CHAPITRE XII
Routes de l'Est: 1° Grande route de Bilma. — 2° Route transversale de
R'h&t à Bilma.
Les routes de l'est, qui, de la régence de Tripoli et de la Cyrénaïquc, pénètrent au Soudan, sont tributaires des chefs des Senoussya. Nous avons, dans un chapitre précédent, étudié cet ordre au double point de vue de son organisation et de ses tendances ; nous nous bornerons donc ici a esquisser le rôle qu'il joue dans le nord de l'Afrique et dans les autres parties de ce vaste continent où ses khouans ont pénétré.
«L'ordre possède, dit le docteur Lenz, aujourd'hui la plus grande influence dans tous les États mahométans du nord de l'Afrique. Sa sévère discipline, sa richesse et son manque de scrupules quant aux moyens d'atteindre le but fixé font de cet ordre des Es-Senoussi l'une des plus dangereuses parmi les confréries dans lesquelles la civilisation européenne voit ses plus violents adversaires au nord de l'Afrique. »
Si son rôle du côté de la France a été restreint par les difficultés visibles d'une lutte sans chances de succès, et si, éclairé par une ou deux expériences, il consent à laisser l 'Algérie presque indemne, il n'est pas, pour cela, resté inactif.
Ses efforts se sont portés avec un plein succès sur le centre de l'Afrique, d'abord au Wadaï, que ses nègres affranchis ont converti et ont fanatisé . Du Wadaï il a poussé en avant, employant tour à tour la force, la per* suasion, religieux ou traitant, et le Baghirmi, à son tour, a été fanatisé et soumis à sa direction.
De proche en proche, l'influence s'étend, et on peut dire que l'islamisme, comme au temps des prophètes et des khalifes, a relevé son étendard et marche à la conquête de ces vastes régions du centre de l'Afrique. De sinistres indices de sa puissance signalent, de tous les points de ce vaste continent, son influence et sa doctrine. Les stations avancées du Congo ont été assaillies. Stanley-Falls a été attaqué, détruit et pillé. L'évèque anglais Hannington et sa caravane ont été massacrés. Flatters a eu le même sort. Dans une étude récente de M. Lechâtellier, nous lisons : « La vallée du Niger, oit le croissant n'avait encore paru que clans le coude de Tombouctou, il y a moins d'un demi siècle, celle de la Renoué, où il était inconnu, subiront bientôt tout entières sa loi exclusive, si rien ri arrête sa marche triomphante. »
Déjà les empires musulmans de Samory et d'Ahmadou s'étendent jusqu'à la zone montagneuse qui limite le bassin côtier du fleuve.
Tout le pays est devenu le foyer d'une propagande assez active pour qu'il ne se trouve plus de ville, du littoral entre le Sénégal et le golfe de Bénin, où ne s'élèvent quelques mosquées.
A l'autre bout de ce vaste continent, les missionnaires protestants et catholiques sont menacés de perdre une partie du terrain si péniblement conquis ; l'Ouganda et les contrées au nord et à l'ouest se sont fermées devant eux.
En somme, le mahométisme, si on ne le regarde qu'à travers les apparences de vitalité de l'empire turc, est bien faible, mais le sultan n'est plus l'imam, c'est le Senoussy qui l'est.
Certes, le temps des croisades est passé, et ce n'est pas au nom de la foi que le monde chrétien se jettera encore sur l'islamisme. 11 n'y a guère aujourd'hui que
les intérêts qui soient susceptibles de le soulever et de le porter à la lutte.
A part quelques rares exceptions, les explorateurs comme nos missionnaires n'ont pas à compter sur l'aide des gouvernements, et ils trouvent tous devant eux le même adversaire, et un adversaire qui n'est pas à dédaigner, nous le savons par expérience.
