IX CONSCIENCE
d'êtres mystérieux participant toujours moins à la nature divine. Le premier de tous, le Verbe ou la parole, fut identifié à Jésus-Christ qui, sous ce nom, avait régné avec Dieu, dès avant la création dont il avait été l'instrument. C'est encore saint Paul, mais bien plus saint Jean, qui adopte ce système, s'efibrçant ainsi, comme on Ta fait en tout temps, d'appuyer le christia** nisme sur les doctrines les plus répandues de la philosophie alors régnante.
Ces trois théories différentes furent égale* ment adoptées par l'Eglise, sans qu'elle se mît en peine de les accorder entre elles. Dés lors elle prit à tâche d'élever aussi haut que possi* ble la divinité du Christ ; les païens mêmes l'y obligèrent en quelque sorte, par l'analogie inacceptable qu'ils prétendaient établir entre le nom de Fils de Dieu attribué à Jésus et leurs héros, leurs demi-dieui, fils comme Hercule ou Enée,de telle ou telle divinité secondaire du polythéisme. Le Fils, rapproché toujours plus du Père, lui fut enfin égalé, et malgré l'indignation avec laquelle il avait repoussé tout hommage de ce genre Jusqu'à rejeter répilhète
ET jisUS-'CHBIST. 123
de bon comme n'appartenant qu'à son Père «eul» les symboles officiels de l'Église finirent p^r le déclarer absolument égal au Dieu suprême; on autorisa ces expressions qui révoltent mon sens religieux : o Dieu naquit à Bethléem^ Pieu souffrit sous Ponce-Pilate, Dieu mourut sur le Calvaire» » En 431, au concile d'Éphèse, on combla la mesure en donnant à Marie le titre choquant» irréligieux, de Mère de Dieu (1).
Je vous le demandei est-il possible de 8np«poser qu'une définition aride, inintelligible de la divinité de Jésus-Christ, le proclamant Dieu de Dieuj lumière de lumière ^ non créé^ mais engendré de toute éternité; est*il possible, dis^je, d'imaginer qu'une telle doctrine éclaire les esprits, touche les cœurs, régénère les con^ sciences pécheresses? Y a*t>il système au monde plus abstrait, plus sec, moins humain et moins utile ?
Ce n'est pas dire assez. En divinisant ainsi le Christ, j'affirme, j'affirme d'après ma propre expérience, et comme chrétien, et comme pas*
(i) Note h\ à U fin du volttmsi
leur, qu'on rend la religion de Jésus moins édifiante, moins morale, moins religieuse en un mot. Plus d*une fois, auprès d'un lit de souffrance et de mort, au moment même où, à d'autres égards, se manifestait à mes yeux la puissance du christianisme pour apporter la consolation et le courage à celui qui meart, j'ai vu écarter les touchants et sublimes exemples de Jésus au nom de sa divinité. Quand je le montrais en Gethsémanè, dévoré d'angoisses terribles, couvert d'une sueur sanglante^ mais trouvant dans la prière la force d*accepter la volonté du Père et de se dévouer à toutes les horreurs qui l'attendaient ; quand je le montrais criant à Dieu au milieu de ses larmes : Père , s'il n'est pas possible que ceiie coupe s^éloigne de moi^ que ta volonté sait faite et non la mienne! Et quand ensuite j'engageais un affligé, un malade, un mourant, à se soumettre et à se vaincre comme Jésus, on m'a répondu avec désespoir : // le pouvait : il était Dieu 1 Et quoi! est-ce donc un Dieu, cet être qui prie, qui pleure, qui tremble, qui sue le sangl S'il est homme, au contraire, son
exemple m'oblige, sa douleur me touche profondément, sa sublime prière passe sur mes lèvres avec toute Tautorité d'un tel exemple, et je sens qu'après avoir lutté et pleuré comme lui, ma conscience exige que je me relève comme lui, plein de calme et de force, de mansuétude et d'abnégation. Je ne sais rien de si consolant, de si grandiose que cette scène, pourvu que tout y soit réellement humain.
