QUELQUES FAITS INDIVIDUELS
aujourd'hui — l'argent, par ses origines, attaque la conscience et la laisse blessée.
Nous assistons à des tripotages honteux.
Nous voyons des spéculations véreuses enrichir ceux qui les ont lancées et d'effrénés jeux de Bourse réussir. Tout à côté de ces fortunes scandaleuses, nous voyons des banqueroutes scandaleuses aussi, qui n'empêchent ni les jouissances ni la vie à fracas. On a trompé, on a infligé des pertes, on a jeté nombre de familles dans le désespoir ; et l'on va grandes guides, sans tomber sous les coups de la justice — qui s'abattent dru comme grêle sur le voleur d'un pain — on va grandes guides, menant la grande existence des grands faiseurs !
Et la société accepte cela, et l'opinion ne se formalise point, et, une fois que le tour est fait, bien fait — n'oublions pas ce détail — le monde passe condamnation; tout sourit à ces gens-là!
Croyez-vous l'enseignement bon? Votre moralité, pour le recevoir chaque jour, s'en porte-t-elle mieux? Et, sans parler du socia-
lisme, qui profite de la leçon, sans parler du discrédit que jettent de pareils hasards sur la propriété ; un trouble profond ne va-t-il point saisir au plus secret 8e nos consciences, ces fermes notions du bien et du mal que rien ne semblait pouvoir ébranler?
Lorsqu'on voit tout ce qui fait la guerre à la conscience : philosophies, religions, gouvernements, justices pénales, conflits entre nations, scandales donnés par les rois, vices pratiqués par les peuples, corruption dains les lettres, dans les arts^ dans les mœurs; une pensée vient à Tesprit : il faut que la conscience soit bien fortement constituée, bien indestructible, bien divine, il faut qu'elle ait la vie bien dure pour subsister encore, en dépit de tant d'ennemis !
Et souvent même, elle dicte à ceux qui la
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;ent des actes par lesquels elle prouve son irissable autorité.
s pasteurs libéraux qui donnent leur déion parce qu'ils ne croient plus, ces les douteurs qui cessent de s'associer au I parce qu'ils n'ont plus de convictions, ipe et ces ultramontains qui vont droit nt eux, en plein abîme d'obscurité, maies avertissements des habiles; cette ÉgKse z/e, à Londres, V Église du Progrès^ qui, nettant plus la Bible, ne la lit pas; qui, ne ant plus en Jésus-Christ, ne célèbre ni le Bme ni la cène ; qui, n'ayant plus foi dans îrvention surnaturelle de Dieu, ne prie remplaçant des dévotions menteuses par [jues discours politiques ou sociaux entreis de concerts; tous ces actes, tous ces mes obéissent à la conscience, car ils jsent à la vérité.
iplorons les tendances, je le veux; honorintégrité, suprême triomphe du sens al.
ir là, par ce retour au vrai, notre siècle sa tre supérieur aux siècles précédents.
Chaque chose, aujourd'hui, prend sa forme et sa couleur. Les positions se font tranchées ; le catholicisme rompt nettement avec la lumière ; le scepticisme se déclare franchement irréligieux; on voit des gens qui, ayant perdu la foi^ ne font pas à Dieu l'injure de conserver l'adoration.
Le réveil du christianisme a produit ce réveil de la conscience.
Avant l'Évangile, tous les genoux fléchissaient, sans exception, devant les dieux du pays. Les plus incrédules, parmi les Romains et les Grecs, exerçaient sans scrupule les fonctions du sacerdoce. Il y avait au fond de l'âme humaine un mensonge permanent, un mépris universel à l'endroit de la religion. C'était le principe païen ^
L'Évangile, révélation du Dieu de vérité, nous ramène forcéiAent au vrai. Nous sommes, dans la proportion où nous croyons à l'Évangile, des hommes de vérité. Les nations, dana
1. L'extrême Orient goupçonnait seul autre chose. -^ Voyçi le Bouddhisme,
re où elles acceptent l'Évangile, sont )les de vérité; c'est-à-dire de lumière, ire de liberté.
