Évangile selon saint Jean, lU, s
Le salut par les pratiques disparaît à son tour devant notre conscience.
n n'existe guère d'illusion plus fréquente et plus dangereuse.
Je me suis mis en règle ! J'ai rempli mes devoirs religieux! Certains actes, qui me rassurent pleinement, se sont accomplis pour moi, ou par moi !
Ceci ne concerne pas seulement les catholi-' ques. Il ne manque point de protestants qui se considèrent comme en règle^ pourvu que dans leur dernière maladie ils aient reçu la visite du pasteur, que celui-ci ait lu trois ou quatre versets des Écritures et prononcé sur eux une prière solennelle.
Or, s'il est un fait qu'atteste notre conscience, c'est l'impossibilité du salut par la foi d'autrui, c'est l'impossibilité d'être sauvé quand on n'est pas changé.
L'acte qui nous sauve doit se passer en nous, non hors de nous.
Une erreur plus subtile, une illusion moins aisée à démasquer vient défier la conscience^ je veux parler du salut par le sentiment.
Avoir été ému, s'attendrir au sujet du Sauveur et de rÉvangile, marcher dans les voies mystiques, se fier aux impressions pour tout accomplir, mépriser les questions de dogme^ ftiire fi des questions d'obéissance et de devoir, cela paraît bien beau et bien céleste. Rien, il semble, n'est plus spiritud que de s'élever par dessus tous les débats, tous les problèmes, tous les actes, pour se perdre dans la contem* plation et dans l'adoration.
Ne nous abusons pas ; notre conscience y tient, elle, à ces misérables questions d'obéissance et de vérité. Si elle s'indigne — nous^ l'avons vu — contre une mutilation de l'homme^ qui le réduirait à l'intelligence, elle ne sa révolte pas moins contre cette autre mutilation qui le réduirait au cœur. Le Christianisme sentimental n'est plus pour elle le christia-
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lûsme. Elle maintient^ quand elle est consultée, le réel, Timpérieux christianisme, celui qui nous sanctifie par la vérité, celui qui fait de nous des serviteurs de la vérité, celui qui ne nous permet pas d'abandonner une seule vérité, fût-elle déclarée insigmflante on inopportune.
Laconsdence ne nous autorise pas mieux à dédaigner le devoir. Elle veut que nous soyons les hommes de tout ce que Dieu veut.
La conscience nous demande si par hasard et sous prétexte de sentiment, nous n'éviterions point de nous convertir et de nous consacrer.
Elle nous ramène à la simple foi qui prend l'individu tout entier, cœur, volonté, raison ; qui se montre en fait d'amour plus ambitieuse qu'aucun mysticisme, mais qui exige des honunes complets, des hommes étrangers aux contemplations béates : des travailleurs» des lutteurs, des libérateurs.
ILLITSIOKS RELIGIEUSES 127
Le salut par les œuvres fait pendant au salut mystique.
Pour nouSy^ protestants, qui possédons rjÊvangileetquinous souvenons des origines de la Réforme : — a le juste vivra de foi * » — la tentation devrait être faible. Elle existe cependant, et notre ^îonsciaaoe la frappe d'un jetdeclarta«
Au-dessus des œuvres, il y a Yceuvre^ tout fDomme au-dess«2s des péchés il y a h péché.
Le péché entrai, la corruption centrale de 2^otre oœur rencontrent r<»uvre centrale, (pâ détruit cette corruption etce péché: nYœmr^ de Dieu^ disait Jésus-Christ à ceux qui. lui posaieni une question pareille, r^etmre de Bmi^ e'iest que ^ous erayez ien €elui qu'il a envoyé * ! » .
Croire, an jsens profoirà d^u mot; croire, en Tertu du plus grand effort moral que puisse