Absorber Jésus en Dieu, c'est le perdre, et voilà pourquoi, dès qu'on a identifié le Fils au Père, ce besoin instinctif qu'éprouve la faiblesse humaine d'un conducteur pour l'amener à Dieu, lui fait chercher d'autres intermédiaires, un saint tutélaire, un ange gardien, Marie surtout; Marie, pour qui le catholicisme est bien près d'achever la même évolution, et qu'après Jésus- Christ elle a déjà élevée hors des limites de l'humanité. Bien plus, on a fini, ô déraison I ô blasphème I par représenter ces intercesseurs secondaires, et surtout Marie, comme détournant de nous par leur miséricordieuse intervention, la colère, la vengeance du Fils et du Père. C'est ainsi qu'un de nos cardinaux, il y a
i26 LA CONSCIENCE
quelques années & peine, représentait, dans un mandement fameux, le christianisme comme une religion dure, terrible, sanglante, qui avait eu besoin d'être adoucie par la dévotiou à la Vierge, C'est ainsi encore que, dans plus d'une église catholique, on peut voir, et j'ai vu, h diverses reprises, Jésus représenté par les maîtres de l'art , comme un dieu païen voulant foudroyer le monde, tandis que Marie, sa mère, lui montre, pour l'apaiser, le sein qui l'a allaité, ou tandis que tel ou tel bienheureux de prédilection, saint François, saint Dominique, couvre le globe terrestre de sarobe de moine, et le protège ainsi contre le Sauveur. Ah ! je l'avoue, devant ces détestables aberrations, devant ces odieux outrages par lesquels on calomnia celui qui fut doux et humble de cœur, j'ai besoin de me rappeler sa prière pour ses bourreaux, et de redire à Dieu, comme lui : Père, pardonne^ leWf car ils ne savent ce qu'ils font t (1)
Jésus avait prévu qu'on abuserait de sa gloire et qu'on subiitituerait, h des devoirs essentiels
(1) Note 3 ; à la fin du volume.
ET rfSUS-CB^IST. 127
envers Pieu et rbumanité, de vains hommages l'endus k sa personne. Ce ne ^ontpa$y dit-il ei« pressèrent dans le sermon sur la montagne^ çeu:g: qui me dmnt : S^igneWt Seigneur^ qui entreront dam le royaume de Dieu^ mais ceux qui font la volonté de mon Père, Admirables paroles qu'on peut lire en plus d'un endroit do nos Evangiles, et que beaucoup de gens ne veulent pas comprendre. I^e nous en étonnons pas* Autant il est difiiciloi autant il en coûte à notre faiblesse et à nos passions d'obéir, de ressembler à Dieu, de faire la volonté du Père; autant il est aisé de céder à un entraînement bien naturel d'enthousiasme et de reconnais** sance pour Jésus, en l'appelant Seigneur ^Sei^ gneur^ égal au Père» Dieu béni éternellement et Créateur du monde. C'est substituer des génu« flexions h des progrès; la forme, faussée par l'esagération, au fond et à la réalité; et pour employer une expression sévère , mais juste, c'est éconduire à force d'hommages ou retenir à la porte de sa demeure, sous prétexte de l'ho* nprer, celui qui veut y entrer pour tout y transformer.
Il n'est pas permis de confondre Jésus avecle Père. Jamais personne ne fut si essentiellement religieux que Jésus. Or, ce serait une contradiction dans les idées et un contre-sens dans les mots que de se représenter Dieu religieux. Si la religion, comme on n'en peut douter, est le mouvement des âmes vers Dieu, l'aspiration consciente vers l'infini, l'ensemble de nos relations avec notre Père céleste, ce mot n'a plus de sens dès qu'on veut en faire un attribut non plus de l'homme, mais de Dieu lui-même.
Qu'est-ce qu*un Dieu qui adore, et cependant qui a jamais adoré avec autant de ferveur réelle, avec un si puissant élan vers le ciel que Jésus*Christ ? Dans cette prière si émouvante que je rappelais il y a un instant, est-il possible de méconnaître la pleine réalité de l'adoration et de la lutte par laquelle Jésus s'efforce de soumettre sa propre volonté à la volonté de son Père? Â-t-on jamais exprimé plus nettement, avec plus de force, le contraste de deux volontés? Jésus voudrait ne pas boire l'horrible calice; Dieu veut, au contraire, qu'il achève l'œuvre admirable de dévouement poursuivie
jusque-là avec lanl d'héroïsme, cl le Christ, rcsistaot à la tentation de s'épargner lui-même, soumettant par un effort héroïque la chair et le sang à Tamour et à l'esprit, obéit en frémissant, adore la volonté qui l'immole, et s'écrie : Que ta volonté soit faite^ et non la mienne ! Rien de plus vrai, de plus moral, de plus religieux, parce que rien n'est plus humain. Ce n'est pas un Dieu qui lutterait, prierait et triompherait ainsi.
La religion de Jésus peut être facilement ramenée à un petit nombre d'idées aussi simples que grandioses. Le nom même par lequel il Ta toujours désignée est caractéristique; il ne Ta jamais nommée que le règne de Dieu , le royaume de Dieu ou des deux sur la terre.
