CONVERSION
vwTj lerêt une signification à la fois douce et grave qui me remue jusqu'au fond.
Et ainsi je nais de nouveau.
La nouvelle naissance, cette doctrine fondai m^itale de FËvangile, a besoin — j'insûate là-dessus — d'être considérée par laconscience; N0U3 voyons alors qu'il ne s'agit pas d'un coup d'époussoir ; que kt foi qui sauve est la foi qui régénère; qu'en présence de notre absolue eorruptîon, il s'agit, non pas de nous perfec* iionner, xrms de nous transformer.
La conscience est l'interprète rigoureux do la conversion.
Par notre conscience, par elle seule, notre eonversion prend son sérieux et trouve sa pro« fondeur.
n y a plus. Par notre oonscience, les éner-i gies nécessaires nous sont apportées. La conscience nous découvre à la fois toute l'ampleur du changement et tous les secours accordés pour l'accomplir. N'ayant rien diminué du
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péché, elle ne retranche rien à la grâce. C'est X,: — ^ a grâce, pleine, gratuite, entière; la grâce onne un père, la grâce que donne un Joie de l'amour, joie du salut, tout éclate la splendeur. Et cette joie est notre force, îe qui fait les bons soldats, is déplorons les conversions incomplètes; n de nous s'est demandé cent et cent 3uis-je réellement converti? — Pourquoi Parce que notre conscience n'a pas dîaent agi sur notre conversion. Nous été enveloppés, nous avons été entraî- )eu1^être moins encore : nous avons rées paroles chrétiennes, et, à force de les , nous avons fini par nous persuader que îtions chrétiens !
îonscience nous attend ici, et le service 3 nous rend, c'est de nous contraindre à tre notre conversion au creuset.
Entre cette magnifique réalité qui se nomme FEvangile, et notre âme, une foule d'illusions parviennent à se glisser.
Tant qu*une poignante conviction de péché ne nous a pas atteints, aussi longtemps que nous n'avons pas mis de la conscience dans notre religion, notre religion est notre illusion, notre vérité est notre mensonge.
L'illusion revêt des formes diverses. Prenons çà et là quelques profils, au courant du crayon.
Je ne m'arrête pas à l'hypocrisie, L'hypojcrisie n'est pas une illusion.
Non que l'hypocrite n'arrive parfois à se tromper lui-même après avoir trompé les autres, après avoir essayé de tromper Dieu; c'est même un des châtiments de l'hypocrisie que de réussir à ce point, et de finir par créer une affreuse sécurité, une effrayante paix; mais en vérité, le vice est trop criant, la lèpre trop hideuse pour que chacun ne se tienne pas pour averti.
Détournons-nous et passons.
Vient le pharisaïsme.
Le vieux pharisaïsme qui fait de longues prières afin de repousser les courtes, qm les fait au coin des rues pour éviter de les présenter à Dieu dans le secret de la maison ne se voit plus guère aujourd'hui.
Un pharisien moderne ne criera pas :
Laurent, serrez ma haire avec ma discipline!
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Ni la discipfine ni la haire ne produiraient grand effet.
D'ailleurs le pharisien moden^ a sa sincéwitë ; il est pédant, il est gourmé, il pose devant lui-même et se prend au sérieux. Son illusion plus que son hypocrisie le fait s'habiller de religion, porter sur toute sa personne certain air sacré, avec des cocardes grosses comme le poing, n parle un jargon pieux, sa bouche s'emirfit de versets et de formules ; mais c'est que le langage simple, Tattibide naturelle et la voix ordinaire lui semblent au-dessous de sa dévotion. Ne faut-il pas, que, rien qu'à le voir, on s'écrie ; c'est un saint homme * I
N'importe, une certaine intégrité ne justifie xmllement l'orgueil, et la répulidon inexpri* mable qu'a inspirée le pharisaisme de tous les temps, répulsion profondément ressentie par celui qui, doux envers chacun, n'a foudroyé de son courroux que les pharisiens, répulsion