‹ La conquête minéraleChapitre 77 sur 82 · Voir page · texte numérisé non relu

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Ici, rÉtat peut paraître dans son rôle en vendant le plus cher possible, à Texploitant, des avantages dont celui-ci ne saurait se passer. Tout au moins, ce marchandage, qui n'est pas de nature à paralyser Tindustrie, profîte-t-il financièrement à la communauté. Il a, en même temps, empêché, de cette manière, les métallurgistes allemands d'accaparer cette industrie, comme ils cherchent et réussissent trop bien à le faire ailleurs.

Mais, cela dit, et si l'on considère simplement Tavantage du pays en ce qui concerne l'utilisation de la richesse minérale, on peut se demander si l'intérêt réel de la Suède est de remettre à plus d'un siècle l'épuisement du gite, en admettant qu'on puisse commercialement aller plus vite.

Qui sait si l'on retrouvera, aussi ardents, vers le milieu du xx!"" siècle, les acheteurs si impatients aujourd'hui d'acquérir ces minerais (en somme, de qualité assez inférieure), alors que tant d'autres gisements nouveaux du monde entier seront venus leur faire concurrence?

Des mesures de conservation du même genre ont été prises ailleurs à diverses reprises pour la houille et, là surtout, il y aurait fort à dire contre les restrictions imposées à l'évolution naturelle des faits économiques, par la soi-disant prévoyance de quelques hommes politiques.

Étatisme minier aux États-Unis. — Aux États- Unis, le gouvernement, qui avait déjà essayé si malheureusement de protéger ses Silvermen en achetant leur production d'argent, se préoccupe aujourd'hui, d'une manière quelque peu prématurée, de l'épuise-

ment des terrains honillers, alors que les réserres connues suffiraient, d'après une enquête de MM. Campbell et Parkes, pour alimenter la production, au taux de 1905, pendant quatre mille ans. Il est vrai que, si Ton suppose la production continuant à se quadrupler tous les Tingt*cinq ans, suiTant la loi des grains de blé, comme elle Ta fait, dans le dernier demi-siècle^ et même avec une rapidité croissante, leâ quatre mille ans se réduiraient à un siècle et quart environ. Mais il est inutile de faire remarquer à quel point cette hypothèse est invraisemblable. C'est pour parer à une éventualité apparemment aussi lointaine, que le président Roosevelt a signé, en 1907, un décret pour retirer, provisoirement, à la vente, plus de 64 millions d'acres de terrains houillers situés dans l'ouest.

La houille et la potasse en Allemagne. — Une mesure du même genre vient d'être prise en Allemagne, où, d'après une nouvelle loi du 18 juin 1907, le gouvernement prussien est entré, avec quelque hardiesse, dans la voie des monopoles, d'ailleurs conforme aux traditions allemandes du moyen âge comme à son militarisme administratif moderne. Jusqu'alors, en Prusse, dans le régime de ce que l'on appelait la Bergbaufreiheit (loi de 1865), la mine, sur 220 hectares d'étendue, délimités au gré du demandeur, était attribuée automatiquement à son inventeur dès que son existence avait été constatée. Tout sondage ayant réussi recevait même, en fait, 5.750 hectares. Et rien n'empêchait, comme notre décret de 1892, la réunion des concessions. Ce régime de liberté absolue, après avoir

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