SCENE VI JEAN, RICHARD, GAUVELIN
Jean reste les yeux fixés sur la porte par laqueUe est sortie Germaine,
GAUVELIN.
Eh ! bien, Richard, que dis-tu de cette enfant ?
RICHARD
Je dis... je dis qu'elle m'a bouleversé ! (a. GauveHn.) Oui, tu as raison. Si une enfant
L\ CONSCIENCE DE l'enfant 119
est étrangère à son père, c'est bien elle... On ne peut pas se tromper à son accent, à son allure, à ses yeux... Mais cependant...
JEAN, énervé.
Mais cependant, sais-tu ce qui va arriver, avec tes traditions de famille?
RICHARD
Qu'arrivera-t-il ?
JEAN
Il arrivera que si tu viens un jour me parler d'une autre union, je te répondrai : je ne veux pas me marier !
RICHARD
Alors les joies que tu m'as promises de voir ma famille s'agrandir et prospérer, ces joies, tu me les refuseras ?
JEAN
J'y aurai mis toute la bonne volonté possible! Au revoir...
120 I.A CONSCIKNCK |)K L'ENFANT
llICHARD.
Tu t'en vas?
JEAN. 1
Oui, je ne peux ])lus rester iei ! J'ai besoin de penser à tout cela...
RICHARD
Jean, tu es fâché avec moi?
JEAN
Non... mon père, non, mais tu ne saurais croire combien je suis ému du cliagrin de
Germaine ! (n va prendre congé de Cauvelin. Richard s'assied à l'écart, navré.) Au rCVoir. mOnsicur
Cauvelin.
CAUVELIN5 bas, lui serrant la main.
Tranquillisez-vous, votre père consentira.
(n le regarde avec émotion.) Je VOUS aime bien,
vous, parce que Germaine vous aime, je le
sais, et parce que vous raimcrez bicnlôt, j'en suis sûr! Reposez-vous sur moi!
leansort.