuses, contre lesquelles on use des mêmes moyens de défense, en y ajoutant quelques précautions spéciales, comme l'arrosage, présentent un danger analogue à celui du grisou :' leur mélange avec l'air, à raison de 111 grammes par mètre cube, donnant assez de calories pour porter les gaz à 2579*^. 11 se produit alors une onde enflammée, moins rapide que celle du grisou (1 mètre par seconde au lieu de plusieurs milliers), mais produisant des effets destructifs et asphyxiants analogues.
Quelle est au juste la part relative de ces poussières et du grisou dans les grands sinistres, c'est une question sur laquelle les opinions ont été singulièrement retournées dans ces derniers temps. Actuellement certains mineurs iraient presque jusqu'à considérer le grisou comme inoffensif sans les poussières. Il se manifeste là une évolution analogue à celle qui
s'est produite en médecine où, après avoir attribué toutes les maladies aux microbes, ou à leurs toxines, on arrive à dire que les microbes pathogènes pullulent constamment en nous et ne deviennent nuisibles que lorsque certaines conditions de diathèse se trouvent réalisées. Le grisou, c'est le microbe ; les poussières sont la diathèse. Quoi qu'il en aoit, l'utilité de lutter contre le grisou parait bien démontrée par ce simple fait que, de 1891 à 1906, depuis le moment où Ton a organisé cette lutte en France, toutes les autres conditions d'exploitation étant restées en gros les mêmes, les accidents de ce genre avaient à peu près totalement disparu, et ce n'est pas une raison parce qu'il s'est produit, depuis lors, un et un seul sinistre, de proportions il est vrai colossales, celui de Courrières, pour se laisser aller à un tel découragement.
Revenons au grisou. J'ai dit qu'on cherchait à le faire dégager d'avance pour en rencontrer moins au moment de l'abatage. Le malheur est que, lorsque la houille n'est pas fissurée, le grisou s'en dégage for^t lentement ; la tension du gaz, qu'on peut mesurer, ne baisse qu'avec une extrême lenteur; et une ou deux galeries percées d'avance dans un massif de charbon sont tout à fait insuffisantes pour s'en débarrasser. On est donc amené à préparer un traçage à mailles très serrées, qui a d'autre part de très gros inconvénients, ou à fissurer le charbon par divers procédés, dont le plus hardi consiste à y employer, dans certaines conditions spéciales, des explosifs.
Puis vient l'aérage. On se propose de ne jamais laisser la proportion de méthane dépasser 1 */o et même 1/2 % dans le retour d'air général. Cela exige
naturellement Tenvoi dans la mine d'un volume d'air considérable au moyen de ventilateurs, généralement aspirants, que Ton perfectionne chaque jour; et surtout cela nécessite que ce volume d'air soit effectivement utilisé en circulant absolument dans tous les chantiers avec une direction asoensioimelle sans exception aucune, et qu'une surveillance constante soit exercée, surtout au moyen des grisoumètres que l'on possède aujourd'hui : la lampe Chesneau, par exemple, qui permet de reconnaître immédiatement et facilement une teneur en grisou de 1/4 ^'/o. En même temps, on s'attache à ne laisser aucun vide ancien, aucun de ces vieux travaux, où le drainage du grisou et son accumulation peuvent continuer à se faire longtemps encore après l'exploitation terminée, le gaz suintant des parois stériles, du « toit » et du « mur ». C'est une des raisons principales pour employer le remblayage à l'eau très pariait dont il a été question précédemment.
Pour les lampes, chacun connaît la découverte faite par Davy, qui a montré la voie à suivre. La lampe Davy, insuffisamment sûre, est aujourd'hui abandonnée ; on l'a remplacée par d'autres modèles plus parfaits, dont le seul inconvénient pratique est d'éclairer fort mal les chantiers. Mais, bien plus que le modèle de lampe choisi, le bon entretien des lampes et, par conséquent, leur surveillance constante sont à envisager. Le mineur a, en outre, besoin d'être garanti contre cette imprudence naturelle à quiconque joue avec le danger et contre la tentation d'ouvrir sa lampe, ou d'apporter des allumettes en cachette pour se procurer du feu.
Quant à la question très grave des explosifs, j'ai
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dit comment elle avait été à peu près résolue par remploi des explosifs, dits « de sûreté », ou « antigrisouteux », qui, sans donner la sécurité absolue, sur laquelle on avait d'abord compté, ont néanmoins réalisé un progrès considérable. Evidemment un procédé où Ton supprimerait complètement remploi d'ex^ plosifs (air comprimé, etc.) donnerait une solution plus radicale.
Autres causes d'accidents. — Parmi les autres causes d'accidents dans les mines signalées plus haut, nous avons peu de choses à dire des coups de mines, des voies ferrées souterraines, ou même des ruptures de câbles et chutes dans le puits, pour lesquels on multiplie les mesures de précaution.
Dans la plupart des. mines, la circulation des ouvriers se fait aujourd'hui par de véritables cages d'ascenseurs guidées, qui ont remplacé tous les autres moyens primitifs, notamment la grimpade aux échelles, ouïe pittoresque système des fahrkunst allemandes, composées de deux mâts de perroquet verticaux oscillant côte à côte en sens inverse, où il fallait sauter tour à tour d'un mât à l'autre pour se mouvoir sans cesse dans le même sens, montée ou descente.
