‹ La conscienceChapitre 36 sur 54 · CONSCIENCE DANS LA FOI · texte numérisé non relu

CONSCIENCE DANS LA FOI

)inines affaiblis ; notre foi ne trans-

> lès montagnes.

le notre conscience ne tient plus sa

lace auprès de nos convictions.

s-y garde ; saint Paul nous parle de

li, n'ayant pas conservé une bonne

e, ont fait naufrage quant à la

séparée de la conscience ! quelle dou*

leiir! Nous pensons la posséder encore, notre foi, nous y comptons, nous la considérons toujours coinitië notre rocher, et déjà elle est en Tair et ne pose plus sur rien.

Ce qu'il faut de droiture dans la foi ne se sait pas assez. La sincérité est indispensable à la vérité. Sortons-nous des sentiers de droîtiirè, aussitôt il se produit en nous un écroulement dont on ne saurait peindre l'horreur.

Cela ne tient pas à la nature du fait que nous admettons ; cela tient à l*intégrité que nous apportons à l'admettre.

Tel persécuteur frappant consciencieusement les ennemis de sa religion, peut conserver une conscience loyale. Tel idolâtre, injuriant et détruisant son idole, à laquelle il croit encore, blesse et perd sa conscience.

Ah ! les consciences blessées ! Âh ! les figures complexes q\ii ne vous diront jamais si la conscience est tuée ou si elle se débat toujours ! Conjiaissez-vous une tristesse plus na-

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yrante ? L'angoisse ne vous saisit-elle point à leur rencontre? et me démentira-t-on si j'affirme que, sous ce rapport, Cromwell me fait plus souffrir que Philippe II ?

Ce Cromwell, avec sa piété réelle et ses réels mensonges ; ce Cromwell, qui, sans être ni un hypocrite, ni un cœur desséché, cherche à se persuader qu'il y a deux morales, l'une pour le& rapports avec Dieu, l'autre pour les affaires publiques; ce Cromwell, tout composé d'inquiétantes énigmes, semble se dresser aux endroits périlleux du chemin, à ces carrefours où nous serions tentés de quitter la voie droite, « faisant le mal afin qu'il en arrive du bien! » et nos regards, qui interrogent les traits compliqués de ce double visage, notre conscience qui parvient mal à en rectifier les lignes, tout nous dit : veille sur toi !

Oui, veillons. Le danger, imminent pour quiconque persiste aux détours, c'est de s'effondrer dans cet abîme, que l'Écriture nomme:

péché contre le SainirEsprit ! — le péché sans pardon.

Sans pardon, parce que le mal est sans remèdç ; parce qu'une fois la conscience faussée, il n'y a plus de vie morale ; parce que le sens moral est mort en nous, et que la mort ne se convertit pas.

Pour mon compte, j'aime mieux la conscience sans la foi , que la foi sans la conscience.

Une conscience sans la foi, une conscience avant la foi laisse les portes ouvertes à l'action de l'Écriture, au souffle du SaintrEsprit : l'homme moral subsiste. Mais, quand la foi répudie la conscience, que reste-t-il ?

La vérité même devient mensonge , pour quiconque l'admet au mépris de sa conscience; or le mensonge est une destruction.

La conscience, même sans la connaissance, a une telle valeur, que les stoïciens, bien éloignés

DNSCIENCE

S nous inspit*ent, par ce maissent la conscience et respect profond.

\mé sans la foi, a une«telle ^ent elle amène, bon gré es plus résistants à la foi.

t faire la volonté de mon « connaîtront si je suis de 3monchef*)>é falre^ oonnaitront! Cela ?

et chaque jour nous renies qui, commençant par 9 faire, ont acquis à cette lil et de reffort conscienîherchalent pas î FÉvan^

Dfnne conscience ! Je vou* ^ents dignes d'elle.

rean, VH, i7.

L*homme de conscience et de foi voit incessamment sa conscience fortifier sa foi, et sa foi fortifier sa conscience.