Faire régner le Père dans les consciences et dans les cœurs, tel était son but unique, son active et constante préoccupation. Ce règne tout intérieur n'a rien de commun avec la contrainte ou la force. Le royaume de Dieu ne vient point avec ap|mrence ou avec éclat; le royaume de Dieu est au dedans de nous. Dieu
130 LA CONSCI£î«CE
règne par l'amour, c'est par Taraour qu'il veut être servi, et l'amour que Jésus commande n'a rien de commun avec cette dévotion des égoïstes qui ne songent qu'a leur propre salut. Jésus veut régénérer le monde par un double amour de l'homme pour Dieu et pour ses frères. Cet amour est le principe de îa vie nouvelle, de là vie de Tesprit, fondée tout a la fois sur le pardon que Dieu accorde au passé et sur ralliance secourable qu'il conclut avec la conscience humaine pour le présent et pour Tavenir.
Entre Jésus et tous les fondateuré de religions, de morales ou de 'philosophie, la différence essentielle, c'est qu'il s* est montré à la hauteur de cette sublime doctrine par son caractère et dans sa vie. Dieu régnait en lui: lHa nourriture^ disait-il, ce qui me fortifie, ce dont je vis^ c^est de faire la volonté de mon PêrCé Jamais la pensée de Dieu* son amour* sa pré* seiice ne lui ont fait défaut. Je ne suis jarnais seuly disait-il, le Père est avec mot.
De même que vivre, pour lui, c'était faire la Volonté de son Père, mourir c'était, pour lui, remettre son esprit entre les mains de son
ET JÉSUS-CURIST. \'6i
Père. El comme il aima Dieu, îl aima les hommes ses frères. Juif de naissance, il porta à sa pairie l*intêrêt le plus énergique et le plus tendre. Jérusalem, Jérusalem, s*écriail-il en versant des larmes, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes ; mais vous 716 Vavez pas voulu.
Le pardon esl la grande nouveauté que Jésus apporte au monde ; c'est la bonne nouvelle , c'est rÉvangile même. L'anliquilé loul entière, païenne el juive à la fois, avait vécu de Tidée d'apaiser Dieu irrité, comme un monarque d'Asie ou un satrape, par des présents. Grêlaient d'abord, comme dit un poêle romain, un peu de blé el quelques grains d'ufl sel pur el briU lant; c'élaieni des fruits, des fleurs, des gdteâùx. On sacrifiait, en mettant de côté pour Dieu, el en déclarant sacré pour que nul n'y touchât, ce qu'on donnait à la Divinité. Bientôt l'homme, apprenant â se nourrir de chair, fît â ses dieux leur part de ses repas. Alors il fallut tuer pour adorer; et le sang répandu des victimes devint le signe, le gage de l'apaise-
ment du courroux céleste. Quand vint Jé&us^ des consciences bourrelées s'étudiaient en vain à varier, à rendre cruelles, à conopliquer, pour les rendre efficaces, ces expiations sanglantes. Il semblait que la colère d'en haut eût besoin de souffrances et de mort pour se satisfaire. Il fallait bien que Dieu se vengeât, car la vengeance était plus qu'un droit, un devoir.
Tout cet ordre d'idées fournit aux apôtres des images frappantes et colorées. Les sacrifices et les expiations ayant cessé pour le chrétien, on a comparé éloquemment Jésus à une victime auguste et dernière, qui rendait inutile tout autre sacrifice et qui avait apaisé pour toujours la vengeance de Dieu. Mais ces métaphores saisissantes ont un grave défaut ; elles sont trop juives; elles prêtent à Dieu la colère et la vengeance. L'enseignement de Jésus est plus simple, plus grandiose et plus touchant à la fois. Selon lui, Dieu aime la brebis égarée ; le bon pasteur la cherche, et quand enfin il la trouve, il triomphe. Le père de l'enfant prodigue, court au-devant de lui et remplit sa mai* son de chants et de danses^ en l'honneur de ce
ET JÉSUS-CURIST. 133
fils perdu qui est retrouve, de ce fils mort revenu à la vie. Le pardon gratuit, sans sacrifice, sans expiation, tel est l'Évangile de Jésus-Christ, la bonne nouvelle.
Citoyen du monde entier bien plus que de la Judée ^ humain avant tout, au milieu d'une société divisée de toutes parts par des barrières séculaires, il les renversa toutes, il embrassa dans un même amour l'humanité entière , le Juif et le païen, le Grec et le Romain, comme l'Israélite, le fils de la civilisation comme le barbare, l'étranger comme le citoyen, l'esclave comme l'homme libre. Ses compatriotes baisaient avec le degré d'implacable aversion et de mépris qu'atteignent en Orient, quand elles ont duré pendant des siècles, les rivalités de race pu de culte, les Samaritains, dont le sang était mêlé, le culte hétérodoxe et la doctrine hérétique ; ce fut chez eux qu'il alla prendre l'impérissable exemple de la charité fraternelle que tous les hommes se doivent entre eux. UOrient, qui dédaigne la femme et lui interdit de sortir d'une éternelle enfance, s'étonna de l'entendre expliquer à des femmes
i3& LA CONSCIENCE
les problèmes les plus élevés de la vie et de la foi, et traiter toutes le& âmes humaines comme égales devant Dîeti, Vous savex avec quelle grâce aimable il accueillait de petits enfahtj dont on supposait à tort quMl devait être importuné.. On le vit, lui le saint et le juste, au milieu des censeurs les plus rigides, marcher entouré de péagers exécrés, d*homûies et de femmes qui avaient été de mauvaise vie. Souverainement tolérant au sein de la race la plus exclusive que le monde ait vue, il souffrait qu'on enseignât en son nom, même alors qu'on refusait de se rallier à lui : He PempècheÈ pointy dîsait-il du premier schismaiiquô, à ses apôtres indignés, ne tempêchez point ; qui n\est pas contre nous est pour nous. Mais tant de condescendance et de bonté permettentelles de lui attribuer celte mollesse efféminée, cette douceur fade et banale qu^on lui a prêtée quelquefois? LMndignalion lui manque-t-elle?
