‹ La ConscienceChapitre 8 sur 114 · ALDE · texte numérisé non relu

ALDE

Oh! oh! tu ne peux épouser....

FRÉDÉRIC

Non , mon père.

ALDEN.

Ah! par exemple, je voudrais bien savoir pourquoi La famille est riche, en bonne position à la cour du grand-duc ; la fille est honnête , jeune, jolie....

FRÉDÉRIC

Je ne trouverai pas mieux, mon père, et puisque vous aviez choisi une femme pour votre fils, c'était sans doute celle qui lui convenait.... Mais....

ALDEN.

Mais quoi? voyons.

FRÉDÉRIC

Mais, j'en aime une autre, mon père.

ALDEN.

Ah! bon, la réponse ordinaire des fils rebelles.

Ah ! mon père.

ALDEN.

J'en aime une autre; la bonne raison!

Frédéric , souriant.

Que voulez-vous! c'est la seule que je trouve. J'en aime une autre , je suis aimé d'elle , et par elle seule je puis être heureux !

ALDEN.

Être aimé! être heureux ! grands mots.

FRÉDÉRIC

Grandes choses , mon père.

ALDEN.

Et qui est-elle cette autre? Voyons, est-ce que je la connais même?

FRÉDÉRIC

Vous la connaissez.

ALDEN.

Ou est-elle?

FRÉDÉRIC

En ce moment, je ne puis vous le dire, mais tout à l'heure elle était là , dans vos bras.

ii LA CONSCIENCE.

La fille du receveur de l'État?

FRÉDÉRIC

Charlotte de Ruhberg , oui , mou père.

alden , secouant la tête.

Cela ne te convient pas.

FREDERIC

Pourquoi?

ALDEN.

Cela ne te convient pas.

FRÉDÉRIC

Vous ne me refuserez pas la femme qui ferait mon bonheur sans me dire les raisons de votre refus; cela ne.serait pas juste, mon père.

ALDEN.

Eh bien! les raisons de mon refus, les voici : cela ne peut pas être ; cela ne doit pas être ; je ne veux pas que cela soit. [Allant reprendre son chapeau.) Quant aux autres raisons , attends six mois, trois mois, huit jours, peut-être, et tu les connaîtras aussi bien que moi.

FRÉDÉRIC

.l'attendrai le temps que vous voudrez, mon père, car j'espère qu'un jour viendra où vous apprécierez Charlotte.

ALDEN.

Le jour est venu; j'apprécie Charlotte, c'est une fille belle, brave et bonne, mais la famille ne vaut rien. (Il veut sortir. )

FRÉDÉRIC

Expliquez-vous , mon père.

Écoute , si tu restes ce que tu es , tu ne seras pas grand'ehose. Il faut que tu ailles plus loin; tu as besoin de protection et de fortune, ou sans cela tu demeureras Frédéric Alden, avocat sans cause, fils de Rodolphe Alden, vérificateur des rentes , c'est-à-dire un pauvre diable, enterré flans un quartier perdu d'une petite ville de province. Si tu étais riche , cela ne serait rien encore ; mais vieux soldat, avec une retraite de deux cents thalers et une place de cinq cents, je ne te laisserai en mourant, qu'une maison sans dettes et un nom sans lâche. Les Ruhberg sont complètement ruinés: le père est un fou, la mère une orgueilleuse, le fils un joueur et la fille.... la fille a été élevée comme si elle devait épouser un prince régnant.

FRÉDÉRIC

Vous voyez bien que cette éducation n'a pas influé sur son cœur, mon père, puisqu'elle m'aime.

ALDEN.

Chan-ons! va faire ta visite au conseiller Wolsheîm et ne viens pas me rebattre plus longtemps les oreilles de plans impossibles.

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