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Évangile selon saint Jean, IV

ORIALISME païen ET CONSCIENCE CHRÉTIENNE

i caractérise la prodigieuse révolution

par l'Évangile, c'est qu'elle est une

on de la conscience.

50 du territorialisme païen, l'indivi-

e chrétien s'est levé.

ot résume le paganisme sous toutes

les : négation de la vérité, par consé-

légation de la conscience.

rite nationale n'est plus une vérité ;. la

ice nationale n'est plus la conscience.

TERRITORIALXSME PAÏEN, ETC. 49

Que devient-elle, cette pauvre conscience, vis-à-vis de la croyance du pays, de la croyance légale, de la croyance obligatoire, de la croyance héréditaire ? Elle ne pose plus même la question de vérité ; elle s'habitue à admettre une vérité en deçà des Pyrénées, une vérité contraire au delà.

Bien plus, chez les hommes qui reconnaissent encore les droits de la vérité, chez ceux qui la poursuivent, chez un Socrate par exemple, la flétrissure du principe païen demeure et tient ferme. Socrate mourant a soin de se mettre en règle ; il parle a des Dieux» ; il ordonne de sacrifier un coq à Esculape ! Son âme indépendante et qui va partir n'a secoué qu'à demi le joug écrasant de la religion territoriale.

L'Évangile, ce fut la conscience humaine qui se redressa. L'État antique rencontra l'homme devant lui. Tout à coup, il se trouva

des gens pour imaginer, chose étrange, des problèmes de conscience et de vérité !

Grand événement dans l'histoire.

On a dit de Jésus-Christ qu'il ne s'appelle pas la coutume, mais qu'il s'appelle la vérité. Voilà où est l'événement, La vérité, la vérité niant son contraire, la vérité nommant son contraire : erreur; la vérité voulant être uni- <juement acceptée, obéie uniquement ; la vérité exclusive, la vérité absolue, la vérité souveraine, la vérité avec son autorité : tel est le monstre qui vient brutalement épouvanter la :sérémté païenne.

Les témoins de la vérité se rangent devant .elle; ils aimeront mieux mourir que de brûler un grain d'encens aux idoles. Décidément la paix, la douce paix hellénique a pris fin.

Décidément le Prince de la Paix apporte, non la paix, mais l'épée.

L'épée de la foi au vrai, l'épée de la conscience. La oonscience est un rude maître.

MJRRITORIALISMB païen, ETC. 51

rude et gênant. Il est gênant de croire. Il est gênant d'être serviteur du vrai. Ces convictions individuelles qui jaillissent du sol affranchi, ces églises qui se fondent et dont la foi personnelle est le seul recruteur, cette soudaine apparition de l'individu, tout cela constitue au sein du vieux monde un changement tel, que j'ai eu le droit de l'appeler : une révolution.

Et l'on n'a pas craint de nous dire que l'Évangile était identique aux religions païennes! Et l'on nous a parlé sans rire de la religion imique des Yédas !

LA VÉRITé OHRéTIENNE DÉMONTRÉB A LA CONSCIENCE PAR SES FRUITS

a Vous les connaîtrez à leurs fruits * ».

Il faudrait fermer volontairement les yeux pour ne point voir les fruits de l'Évangile.

Je ne parle pas des fruits de conversion et de transformation chez telle ou telle âme ; ils peuvent parfois se contester, bien qu'ils soient pour ma conscience aussi évidents que la lumière du jour. J'ai vu des égoïstes devenir

U Évangile selon saint Luc, VI, 44.

LA VÉRITé CHRÔTIENNE, ETC. 53

charitables, des vicieux entrer en lutte contre leur péché, des violents se revêtir de douceur.

Ma conscience ne me permet en aucune façon de comparer ces changements-là, profonds, radicaux, miracles permanents de l'Évangile, aux réformes superficielles qu'accomplit l'homme désireux de se conduire banalement bien.

Je ne méprise nullement la philanthropie; je suis loin de nier les beaux exemples de dévouement et de vertu qui souvent ont été donnés en dehors de la foi. Il y a eu , je le sais, en dehors de la foi, des généreux, des redresseurs^ de torts, des chevaliers auxquels personne plus que moi ne rend justice.

Mais je soutiens que ces exemples, rares en dehors de la foi, sont très-nombreux en dedans; je soutiens que le don de soi prend un tout autre caractère chez les chrétiens, et que là seulement il va jusqu'à la consécration, jusqu'à l'humilité, jusqu'à l'acceptation confiante-

54 LA COIfSQIBNCB

de la volonté de Dieu, jusqu^à Vamour ; je ao«friiens, passeaHOOoi cette aoicUuse, que les phHaaihropes ne sont ce qu'ils sont, que parce qu'il y a un Évangile.

D'où vient que la philanthropie moderne é^ fère absolument de la i^ûlanthrapie antique?

4e ce que les philanthropes modernes peuvent bien rejeter l'Évangile, mais qu'ils en vivrai;

Le monde paaen ne possédait» que je sache, ni la charité, m l'humilité, ni la liberté, ni la <îhevalerie.

Prenims la libeirté.

L'histoire vous dira où eEe était avant l'Évangile ; où elle en serait sans l'Évangile. Par lui, les indépendances se sont créées ; par lui, l'individu a paru.

L'antiquité est là avec sa traite, avec son esclavage, base de tout, avec ses harems ou ses gynécées, avec son absolutisme asiatique, avec «es franchises grecques et romaines appuyées

LA VÉRITÉ CBRiTIBMIlE, BTC. 55

sur un fond^neat d'inâ^rrable servitude, avec ses négations de la eonsciei^e et de k vé* rite en matière de foi.

Mettez vis-è-yis le moode moderne» tel que nous le connaissons.

Qu'en pensez-vous? Qu'en pensent les despotes? Si vous les interrogiez, ils vous répon» draient qu'aucuno tyrannie ne tient nulle part, dès qu'apparaît, dès que travaille ce terrible levain de la croyance pers^mnelle au Sauveur.

Prenez l'égaUté. Encore un fruit de l'Évangile!

L'égalité n'est devenue possible que sur les rumes de l'esclavage» du servage et des privilèges.

De même qu'il n'y a pas de liberté sans des cœurs libres, il n'y a pas d'égalité sans des cœurs fraternels. Pour résister à quelque chose, il faut croire h quelque chose. Et il faut

croire à quelqu'un aussi : à Famour de Celui qui nous a retirés de l'abîme de perdition^ — r aimer à notre tour, cordialement, tous K qui ont été aimés comme nous *.

a doctrine qui, l'un après l'autre, résout plus difficiles problèmes sociaux, ne sauêtre la première doctrine venue. Notre science nous le dit.

btre conscience a remarqué le grand ar- ;seau sorti de la petite graine. Elle voit la le des oiseaux qui ont fait leurs nids sous branches. Tous les progrès se sont abrilà ^

[otre conscience met face à face les civilions produites par d'autres religions et la lisation produite par l'Évangile. Elle voit [ue, sous l'action de l'Évangile, est devenue femme, ce qu'est devenue la famille, ce

Voir note à, à la fin du volume.

Évangile selon saint Matthieu, XIII, 3t.

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