Incendies souterrains. — Les incendies souterrains prennent parfois une grande intensité quand ils sont dus à une mauvaise exploitation de couches épaisses; on lutte alors contre eux en barrant l'accès de l'air par des murs épais, par des remblais argileux étanches, quelquefois même par un calfeutrage complet ou par un noyage de tout un quartier. Le danger de
rincendie devient particulièrement critique dans les mines grisouteuses, où sa propagation doit amener des explosions; et parfois alors, nn premier coup de grisou, en mettant le feu à un coin de la mine, détermine une série d'autres sinistres. Mais il faut remarquer, de plus, que, même dans les mines métalliques aux* quelles on pense moins d'abord pour un péril de ce genre, l'incendie des matières combustibles amenées pour l'exploitation, des boisages en particulier, prend parfois, tant par la circulation des flammes que par l'asphyxie souterraine, des proportions terribles. On a vu^ le 31 mai 1892, aux mines d'argent de Schemnitz, en Hongrie,319 ouvriers sur 835 tués ainsi; de même, en 1889, aux mines de diamants de Beers, dans l'Afrique australe, 412 hommes sont morts; au Comstock, en Nevada, dans des mines d'argent, le feu mis à un massif de boisage a tué également 50 hommes.
Coups d'eau. — Les coups d'eau subits constituent également un danger redontable, contre lequel on est de mieux en mieux armé avec les machines d'épuisement modernes et les facilités que donne l'électricité pour en augmenter la force. L'habitude de sonder le sol en avance par des sondages horizontaux, dans les cas où Ton soupçonne le dapger, est également une défense. On cite, par exemple, la catastrophe de Workington (Cumberland), où des travaux, trop hardiment poussés sous l'Océan, ont amené la rupture du toit avec la mort de 37 ouvriers.
Acide carbonique. — Enfin les dégagements instantanés d'acide carbonique, — assez fréquents, par exemple, dans le Gard, — ont parfois donné de véri-
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tables explosions, comparables à celles du grisou, avec asphyxie d'une vingtaine d'ouvriers.
Ankylostomiase et infirmités professionnelles. — Parmi les maladies propres aux mineurs, il faut citer en premier lieu rankylostomiase, ou anémie des mineurs, qui a pris un très grand développement en Allemagne et en Belgique depuis 1882 et dont Ton a récemment constaté aussi la diffusion trop générale en Angleterre, en France, etc.
Cette maladie est due à un ver des pays chauds qui vit dans les terrains humides entre 18° et 28® centigrades et qui, probablement introduit à une époque assez récente en Europe, y a trouvé, dans le sol des tunnels (au Saint-Gothard) et dans les galeries des mines, son terrain propice. Sa propagation s'y fait très vite par les déjections. Actuellement, la lutte est engagée contre lui ; mais il faut bien remarquer que les mesures auxquelles on est d'autre part conduit par la lutte contre les poussières de mines, mesures consistant dans un arrosage fréquent du sol et le maintien de l'humidité, sont précisément les plus propices au progrès de l'ankylostome.
D'autre part, les courants d'air et les brusques passages du chaud au froid développent facilement les maladies des bronches et des poumons.
On sait également (mais c'est un cas très spécial) que le travail dans les mines de mercure amène des intoxications.
(Métallurgie, etc;)*
Solidarité des industries minières et métallurgiques. — Évolution des minerais de fer. — Variations dans les emplois et les mine> rais des métaux (or, argent, cuivre, plomb^ zinc, etc.).
Combustibles (emploi des anthracites). — Soufre. — Histoire des phosphates. — Synthèses et reproductions (nitrates, rubis, diamant).
Recherche de substances minérales nouvelles. — Le besoin crée la marchandise.
Création de centres industriels par la mine. — > Position rationnelle des usines métallurgiques. — L'industrie sidérurgique et les mines de fer. — Solidarité des industries diverses avec la houille. — L'avenir. — Stations centrales électriques.
L'industrie minérale subit nécessairement la loi des industries qui lui achètent ses produits : d'abord de la métallurgie qui (avec les chemins de fer) est son grand consommateur et de toutes les industries qui font de la vapeur ou du gaz avec la houille, puis de quelques autres industries spécialisées pour tel ou tel de ses produits, comme Tagriculture pour les phosphates, les nitrates, les sels de potasse, le soufre ou le sulfate de cuivre; les industries céramiques (kaolin, feldspath, borates, etc.); la verrerie; la construction (pierres à bâtir et pierres à chaux, plâtre); la joaille-
rie, etc. Mais, si chacun de ses consommateurs lui impose des conditions, variables avec les époques, dont je vais dire un mot, il n'est pas moins exact de dire que Tindustrie minière à son tour réagit sur chacune de ces industries, qui s'ingénient à utiliser les produits de la mine, même lorsqu'ils ne leur convenaient pas tout d'abord, quand les produits plus favorables font défaut ou montent de prix. Et, le jour où un courant nouveau se trouve ainsi créé pour la mine, toute une classe nouvelle de minerais entre en jeu. Il en résulte, dans l'industrie minérale, une évolution dont quelques exemples vont aussitôt préciser la nature. La situationdes mines détermine également, . en grande partie, la localisation des industries, plus ou moins directement connexes.