Il n'a pas à sa disposition les mêmes moyens que nous, ni notre outillage, mais il est infatigable, rien ne le rebute, et il a une aptitude merveilleuse quand il ne peut lutter en masse et en ligne, à se servir de tous les moyens, à transformer la lutte, à changer de terrain. Chez lui, il n'y a pas d'armée organisée, mais tout le monde se bat, et tous les moyens sont bons. Quand la résistance n'est pas avouée, elle existe encore sous une autre forme, elle est, si l'on peut s'exprimer ainsi, anonyme, mais toujours vivace. Les Anglais en ont, dernièrement, fait au Soudan une rude expérience. En fait, l'islamisme est invincible, plutôt que de céder il transformera le pays en désert. Nous devons craindre, si nous le considérons comme une quantité négligeable, qu'il ne vienne un moment où il reprenne l'offensive.
Mais de tous côtés, aussi, les puissances européennes l'attaquent, sans s'en rendre bien compte, mais, entraînées par la force des choses, elles agissent contre lui : l'Allemagne à Zanzibar et au Niger, l'Italie à Massouah, l'Angleterre en Egypte et au Niger, la France, au nord de l'Afrique, au Sénégal et au Congo avec la Belgique, les Espagnols au Maroc, et en avant de tous, les missionnaires français aux grands lacs. 11 n'est pas douteux qu'il fera tête partout, qu'aucune de ces nations, quelque désir qu'elle en ait, ne pourra s'entendre avec lui et vivre en paix à ses côtés. 11 n'est pas douteux que, après l'avoir anéanti, elles se donnent la
main au milieu de ces immenses pays si riches en produits, si fertiles, où coulent les plus grands fleuves du monde, auprès desquels notre Rhône et notre Seine sont des ruisseaux. C'est là le vrai champ de bataille des nations civilisées, conquête désirable entre toutes, car, sans elle, l'islamisme fera disparaître des centaines de millions d êtres humains en les martyrisant, et transformera ces pays en désert, comme tous ceux auxquels il a touché.
La France a beau hésiter, elle y jouera son rôle et, si elle voulait recider, le musulman, elle peut en être sûre, la provoquera jusqu'à l'y forcer.
Les routes de l'est partent de la Tripolitaine et passent par le Fezzan. Elles sont bien connues et ont été parcourues par de nombreux voyageurs, H. Duveyrier, Barth, Nachtigal, etc. Ces routes ont été fréquentées même par les Romains, qui ont conduit, par Mourzouk, une expédition jusqu'au Soudan. Une route transversale suivie par Henry Duveyrier et Barth, conduit du Fezzan à R'hât. Nous ne nous en occuperons pas, parce qu'elle est très connue, et que nous avons déjà indiqué les routes de R'hât au Soudan. Celle que nous indiquons ici a été suivie par le docteur Nachtigal, elle passe par les salines de Bilma qui, depuis l'abandon de la route d'Amadgor, fournissent le sel si nécessaire au Bornou, au Haoussa, etc.
De Tripoli à Mourzouk capitale du Fezzan, il y a deux routes :
1° Celle qui passe par Gharian et Misda, vingt et un jours de marche, absence de villages et d'eau.
2° Celle de l'est par Beni-Oulid, Bou-Nedihérin — Sokna, oasis du Fezzan. C'est la vraie route des caravanes et de la poste; l'eau y est abondante. — Les ravitaillements y sont plus faciles, la sécurité y est plus
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grande ; elle est préférable quoiqu'un peu plus longue, elle a trente étapes.
Le docteur Nachtigal, est parti de Tripoli le 1 8 février, arrivé à la tribu des Akaras; zone sablonneuse, pâturages, terrain fertile, eau abondante. — 19. District de Tobras, arrivé au sud des monts Tarkonna ; orge, froment, pacages. — 20. Vallée de TOued-A'krabija, traverse plusieurs rivières à travers un pays cultivé, riche en céréales et en troupeaux. — 21. Vallée de l'Oued- Maader. — 22. Vallée de B l Oulid ; à travers un plateau désert et pierreux présentant peu de ressources. — 23 et 24. Repos, température 4- 27° à midi, + 6° matin et soir. — 25. Rive nord du Sofedjin, quelques oliviers et pruniers, terrain pierreux. — 26, 27, 28. En marche à travers le désert; apparition du dsartout, plante dont les racines sont comestibles, et qui existe aussi dans le sud de T Algérie. — 1 er mars. A Bou-Nedcheim, tribu des Ourfillas, 200 habitants. Cette petite oasis fait partie du Fezzan. — 3, 4, 5, 6, 7, 8. En marche. — 9. Sokna, 3,000 habitants; traces de culture, orge, froment, etc., troupeaux. — 10 et 1 1. Séjour. — 12. Arrivée près du BirGodefa; eau excellente. — 13. Bir Godefa. — 14. En marche. — 15. Srir-ben-Afien ; désert, pas d'eau.
