‹ La ConscienceChapitre 88 sur 114 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Edouard , apercevant Sophie sur le seuil du cabinet. Eh bien! Sophie, suis-je assez malheureux?

SOPHIE

Pourquoi cela? et en quoi ia situation est-elle changée?

Edouard.

Le baron vous aime, et j'ai fait serment....

SOPHIE

Oui , j'ai entendu , vous avez juré de le servir près de moi. Mais moi , Edouard , j'ai juré de ne point écouter ce que vous aviez à me dire !

Edouard, fiévreusement.

Vous m'éconterez cependant, Sophie; car je vais vous parler du plus profond de mon cœur; car le baron de Warden est un noble esprit , son âme est digne de la vôtre, et lorsqu'il vous offre un nom irréprochable, un amour immense, une fortune princière, je dois vous dire : Sophie, celui-là est votre époux , ne pensez plus à moi.

SOPHIE

Pourquoi ne plus penser à vous?

EDOUARD

Parce que, moi, je n'ai rien de ce qu'il a; parce que autant il est digne de vou-, autant moi, Sophie , j'en suis indigne.

SOPHIE

Je ne vous comprends pas.

EDOUARD

Ne vous rappelez-vous donc pas que je vous avais ouvert la porte de ce cabinet, pour que vous entendissiez une confidence terrible que j'avais à faire au baron?

SOPHIE

Vous ne l'avez pas faite?

EDOUARD

Non, parce qu'à lui, elle était devenue inutile; mais à vous, Sophie, je dois la faire sans retard, à l'instant même.

SOPHIE

Parlez, Edouard; vous voyez que je vous écoute avec calme, que j'attends sans pâlir.

\. Sophie, Edouard,

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