Ëvangiie selon saint Matthieu, XX
On dit : Nous n'avons plus de chevaliers !
La conscience vous les rendra.
La chevalerie est un besoin de tous les temps. Dans tous les temps la conscience armera ses chevaliers.
Faibles à secourir, vérités méconnues à prendre en main, iniquités à défaire, protestations à jeter à la face du despotisme des majorités et de l'audace; voilà ce qui les attend. Et ne faut-il point maintenir ridéalîne faut-il pas le reconquérir?
Soyez-en sûrs, ce côté chevaleresque du courage et du dévouement, nous le retrouverons sans que le moyen âge s'en mêle, dès que nos consciences se mettront à parler haut.
Laisser Futile pour le juste, déserter l'égoïsme pour Théroïsme, c'est bien retrouver la chevalerie, ou je ne m'y connais pas.
Quand Nelson, au matin de Trafalgar, écrit cette simple proclamation : <* L'Angleterre attend que chaque homme fera son devoir! »
— il donne le mot d'ordre de la chevalerie moderne.
Faire son devoir ! ne pas se croire un héros parce qu'on fait son devoir, regarder comme une chose naturelle de faire son devoir, tout est là.
Lorsque nous l'aurons compris, nous gagnerons, nous aussi, dussions-nous y mourir comme Nelson, nos batailles de Trafalgar.
Et le don du relèvement !
Songez à ces pauvres êtres nés dans la l?oue, condamnés semble-t-il à y pourrir.
Certes, s'il existe un sujet d'éternelle compassion, vous le trouverez dans ces existences qui n'ont connu que le mal; entourées de plus de vices, de plus d'habitudes dégradantes, d'une atmosphère plus empoisonnée, que nous ne le fûmes jamais d'honnêteté, de bons exemples, d'un air salubre et pur.
Malheur à celui d'entre nous, qui, du haut
racilQfi vertus, oa^mit juge? oea âmeg !
ien, la consoienoe leup Pôrtituft h fraî- Que l'Évaugild de pwdQn aa laisse enr » qu^ 1© bien ^epar^isiiQ, qu'il oblige, at j des œuvres, la meilleure qui sqit iei« s'accomplir à la gloire 4^8 oQippasiipns .. Ceg ploylg ^Qi rplilyepout, 6«s fftugeus nettoyés, ofis f»iit§uoe§ maudites d»f int des existences bénies; une fois au la conscience n^ p'arpâtew pa9 qU'ûUe msfiguré ce» êtrejs perdu», Y aura un çrand miracle mv h terw, a un© graud§ joie dans le ciel,
LA CONSCIENCE DONNE LES BON TENPBS8Sa0
La conscience est riche, et pous ne S pas m bout.
Pq Ift conscience dans noj* tendres Oui, l^ea i»Qllea affections qui oufelipn yoip s'a|ï!^i?sent pur elles-mêmes. L§ est 1q ciment ; san? lui mn m tient,
S'aimer assez pour cbepchep Dieu, j ger à, h bewté morale, pour trctvailli sanctification, pour s'avertir, pour s'ent pour appeler et fixer entre soi l'idéal, c
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LS difficultés ni sans grandeur, t de se régénérer. La perfeciirs le but.
dans les familles où ce but est iirsuivi ! La bataille de la vie leurtrir et de blesser; mcds le de Christ n'a pas cessé de se-
us figurer des familles guinou grognonnes! Le devoir r en liberté, La conscience eut aimables.
on appelle cela un petit dee ne sais pourquoi, car ce deer du bonheur qu*il amène — icements, du support, de la i de soi, d'assez grandes verviendrez.
Btisé de se montrer maussade >t d'inscrire sa mauvaise hu- -e de la conscience. Mais la
LA OONSCIBNOi! BONNE, BTO* 225
conscience n'accepte pas cette façon de régler les comptes. Elle nous dit tout net que, si nous sommes des chrétiens fort dévoués au dehors et fort désagréables au logis, c'est que nous l'avons mise à la porte, ni plus ni moins.
Tout comme elle revendique sa place dans nos tendresses, la conscience veut sa place dans nos éducations.
Il n'y a pas d'éducation, là où on ne s'est pas attaché à développer le sens moral. Que nos enfants le sachent bien, l'amour ne dispense pas du devoir. Qu'ils le sachent bien, en écoutant leur cœur, ils n'ont pas tout fait. Une loi supérieure, la loi d'obéissance, la loi du respect, immuable et positive, doit gouverner leur âme et régir leurs actions : Dieu doit être. Dieu doit rester le maître.
Sans ce pouvoir de la conscience, si effacé dans nos éducations modernes, vous aurez des générations passives, qui parleront beaucoup, n'agiront guère, consentiront à tout, et ne ré-
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sisteront à rien. Avec la oonscience, voui ob« tiendrez des générations moini amusantes ^ moins commodes ; des générations énergiques^ promptes à Taction, solides au bien, qui ne bh^ Liront pas^ qui ne subtiliseront pas, qiii mar^ cheront droit, qui se tiendront ferme : vous aurez des hommes.