— 16. Ramba et Srira. — 17. En marche à travers la vallée d'Oum-el-Abidh. — 18. Oasis de Semnou, 1 .500 habitants; marabouts, quelques plantations. — 19. Séjour ; température, jauvier 0° à + 27°, mai de 7° à + 41°.
— 20. Oasis de Temenhit, 800 habitants. — 21. Oasis de Cebha 1 , 600 habitants ; l'oasis comprend une série de villages. — 22. Au dernier village de l'oasis Hadjara.
— 23. Oasis de Rhodna. — 24. Séjour. — 25. Mourzouk; capitale du Fezzan, 3,600 habitants, ville forte, citadelle, remparts, garnison turque. Tout est en ruines et en misérable état. La ville a depuis longtemps perdu
Arabe pasteur. (Dessin de M. Boulel iln Monvel.)
son ancienne importance. Les principaux négociants
sont des étrangers, des Berbères, des Arabes de Tripoli, de Tunis. 11 s'y tient un marché quotidien où Ton trouve des articles d'Europe et de la côte d'Afrique. Étoffes de laine, de soie, des draps, couvertures, tapis, chaussures, selles, dattes, etc. Très peu de gros bétail.
Le Fezzan, ancien empire des Garamantes, dontMourzouck est aujourd'hui la capitale, a une popultion d'environ 30,000 habitants. C'est un ensemble de villes misérables et ruinées, ayant peu de commerce et de produits. Autrefois les grandes caravanes de Timboctou s'y rencontraient avec celles qui allaient au Bornou et dans le Haoussa, etc. Aujourd'hui les Fezzanais tirent tout de Tripoli, ils sont doux et polis. Les voyageurs peuvent parcourir seuls et sans crainte la longue route de Tripoli à Mourzouk.
Nachtigal, après un long séjour à Mourzouk, en repart pour le Soudan le 19 avril, et arrive le même jour à Gatroun. 1,500 habitants, palmiers et jardins. — 20 au 30. Séjour pour organiser définitivement sa caravane. — 30 avril. Bachi. — 3 mai. Tedeheni. — 7. Monts Tummo-Madema; plaine déserte, sable rouge. — 15. Enneri Lakakenna. — 18. Station de Mafarao. — 21. Oasis de Jat ou Saheya ; oasis très étendue, de vingt kilomètres de long sur trois de large, abondante végétation, acacias, dattiers, etc. — 22. Bepos. — 23, 24. Oasis de Yeggeba; dattiers, herbes fourragères, cinq kilomètres de long sur deux de large. — 25. Vallée de Kawar ; L'oasis de Kawar a quatre-vingts kilomètres de long sur huit ou dix de large, 6,000 habitants, elle renferme une quantité de villages. L'eau se rencontre à quelques centimètres de profondeur sous la terre. Tout autour de l'oasis s'étend un désert pierreux et aride, une hammada .
La route suivie par Nachtigal est la plus facile de
toutes celles qui existent entre le littoral et le Soudan ; aucune ne présente les mêmes avantages d'eau et de végétation. En réalité, le voyageur sur cette route rencontre constamment des lieux habités et des centres qui offrent des ressources pour l'existence.
Le premier village rencontré est Anaï.