L'homme de conscience et de foi vit en pleine vérité; ce mot dit tout. Il n'a pas, comme tant d'autres, à craindre qu'une vérité nouvelle ne mette en péril sa vérité provisoire. Il a saisi le définitif. Il a posé son pied sur le roc. Il respire à pleine poitrine. Il marche par ce chemin royal où la lumière va grandissant jusqu'à ce que le jour apparaisse dans sa splendeur.

Seul, l'homme de foi et de conscience peut chanter le cantique de Luther :

Cest un rempai't que notre Ûieti, Une invincible armure I

L'école des événements est si corrompue qu'elle a gâté les plus nobles cœurs.

n semble qu'U faille faire, aux dépens du vrai, la part du fait ou la part du feu. H semble que l'on compromettrait la vérité de Dieu, en ne comptant que sur Dieu. Il semble que l'on compromettrait l'Évangile, en le privant de ces appuis qui s'achètent par des atténuations ou par des mutilations de l'Évangile.

La politique religieuse, la pire de toutes.

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naît de ceci : que les consciences ont fléchi devant les événements.

Dès qu'on s'arrange pour rendre le christianisme agréable aux puissants du jour, supportable aux hommes d'esprit, accommodant aux tendances influentes, facile aux courants ; c'est que la conscience a déserté son poste, ou, pour mieux dire, c'est que la conscience nous gênant, nou3 nous en sommes débarrassés.

Les capitulations de conscience datent de tous les temps, hélas !

En présence d'un Henri VIII, maître, on le dirait, de sauver ou de perdre la cause encore si faible de l'Évangile en Angleterre, Cranmer se demandera — donnons cette interprétation à ses faiblesses — s'il n'est pas nécessaire de céder, de biaiser, de mentir, de prêter les mains à ce qui est mal, afln de ne pas compromettre ce qui est bien.

Que demain on nous propose, à nous, les hommes des libertés modernes, d'employer

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quelque peu de violence pour ouvrir un grand pays à nos convictions, saurons-nous tous rér? protesterons-nous tous? En d'autres LOS, notre eonscience se tient-elle debout aoe des événements? oroyoQS-nous à la lé ? croyons-nous en Dieu?

land elle vit, notre conscience ne tolère ine de ces habiletés ; pas plus les petites les grosses ; pas même celles qui, par une ition quelconque de la justice , produiit des conversions d'hommes par mil* •

crifier un bout de vérité pour faire ad** Ire la vérité, amoindrir la Bible j^éfir in^ uire la Bible, c'est dire i II n'y a point de là-haut 1

)tre conscience qui croit, elle, qu'il y a tiâ là-haut, dit i Périssent les succès, plutôt la vérité de Dieu;

nÛBvui

Notifl nous entendons, n'est-ce pas?

Sn rappelant la grande place qui appartient à la conscience, je ne prétends certes point la mettre^ur le trône de Jésus-Christ.

Le salut par la conscience n^est écrit à aucune des pages de TÉvangiie ; notre conscience repousserait avec horreur un tel blasphème, tant elle a, tant elle maintient chez nous le sentiment profond de notre misère et de notre indignité.

Ces choses du salut, la conscience ne les au-

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rait pas inventées, non ; mais témoin fidèle de Dieu en nous — et contre nous — par sa voix intègre, par son regard droit, par Texamen de nous-même, par l'expérience de chaque jour, par la vue des fruits individuels et généraux du christianisme, par cette démonstration de la vie intérieure que rien ne remplace, par la divinité rendue visible d'une doctrine qui unit étroitement le bonheur à la sainteté, qui ne délivre pas du châtiment sans délivrer du mal, notre conscience nous fournit à fthaque instant des raisons nouvelles de mieux croire ce que nous avons cru.

Vous voulez une preuve? la voilà, vivante; et c'est votre conscience qui vous la donne.

Elle nous met loin, convenez-en, des modes religieuses, des religions de parti pris, des religions du coffre-fort et de l'ordre public, des religions qui se présentent comme un signe de ralliement, comme une opinion bien por-

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