celles-là, non chez d'autres, naissent pès ; chez celles-là, non chez d'autres, plissent des réformes qui ne sont pas lutions ; chez celles-là, non chez d'auprit de famille s'est développé, la litn'a pas sombré dans la boue, lès arts nt pas avilis; celles-là, non d'autres, ouvé le principe chrétien par excel- Église indépendante, l'Église séparée
et du monde ; ce sel de l'Évangile, ce , ce magnifique triomphe de sincérité \ restitue la croyance individuelle, qui id l'accord entre les actes et les con-
qui est, à lui seul, une résurrection iscience !
science, relevée, délivrée par l'Église ibrement déployé sa force. Missions^ sation, écoles du dimanche, écoles des lés; guerre aux infamies sociales, LUX oppresseurs, charité collective, rivée, tout a pris l'essor!
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On nous déclare que le christianisme va mourir, qu'il est mort, que l'impiété a gagné la bataille, que les revues et les journaux démolissent à qui mieux mieux l'Évangile, que les savants lui ont dit son fait, qu'il n'y a plus qu'à l'enterrer !
J'aurais envie de répondre :
Les gens que yous tuez se portent à merveille !
Mais non; je renvoie juges et sentences au xviii* siècle, à l'Angleterre et à Montesquieu.
La foi semblait si parfaitement détruite alors, qu'un observateur tel que Montesquieu pouvait s'écrier : En Angleterre, il n'y a point de religion !
Et c'était le moment où Wesley, où Withefield, saisissant la Bible, donnaient le signal du réveil qui a secoué le monde protestant, galvanisé le monde catholique, produit l'élan vers toutes les libertés. C'était l'heure du réveil qui a créé toutes les œuvres, du réveil qui va partout briser la monstrueuse union du
LA GONSCIENOB
lel et du temporel, partout régéné-
individu, transformer partout les so-
suis vivant. J'fid été mort. Mais voici, jo ivant au siècle des siècles * ! »
[)caiypse, 1, 18.
Note A
La conscience est le fond même de la liberté. Au nom du devoir on résiste.
Les seuls hommes libres, sont les hommes du devoir.
Les seuls peuples libres, sont les peuples que rÉvangile instruit par la conscience à pratiquer le devoir.
Tant qu'il y a des consciences, c'est-à-dire des âmes qui se gouvernent elles-mêmes, en présence de Dieu, le despotisme est impossible.
La conscience est la base même de l'égalité.
Intelligence, santé, richesse, figure, éducation, milieu : autant d'inégalités.
Mais une conscience vaut une conscience.
L'Évangile, en mettant les consciences à l'air libre, a fondé la liberté et l'égalité.
Et par de là les courts horizons d'ici-bas, l'É-
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vangile nous montre Tégalité suprême, la
o-T^nde égalité des âmes toutes perdues par un
me péché, toutes sauvées par un même sa-
ice, toutes appelées à la même immor-
té.
Note B
m a trouvé des débris humains dans les ches du terrain quaternaire, parmi des oslents d'animaux qui appartiennent à une que antérieure, ou qui n'habitent plus nos ions.
lu'est-ce que cela prouve? Ces hommes it-ils pu vivre avant le déluge, au milieu conditions qui étaient celles de l'Europe [•s, qui ne le sont plus aujourd'hui? Et le ige, justement, n'a-t-il pas été la censéince d'un changement géologique mettant à l'ancien ordre de choses pour amener dre nouveau?
»n découvrait naguère, sous le sol de Marie , des restes de vaisseaux phocéens. A consulter que leur situation en terre, à ne sidérer que l'épaisseur de la couche dont Paient recouverts, on n'aurait pas eu de [le à parler de dix ou de vingt mille ans.
>r, la forme de ces vaisseaux fixant à la fois
leur origine et leur époque, il a bien fallu se renfermer dans les temps historiques, c'est-àdire dans un espace très-limité.
Combien de raisonnements sur l'antiquité de l'homme, sur la position des débris, n'ont pas de fond plus solide !
On a établi la succession de l'âge de la pierre, de l'âge du bronze et de l'âge du fer.
