E QUE LA. CONSOIBNCB OPPOSE, ETC
Ce que Jésus me dit, ma conscience le pressentait.
Avec ceux qui, faisant un pas de plus, semblent accepter l'Évangile, tout en lui étant son caractère d'autorité pour le soumettre aux révisions de la raison individuelle, ma conscience n'hésite pas davantage*
S'il y a une Révélation divine, elle ne saurait être traitée — ma conscience l'affirme — comme on se permet de traiter la Parole de Dieu.
Un livre dont chaque partie porterait le sceau des préjugés du temps, l'empreinte des erreurs personnelles, la trace des tendances dominantes; un livre dont il nous faudrait contrôler les récits, la morale et la métaphysique, ôe livre ne nous révélerait rien, absolument, que ce qui nous plairait.
Mutiler la Révélation pour n'en plus faire qu'une suite de textes épurés, c'est réduire
JBF^
Lie à la croyance en Dieu, au respect sus-Christ, à l'acceptation de quelques
55 moraux; c'est effacer haut la main traits distinctifs de la religion qu'on recevoir.
)nscience ne dissimule pas son dégoût
contre d'un tel orgueil.
t à l'acte qui consiste à rejeter, en dé«
qu'on accepte; notre sens moral a sa
lui, et de le juger, et de le définir.
;it d'une question de bonne foi. Accep-
t accepter ; rejeter, c'est rejeter.
inticiper sur la suite de cette étude, ma ice, à qui je ne demande pas en cet
56 qu'elle pense de l'Évangile, me dit nt que, s'il y a quelque part une doci réponde à tous nos besoins, qui réus nos problèmes, qui sanctifie nos ai donne à nos douleurs un espoir asi fonde la lamille, qui mette ici-bas
la liberté, Fégalité, la charité, la paix ; ma conscience me dit que, si cette doctrine s'adapte aux nécessités d'une race déchue mais responsable et capable de relèvement, que si cette doctrine embellit la terre, que si elle ouvre le ciel, que si elle ennoblit l'existence, que si elle introduit une forte et simple morale dont la grandeur n'ait jamais été égalée, que si elle abolit les vieilles pourritures des vieilles sociétés pour enfanter une civilisation nouvelle et supérieure, notre devoir ne saurait être en aucun cas de la repousser légèrement, au nom du Positivisme, au nom du Déisme, au nom du Rationalisme.
Nous sommes tenus de la considérer très-^ respectueusement et de très-près.
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LHISTOtBB H0T7V&LLK BBS RElIGtONS
M. Bumoiif , esqurimant avec plus de sans* gêne oe qi:^ Fécole moderne iont entière tend à penser, n'a pas craint de nous exposer une science des religions dont la conclusion, hardie pour le moins, est que : toutes les religions se valent I Au fond, il n'y en a qu'une !
Cette religion unique se trouve renfermée dans les Védas. Le soleil, la chaleur et le vent : le Père, le Fils et le Saint-Esprit — j'hésite à transcrire de tels blasphèmes — s'y révèlent déjà. C'est la vie, le mouvement et la pensée;
l'histoire îîouvelle db« religions 80
Nulle religion n'a ajoute à oe fond commuiu LTÉvsuLgîle tfy a rien ajouté!
Appliquons notre méthode; appelons-en à la conscience.
Que pense-t-elle du procédé qui consiste à dépouiller l'Évangile de toutes ses doctrines saillantes — oui, toutes, sans exception — pour se donner le droit de dire après : L'Évangile ressemble à tous les autres livres sacrés !
Voici quelques-unes des révélations spéciales à l'Évangile qu'on a supprimées comme insignifiantes, afin de le réduire à cette quintessence, à cette religion unique des Védas :
Le Dieu vivant, la chute , le libre arbitre, l'expiation, la grâce gratuite, la nouvelle naissance, la sanctification avec ses luttes innombrables et sa marche infinie.
Est-ce en conscience que, prétendant confondre TÉvangile avec les Védas, avec le boudhisme, avec les cultes de l'Orient, de TÉ-
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gypte et de la Grèce, on en retranche ce qui fait qu'il est lui? Je voudrais savoir, et je me le demande sérieusement, afin d'excuser ceux qui opèrent de pareilles mutilations ; je voudrais savoir si, dans leur légèreté incroyable associée à tant de prétentions scientifiques, à un ton si doctoral, ils ont pris la peine de lire, ou même de feuilleter l'Évangile.
