‹ La ConscienceChapitre 15 sur 114 · Mme tic lUihbcrg, Rubherg · texte numérisé non relu

Mme tic lUihbcrg, Rubherg

MADAME DE RUHRER0.

Il me semble que vous avez pleuré.

RUHRERG.

Avec les jeunes années, le temps du sourire passe. Je réclame toute votre, attention, et si , par hasard , dans ce que je vais vous dire', il sortait de ma bouche un mot qui vous blessât, je proteste d'abord que ce serait contre mon intention.

MADAME DE RUHRERG.

Rien ne peut me blesser de votre part, mon ami.

ruiirerg, s'assei/ant.

Lorsque vous voulûtes bien m'accepter pour époux . j'étais pauvre et vous riche.

MADAME DE RUIIRERG.

Monsieur !

RUHR ERG.

Il est besoin d'établir cela. Élevée au milieu du luxe d'une grande vie vous n'eûtes point le courage de réformer ce luxe, et moi je n'eus point la force de vous rien refuser. Vous avez vécu, madame, non point selon notre état, mais selon votre naissance. Je me suis contenté d'épargner le plus possible sur la dépense. Cette économie vous a pei mis d'être heureuse une année ou deux de plus, puisque votre bonheur était dans le luxe. J'ai tenu les comptes les plus exacts, je ne dirai pas de notre fortune, mais de votre fortune : vous êtes complètement ruinée, madame.

MADAME DE RUHRERG.

Ruinée !

RUHRERG.

J'ai là dans mon bureau la justification de ma gérance, les comptes de mon administration.

MADAME DE RUHRERG.

Des comptes à moi ! mon mari serait obligé de me rendre des comptes! ah ! voilà ce que vous 'aviez prévu, voilà ce qui me blesse.

RUHRERG.

Vous ne me comprenez point. H fallait vous prouver (pie lorsque je vous épousai , je recherchais votre cœur et non votre fortune. 11 fallait vous prouver que cette fortune est bien restée la vô-Ue, et que la moindre parcelle n'en a jamais été distraite, même pour l'éducation de nos enfants. Maintenant, ma chère, il ne nous reste que mon traitement de receveur de l'État : quinze cents florins. Vous voyez qu'il e^t impossible avec cela de soutenir une maison qui , jusqu'à présent, en a. dépensé six ou huit mdle par an. De mon côté je n'aurai pas <e changements à faire dans mon exigence, j'ai toujours vécu comme un simple employé;, mais du vôtre, ce sera différent.

MADAME DE RUHRERG, Se levant .

Je me soumettrai à tout , monsieur, ne regrettant qu'une chose, c'est que mon repentir ne puisse expier mes fautes.

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