La oonBOÎence publique se oompose de cons^ eienees individuelleti.
C'est quand les consciences individuelles sont fortes, pas autrement, que la conscience publique se roidit contre le mal.
On parle de la conscience publique comme d'un être à part, qui aurait son existence propre ; tout au moins comme d'un fait collectif, sur lequel personne ne saurait agir. C'est une erreur.
LA CONSCIEKCK
lacune de nos consciences crée à son ;e, et en quelque manière, la conscience ique; nous portons tous la responsabilité taratère qu'elle a.
I voulez-vous la preuve? Qu'au milieu de deur des demi-convictions, des opinions Dmmande, des faiblesses qui courent les apparaisse soudain une conviction vraie, décision, une solidité^ une conscience;
fera événement. On dirait la descente homme en chair et en os, parmi les om-
des Champs-Elysées. Cette conscience, ate, debout, et qui se porte bien, réveillera mscience publique, elle la relèvera; un [le de résurrection passera sur le pays tout )r.
y a de ces heures-là dans l'histoire du e humain. Les idées nobles et pures se ent à marcher ; on se fait chevaleresque; 3 préoccupe des faibles ; on s'enquiert du ; on entend l'honneur national d'une fa-
çon nouvelle: gouvernement, opposition, journaux , tout participe à cette renaissance, à ce printemps, à cette éclosion des vaillances et des grandeurs de l'âme. Les mauvais, embarrassés, cherchent leur voie; les bons, encouragés, ont trouvé leur chemin. C'est l'heure où l'on abolit la traite, l'heure où l'on affranchit les esclaves; c'est l'heure où l'on flétrit — comme le faisait naguère l'Amérique — la pensée avilissante d'une banqueroute; c'est l'heure où la nation qu'a redressée quelque brave conscience individuelle, secouant sa poussière et jetant son linceul, s'élance hardidiment du côté des libertés, du côté des vérités.
Mais que nos consciences fléchissent au contraire, qu'elles s'engourdissent, la grande conscience fléchira, elle s'engourdira : gouvernement, opposition, journaux, ambitions nationales, projets et regrets, nous verrons tout s'amoindrir et tout se gâter.
LA CONSGIBNOB
des mots à effets d'autant plus > la pensé© est plua mesquine, le e, le^ niveaux ^'âbai^gent, Tiane carrière, En ïiaêrne temp§ que inêteté s'en va, on jrêve do 00»arle d'agrandissements; onproorale politique qui ç^'a rien h démorale ordinaire, OonscienoQ de oience d'événement, consoience tant de oonscienoep que la vraie î connaît pas i -« Mes amis m'apmd j'ai raison; la balle afifeirel 'ai tort que j'ai besoin d'eux!
m ministre célèbre dit crûment it aller la démoralisation de la Lssez-moi le terme '^ lorsque la publique a cessé de marcher
and mal qui puisse noua atteindégradation de la conscience pu-
itizedbyGoOQle
LA eONSCIENCE INDIVIDUELLE, ETC. 231
Le plus grand progrès que nous ayons à réaliser, c'est un relèvement de la conscience publique.
Or, la conscience publique ne se redressera qu'au contact viril des consciences chré* tiennes.
-;.-:-; St^^JP
LA CONSCIENCE DONNE LES LIBERTés ET LES SOLUTIONS SOCIALES
La liberté est au prix de robéissance.
Cela ressemble à un pcu^adoxe. Regardez-y de près, vous verrez que partout où la conscience a cessé de se faire obéir, les libertés ont cessé d'exister.
En un temps de démocratie comme le nôtre, il n'est pas prouvé qu'un nouveau despotisme, le plus complet, le plus grossier, celui du nombre, ne réussisse à nous asservir.
Si te nombre triomphe, s'il gouverne, si la
conscience ne se lève pas pour lui tenir tête ; si elle ne se met pas en travers pour défendre le domaine sacré de l'individu ; si les fortes indépendances personnelles — celle du sens moral, justement — ne viennent pas s'opposer à l'envahissement des majorités réglant tout, jusqu'à l'éducation, jusqu'à la pensée, jusqu'à la foi; nous arriverons vite à un aplatissement auprès duquel les platitudes des courtisans de l'ancien régime seraient presque de la fierté.
La tyrannie des temps modernes est à la porte. Entrera-t-elle? oui ou non? — Oui, du moment où notre conscience n'est pas maîtresse chez nous. Non, si nous avons des hommes chez lesquels la conscience règne, absolument. Car ceux-là ont respiré à pleine poitrine l'air de la grande émancipation, ceux-là ne se laisseront pas étouffer *.