Évangile selon saint Luc, X, tu
FRUITS DE L*BVANGItB, ETC. 61
vérité appartient au peuple, car la prédication — l'instruction la plus populaire après la Bible — se met à Vœuvre désormais.
L'Évangile est annoncé aux pauvres.
Aux pauvres , et à ceux qui deviennent tels par l'humilité, l'Évangile apporte des forces, des consolations, des richesses, un avenir; il leur donne un père, il leur donne des frères.
L'Évangile rappelle aux riches leur responsabilité d'administrateurs. Par l'Évangile, depuis l'Évangile, on s'occupe des chétifs et des abandonnés. Le soin des indigents et des mar lades date de l'Évangile. Les grands embrasements, les œuvres admirables de la charité datent de l'Évangile. Si les questions ouvrière» se posent aujourdTiui, c*est par l'Évangile* L'Évangile qui les a soulevées y répondra. Lui seul produira l'élan nécessaire à la solution de cet énorme problème social. Il n'est pas plus difficile à résoudre, en définitive, que celui du
en LA C^KiCIJINCB
servage OU de Tesdayage, H se résoudra soos raetion de la même influence, oa ii ne se vé^ soudra pas.
les fruits diminuent a mesure que l'Évangile s'obscurcit
Un autre fott se présente à la canscience> qui ne lui permet pas d*hésîter : non-seulement ces fruits magnifiques n'existent point avant l'Évangile, maïs ils disparaissent presque entièrement après, dès que l'Évangile se voile ou se corrompt.
De quelque côté que nous tournions les yeux, à quelque moment que nous nous reportions, la divinité du christianisme éclate en ceci, qu'à l'instant où il s'altère, il cesse de produire
la liberté, l'égalité, la charité, la tendresse;
la vérité,
T-e byzantinisme et se» froides annales, le
anisme et son moyen âge, le protestan-
e et ses orthodoxies figées, nous font, les
comme les autres, voir les mêmes décré-
cles. C'est la mort, en dépit du principe
qui a été enseveli sous les pratiques,
les formules, sous les paganismes renou-
IIS livide et plus froid, dans son cercueil immense, ur la seconde fois, Lazare est étendu.
faut que le sang revienne, que la chaleur isse, que les bandelettes soient coupées, )us savez comment le miracle s'est acpli. Vous savez avec quelle vigueur les s ont reparu, dès que s'est opéré le retour ur Évangile, à l'Église d\stincte du monde parée de l'État.
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Mais voici le plus grand obstacle, peut-être^ — on ne l'a pas assez dit — que ma conscience, en quête de la vérité religieuse, ait rencontré sur son chemin : elle a rencontré le christianisme odieux.
Rien de si déUcat que la conscience. La conscience, qui est droite, se révolte quand, au nom de la foi, on lui commande d'admirer ce qui n'est pas admirable du tout.
La religion sans conscience blesse la conscience.
Nous pensons souvent faire un chef-d'œuvre, nous protestants, lorsque nous taisons, pallions, excusons, glorifions au besoin les torts de la Réforme. Nous ne faisons que mettre la conscience en garde contre TÉvangile*
Si vous m'invitez plus ou moins à prendre parti pour Henri VIII dans TafTaire du divorce; si vous me cachez le côté grossier qui dépare le beau caractère de Luther ; si vous passez en hâte sur la permission accordée au Landgrave ; si vous entourez le bûcher de Servet de toutes les explications que peut fournir l'époque ; si vous créez un Cromwell idéal ; si les brutalités de Knox et les duretés de Calvin disparaissent; si ces hommes dont j'admire le dévouement chrétien sont transformés en saints accomplis; s'il vous paraît tout simple qu'on mette la religion aux voix et qu'on force les minorités à se conformer aux croyances votées ; si vous ne condamneiZ pas énergiquement les persécutions protestantes et la longue tyrannie
qui a pesé sur Flrlande; si vous me laissez supposer que les mesures violentes rencontrent votre indulgence, pourvu qu'elles s'exercent en faveur de votre christianisme ; alors je me sens indigné, et ce christianisme, absolument opposé à la conscience, trouve mon cœur barricadé contre luL
La conscience a besoin de voir des prêtes* tants très-sévères envers le protestantisme, des protestants qui ne lui passent pas une faute, des protestants révoltés lorsque les questions de foi, par exemple, se métamorphosent en partage des dépouilles de l'Église romaine ou en calcul de pouvoir.
La conscience a besoin de nous voir trèsfermes — très-rigoureux si vous voulez — vis-à-vis des réformes décrétées par les princes, vis-à-vis des nationalismes protestants, vis-à-vis des intolérances protestantes, a Faire le mal pour qu'il en arrive du bien S, est une