27 mai. Anikoma, soixante-dix maisons. — 28. Aschenouma, cent maisons. — 29. Eldchi ; autour de ce village et à peu de distance on aperçoit d'autres villages, des lacs et des forêts de dattiers. — 30. Dirgi. Palmiers. C'est la résidence du souverain de Kawar. Le pays est malsain à cause de l'étendue des marais salés, 1,200 à 1,300 habitants. Dirki possède une citadelle bâtie "sur des rochers. — 1 er juin. Achimmedron, 1,200 à 1,300 habitants, a aussi une citadelle et plusieurs fontaines. — Ain-Madema, quatre-vingts maisons. — 5. Aguer. — 7. Garon. District de Bilma, c'est une population prospère. Les caravanes viennent s'approvisionner de sel, et alimentent la plusgrande partie du Bornou, du Haoussa. Les salines sont inépuisables. — 10, 11 , 12. Oasis de la Zankoura. Les abords sont envahis par le sable et la végétation est nulle en dehors de l'oasis. — 13, 14, 15. Monts Debella, massif rocheux du Tchigrin, vaste plaine ondulée. — 16, 17. En marche. — 18. Oasis d'Agadem. La végétation est très abondante, grand nombre d'antilopes et de gazelles. — 20, 21. En marche. — 22. Tintouma. — 23. Belgajifari. Rencontre de lions, girafes ; trois puits de six mètres de profondeur, acacias, genêts, plantes fourragères. — 26. Fontaine de Koufé. Végétation arborescente très dense. — 27. Bzi, eaux abondantes. — 28. Nguigmi. Bourgade la plus septentrionale du Bornou, 2,000 habitants. Hauteurs de sable bordant le lac Tchad, végétation tropicale, immenses troupeaux de ruminants. — 30. Kindjalia. La route
longe le lac, population bienveillante et craintive. — l ep juillet. Barna, 2,000 habitants. — 2. Village de Yoo. Champs de céréales et plantations de coton. — 4. Ngalaro. — 5. Daoucrgo, petit village à 1 kilomètre au nord de Kouka. — (i. Kouka, capitale du Bornou 50,000 ou 60,000 habitants, ville très étendue, climat malsain par suite des inondations considérables qui recouvrent annuellement le pays. — C'est un marché important fréquenté par les nombreux marchands colporteurs qui, tout Thiver, vont d'un endroit à l'autre offrir leurs marchandises. La population du Bornou, qui monte à 5 ou 6 millions d'habitants est très mélangée, et formée d'un grand nombre de peuplades. Le pays est absolument plat, très fertile, l'agriculture y est très en honneur. On y cultive le sorgho, le maïs, le coton, F indigo, les fèves, les pois, les melons, le blé, l'orge. On y fabrique l'huile d'olive et aussi de sésame.
La population est très hospitalière et très douce. Le sultan du pays entretient une armée de 7,000 h. environ. Comme on le voit, la route de Bilma est de beaucoup la meilleure de toutes celles que nous avons indiquées. Les populations y sont nombreuses et jalonnent la route à peu de distance les unes des autres. De plus les salines de Bilma sont un objet de commerce important qui a une grande valeur au Soudan. Les caravanes qui la suivent y récoltent en passant un moyen d'échange très apprécié des nègres, qui leur permet de se charger pour le retour des produits du Soudan.
Mais cette route est hors de notre portée, puisque nous ne sommes maîtres, ni de Tripoli, ni de Rhailamès, ni de R'hât. Les populations nous seraient certainement hostiles. Cependant il ne serait pas impossible de nouer des relations avec la tribu des Beni-Sliman, qui y règne en maître. Les Beni-Sliman sont Arabes et par consé-
quent en état d'hostilité constante avec les Touaregs. Quoique moins nombreux, ils sont très redoutés parleur audace, l'énergie de leurs entreprises. Les docteurs Barth et Nachtigal se sont confiés à eux et n'ont point eu à s'en plaindre. En somme, si le gouvernement français se décidait à arrêter dans ses projets la pénétration de ces
Dec* chameaux. — Tocaregs. (Dessin de M. CfCallaghan.)