Un Dieu qui donne son Fils, un Fils éternel qui se donne, une grâce qui n'altère en rien la justice, une manifestation de pitié qui n'a rien de commun avec la bonté indifférente au mal, cela ne se rencontre pas partout que je sache. L'Évangile seul nous révèle un Dieu d'amour qui n'est pas le bon Dieu. L'Évangile &Qv\ met la liberté dans le ciel et sur la terre. L'Évangile seul nous dévoile une éternité où J'individu persiste, qui n'est ni l'absorption védhique, ni l'absorption boudhiste, ni l'absorption panthéiste et stoïque.
l'histoire nouvelle des religions 41
' Ce qui n'empêche pas que l'Évangile ne soit une édition à peine revue des Védas!
On nous fait une science des religions, et Von ne s'arrête pas même devant le problème de Jésus-Christ, le grand miracle de l'histoire, le miracle qu'on n'expliquera jamais, celui au sujet duquel la conscience de Rousseau s'écriait dans le siècle dernier : « L'inventeur en serait plus étonnant que le héros ! i>
Il y aurait trop à dire.
Allons droit au point central, au fait sur lequel on insiste. Est-il vrai, oui ou non, que l'Évangile et les religions païennes nous présentent une seule et même morale?
La conscience démolit cette énormité.
Qu'on trouve de beaux préceptes dans toutes les religions, cela va de soi. La conscience, qui est le témoin de Dieu dans l'homme, fournit à tous les hommes une série semblable d'axiomes justes et moraux. Donner à boire à celui
^ff
LA CONSGIBNCE
oif, nourrir œlui qui a faim, plaindre igés; pardonner, aimer, vaincre son e : voilà qui peut et doit se reproduire us les moralistes, du plus au moins, ns pourtant quelques différences.
\ êtes obligé de glan^ çà et là dans les dans Bouddha^ dans Zoroastre, â&ns les nies helléniques; vous n'oseriez nous jr vos beltes sentences, ni entourées du lideux qui les emprisonne, ni perdues ieu des souillures, des absurdités, des alités qui les enveloppent, it à l'Évangile, prenez-le de la première la dernière, vous n'aurez point à faire ix ; il ne sera pas plus nécessaire de trier voiler.
)u& prierai, en outre, de nous présenter VQ livre qui contienne ces choses-ci :
éché, dans sa tragique horreur, iividu, dans sa responsabilité personr
l'histoire Nonvsi^x»» dss religions 43
La nouvelle ziaissaiice, dans rimmeu^ité du changement exigé*
Le Saint-Esprit, rendant Thomme capable tle repentir, de foi, de transformaticm.
Le pardon, saisissant Vâme, dégénérant le €œur, mettant le mobile à côté du devoir.
La vie en Dieu rendant toutes choses nouvelles.
La grande morale ouvrant les avenues sans terme de ses réformes et de ses bénédictions.
Et cette grande morale» remarquez-le, n'a pas un trait de commun avec Tascétteme ; c'est la vie ordinaire, épurée,, non mutilée.
l»es Védas vous ont-ils rien montré de pa* reil?
Les vertus touchantes, mais essentiellement menacales de Bouddha oifrent-eUes ce caractère parfaitement divin et parfaitement humain?
Ou bien les philosophes atoïques — vous le voyez, en choisissant le stoïcisme et Bouddha,
is fais la partie belle — les sages stoïciens auraient-ils révélé la morale évangélique ?
morale, cette morale du devoir glacé, morale de l'impassibilité panthéiste, selle par hasard la morale des apôtres?
' a plus, et ma conscience ne me permet e l'oublier; parmi ces religions, sembla- Èt l'Évangile, les unes accomplissent le par l'absorption finale, les autres promut le bonheur par le Nirvânha ; celles-ci nt la régénération par un acte absoluétranger à la volonté libre, celles-là laisjntrevoir une éternité si douteuse, que, is souvent, elle se traduit par un : peut-
ites les religions se valent, prétendez- ! Les monstruosités de l'Olympe grec, :gies du culte syrien, les enfants brûlés à lage, tout cela vous paraît identique à ngile !