Relisez, si vous le croyez, cette scène saisissante et terrible ou il balaya du temple, avec Une autorité que nul n^osa contrôler, les vendeurs' qui faisaient de la religion métier et marchan-
ET jfsUS-CHKIST. 135
dise. Relisez surtout ce discours formidable où il éclate en malédictions contre les hypocrites et les oppresseurs, contre les Pharisieus qui imposent aux autres des fardeaux qu'ils ne voudr aient pas remuer du bout du doigt; contre les docteurs qui, s^ étant emparés de la def de la science^ non-seulement n'entrent pas euxmêmes^ mais empêchent les autres d'entrer; contre les dévots qui dévorent les maisons des veuves sous prétexte de faire de longues prières. Conducteurs aveugles , race de vipères ^ sépuU çres blanchis dont le dehors paraît beau, mais dont le dedans est rempli de corruption I ,, t Reconnaissez-le, jamaisi nulle part, une voix si intrépide et si redoutable Qe s'est élevée avec tant de virilité et de grandeur contre le rè^ne de la force, le despotisme spirituel, Tabus des choses saintes.
Aussi ravale-t-on bien bas la haute dignité du titre de chrétien, quand on le rattache à un dogmatisme quelconque, au lieu de l'attribuer uniquement à la communauté de pensée, de volonté et de vie avec Jésus. Qui est chrétien, en effet? Sera-ce, comme on le prétend trop
soaventi celui qui professe une doctrine correcte et précise sur tel ou tel dogme, sur la nature divine de Jésus, sa résurrection, ses miracles, sa mort? Est-ce là ce qu'il a voulu? Où IVt-ildit? A qui l'a-t-il demandé ? Peut-on nous apprendre ce que pensaient, sur chaque article de la dogmatique officielle, ces pauvres âmes angoissées, à qui le Maître a dit avec tant d'amour : Ta foi fa sauvée^ tes péchés te sont pardonnes ? Il a tenu ce langage maintes fois & des êtres qui n'avaient aucune notion ni de sa divinité, ni de sa mort expiatoire, ni de sa résurrection. On peut donc être pardonné, on peut être sauvé, au dire de Jésus lui-même, autrement que par sa divinité, sa résurrection ou sa mort, pourvu qu^on ait ce qu'il reconnaissait en ces infortunés auxquels il ouvrait le ciel. Et qu'avaient-ils donc, si ce n'est une conscience touchée, repentante, aspirant à Dieu, saisissant avec une avide et humble reconnaissance le pardon, le secours, l'immense amour, la vie éternelle que Jésus leur offrait? Qu'avaient-ils, si ce n'est l'ardent désir, la ferme volonté d'être du royaume de Dieu? Et s'il en
était ainsi au temps de Jésus, comment douter un seul moment qu'il en soit de même à toutes les époques, de nos jours, pour nous? On était chrétien du temps de Jésus et selon son autorité, dès que la conscience et le cœur entraient à sa parole, sous son influence, dans les rapports véritables, féconds, étroits, qu'il établit entre nous et Dieu. Quant aux problèmes d'histoire, quant aux complications du dogme, ni en ce temps-là, ni aujourd'hui, ce ne sont eux qui font le chrétien. Aussi je vous déclare qu'il existe, à ma pleine connaissance, d'un côté, et ceci nul n'osera le contester, des orthodoxes en grand nombre se disant catholiques ou se croyant protestants, qui cependant n'ont de chrétien que le nom; et d'un autre côté de véri* tables chrétiens unis de cœur avec Jésus et par Jésus avec Dieu, pleins de foi, de charité, qui se trompent gravement à mes yeux, et aux yeux de toutes les Églises connues, en niant des faits évangéliques d'une haute importance, ou des dogmes longtemps considérés comme les plus essentiels de tous : & ceux-là, j'en suis profondément convaincu, Jésus dirait, en les voyant