pays et à vouloir arriver au Soudan, il devrait chercher à se mettre en relations et à obtenir l'appui et la coopération des Bcni-Sliman. Des indices et des négociations antérieures nous font croire qu'ils ne sont pas éloignés de notre service et que quelques minces sacrifices d'argent suffiraient pour les amènera aider à la réalisation de nos désirs. Ce serait un puissant appui, même peut-être
un moyen de forcer les Touaregs à cesser toute hostilité contre nous sur cette route de Bilma, qui non seulement est la plus favorable, mais mène directement au lac Tchad, pays qui parait le plus riche, le plus peuplé et le plus avancé en civilisation du Soudan.
La nation qui sera maîtresse de ces terrains du Bornou et du Haoussa aura la position la plus favorisée, parce que c'est là que le Bénoué, cet immense affluent du Niger, se réunit à lui et que le Bahr-el-Ghezal ouvre la route des grands lacs; elle pourra dominer tout le Soudan. Les Anglais l'ont bien compris et tousleurs efforts tendent à remonter le Niger jusqu'à son confluent avec le Bénoué. Pourquoi donc n'essayons-nous rien? Est-ce que cet empire, plus grand que les Indes et peut-être aussi riche, ne vaut pas la peine de tenter quelques efforts, ou bien sommes-nous assez en décadence déjà pour n'avoir même pas le courage d'étudier ces questions et d'en comprendre l'importance dans l'avenir.
Une route transversale rejoint cette route, elle part de R'hât et conduit à Bilma même, en passant par Innesan et Djado ; elle la rend par conséquent facile à parcourir pour nous, à condition toutefois de lever la difficulté que la présence des Turcs a créée à R'hât.
Plusieurs routes importantes conduisent encore de la côte nord de l'Afrique au Soudan, ce sont :
1 ° Celle qui conduit par le Fezzan au pays des Tebou et par le Tibesti et le Ranem sur les bords du Tchad ou dans le Bahr-el-Ghezal. Le docteur Nachtigal a essayé de la parcourir et a pénétré dans le Tebou. Il a été obligé, après beaucoup de souffrances et de dangers, d'y renoncer. La mauvaise foi, l'inhospitalité des habitants, leur rapacité et leurs mauvais instincts la rendent absolument impraticable. Le pays du reste est d'une extrême pauvreté et est entièrement fanatisé par
les Senoussya. — Quant au Tibesti, les renseignements font absolument défaut.
Enfin la dernière route dont nous ayons connaissance part de Ben-Ghazzi ou de Tebrouq, passe par
Djerboub, centre des Senoussya et conduit au Wadaï. Les points connus ont été en partie indiqués par Gérard Rohlfs, par Nachtigal et aussi par M. Marc Fournel dans son livre La Tripolitaine, ce sont : les oasis des Khoufara, le Baéli-Wanga, Ghelta, zaouia Senoussya dont le chef passe, au point de vue orthodoxe, une inspection sévère de tous les voyageurs, ce qui rend le parcours impossible aux chrétiens et difficile même aux musulmans qui ne sont pas adeptes de la confrérie. L'oasis est très considérable, a des eaux abondantes et un grand nombre de palmiers et d'arbres fruitiers.
Kasbah de Tripoli.
La route continue par Youdjandja, Ouadi-Dem, oasis considérable, très grand nombre de palmiers. Ouaïda, salines abondantes près de la limite du Wadaï ; tous les ans une immense quantité de chameaux y chargent du sel pour le Soudan. Ouadi-Haouch, l'eau effleure le sol. Chalouba. La route est donc facile et bien jalonnée d'eau et de population, mais ses points de départ et d'arrivée sont complètement en dehors de notre action, appartiennent absolument aux Senoussya et l'étude détaillée n'en serait utile que si, à la suite de leurs agissements, la France était entraînée à s'emparer du port de Tebrouq et de Djerboub.
Vue ut (.iuhoma, capitale des Bemi-Mzab. {D'après un tableau de H. Dinet.)