C'est très-bien; mais à The-ure menie où j'écris, des peuplades considérables en sont encore à l'âge de la pierre !
Ces âges successifs ont donc pu vivre, ont vécu sur notre globe, simultanément, tous à la fois.
On a parlé d'interminables évolutions graduelles, en géologie ; et l'on a décidé qu'il ne pouvait exister, pour ces évolutions-là, ni changements brusques ni* rapides changements.
On Ta décidé, mais on ne l'a pas prouvé.
Il est difficile d'admettre, par exemple, que les grandes formes des montagnes plutoniennes aient surgi lentement, et que, dans les couches neptuniennes, tant de créatures vivantes aient été saisies par les boues, sans qu'un tel envahissement présentât rien de brusque ou d'imprévu.
Rn tout cas, des modifications considérables t s'opérer, tantôt avec une très-grande , tantôt avec une excessive rapidité.
i les alluvions de Tembouchure d'un Certaines circonstances étant données, iccroîtront plus en une année qu'en ju'en dix mille ans, dans les condidinaires des dépôts, itterrissements dont on fait tant de nt donc pu suivre autrefois une marniment accélérée, que rien aujourd'hui ait rappeler.
t à la durée des époques géologiques,
détermine au hasard. Lyell parle de
lie ans. — Des savants danois parlent
ques milliers d'années.
5mment, la terre n'a pas dit son der-
Note C
iionalisme s'est indigné du ro/ pratiqué Israélites aux dépens des Égyptiens,
la fuite au désert: du vol et du mensonge
es de Dieu.
a pas plus là de tromperiequedelarcin.
Nul ne s'est un instant mépris, en Egypte, sur les caractères du départ d'Israël. Tous les Égyptiens savaient, sans en excepter un seul, qu'Israël émigrait, qu'Israël ne reviendrait pas. Ce départ était tellement définitif, qu'une armée se mit à la poursuite du peuple déserteur.
Après la mort des premiers nés, le joug était rompu, la rupture accomplie. Les Égyptiens n'avaient plus qu'une pensée : se débarrasser au plus vite, à tout prix, de cet Israël que Dieu retirait par sa main forte et par son bras étendu. Et la rançon exigée ne représente que faiblement, si l'on veut compter, les travaux, les sueurs, les spoliations du peuple juif, pressuré par les exacteurs égyptiens.
Le rationalisme a voulu voir, dans l'ordre d'immoler Isaac, l'introduction, bien plus, la glorification du sacrifice humain.
Pour comprendre, il n'y a qu'à suivre simplement les détails du récit.
Dieu demande un acte d'obéissance absolue; Dieu met lafoi d'Abraham au creuset. C'est tout.
Abraham le prend ainsi. Dieu est fidèle. Dieu n'a pas révoqué sa promesse ; il l'accomplira.
a — Où est la bête pour l'holocauste? » demande Isaac.
LA CONSCISNCE
« — Mon fils, Dieu se pourvoira lui-ihêûie de bêtft ')our l'holocauste * ».
Ou Isaac ne mourra point, ou Isaac se relè»
tera par une résurrection.
Et Abraham poursuit sa route, affermit son cœur, d ayant pensé, en lui-même, dit l'Épître aux Hébreux, que Dieu pouvait ressuscite]^ Isaac des morts! ^i>
Il s'agit donc de traverser la fournaise de l'obéissance; il s'agit de marcher par la foi^ en dépit de la tue.
Isaac, arrivé en Morija^ lé comprend comme Abraham l'a compris. Isaacj un homme fait, ne résiste pas un seul instant au patriarche^ un vieillard. Il n'élève pas une réclamation, il se laisse docilement lier.
Ah c'est que lui aussi connaissait la promesse; lui aussi, il croyait ; il savait qu'il vivrait ; il savait qu'un innombrable peuple sortirait de lui ; il se tenait prêt à fratlchii' l'obscUr défilé!
Nous connaissons Celui qui arrêta l'épreuve-
Et nous savons (Jiiël Père a sacrifié, réellement, son Fila.