Évangile selon saint Matthieu, IX
122 LA CONSCIBNCK
La conaci^noe n'abdique pas* La conscience ne 6e délègue pas*
Le salut par la doctrine, encore une ilhi- 45ion, a rencontré plus de partisans qu'on ne croit.
Notre dix-septième siècle protestant, siècle ^colastique et stérile, qui a eu Dordrecht, qui ja^a eu ni éTangélisation ni missions, ce siècle éé^emontrants et de eontre'remontrcmts s'est desséché dans les aridités de réoole.
La conscience, soyez tranquilles, établit l'importance de te doctrine* Aucune erreur ne paraît indififér^ite à ses yeux. Elle sait, elle proclame le pouvoir et les droits de la vérité: le faux dans l'esprit produit te faux dans les actes, elle ne l'ignore pas. Affaiblissez la divinité dti Christ, ou k chute de l'homme, ou l'expiation, ou la gr&ce, ou la régénération, ou le Saint-Esprit, et vous verrez que les fruits tiennent de près aux doctrines, que les
arbres, selon leur espèee, font la conduite et font la vie.
Toutefois, et c'est notre conscience qui nous le déclare, si la doctrine constitue un instrument essentiel du salut, elle n'est pas le salut Oelui^rci s'opère, grâce à Dieu, dans une autre région, dans une région où régalité des âmes peut s'établir. Tel homme dont la doctrine reste imparfaite a saisi l'Évangile, écouté le témoignage intérieur du Saint-Esprit, accepté avec amour le pardon qui est en Jésus. Tel autre dont la théologie ne laisse rien à désirer, s'est contenté de célébrer son orthodoxie immaculée. Il n'y a eu chez lui ni l'horreur du péché, ni le besoin de la réconciliation, ni rien en un mot qui ressemble au renouvellement du cœur. Et la conscience nous répète l'arrêt des Écritures : <c Si vous ne naissez de nouveau, vous n'entrerez point au royaume des Cieux ^ »