‹ La conscience et la foi (volume 2)Chapitre 13 sur 23 · ET X'ÉGLISE · texte numérisé non relu

ET X'ÉGLISE

la vérité de Tamour divin^ du pardon divin, du progrés élernel et de la paternité de Dieu, Sai* sie par rame, avec une confiance ardente et puissante, cette foi, celle nouvelle et véritable vie pour le temps et pour l'éternité, ont en Jésus leur auteur. Il est le chef et le consommateur de la foiy comme disent, en style fort peu intelligible, nos mauvaises versions de la Bible; ce qui signifie que c'est de lui qu'elle dérive etlui qui la porte à son entier développement. Aussi a-tron défini avec raison l'Église c une société dont les membres s'unissent pour se nourrir de la parole, de l'exemple, de l'esprit de Jésus-Christ. » Par conséquent est chrétien, est fidèle quiconque est en communion spirituelle avec Jésus-Christ, c'est-à-dire pense et agit selon les principes et l'impulsion qu'il a donnés. Or, personne, à cet égard, n'est juge d'aulrui, et de là résulte cette règle : Doit être présumé fidèle et réputé chrétien quiconque se réclame de Jésus-Christ, quiconque se dit fidèle et chrétien. S'il ment, c'est à ses risques et périls; au^ eune Église n'a le moyen de discerner et d'évi*ter à coup sûr les hypocrites*

N'est-ce rien, est-ce peu de chose que de se réclamer de Jésus-Christ? C'est beaucoup. Il y a, dans ce fait, dans ce nom, dans celte sublime figure, dans les paroles impérissables du Maître, dans sa vie et sa mort, dans son union avec le Père et avec nous tous, ses frères, un liea puissant, une féconde, une merveilleuse force d'expansion et de relèvement. — 11 est inconcevable qu'on le nie.

Au fond, malgré d'énormes et d'éclatanteâ différences, tous les chrétiens sont de la même religion. Entrez avec moi à Florence, dans le cloître de Saint-Marc ; entr'ouvrez la cellule où ce moine, ce dominicain, entouré des images de madones et d'anges qu'il venait de peindre, s'agenouillait avec une touchante piété et une foi profonde pour esquisser une figure du Christ : l'Eglise catholique l'appelle le bienheureux Jean de Fiesole et l'a surnommé le frère Angélique. Sortons ensuite de ce couvent, et dans cette même ville venez contempler la tombe de Théodore Parker, mort récemment.

Ce pasteur unitaire, ce citoyen des États-Unis, a passé sa vie au milieu d'un monde infiniment

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différent de celui où vivait six siècles avant lui le peintre des anges. Aucune intelligence n*à plus hardiment lutté, non-seulement contre les notions autoritaires, monacales, catholiques, orthodoxes, qui seules existaient pour le frère Angélique, mais il a porté ses négations jusquà l'extrême, nié tout surnaturel et tout miracle ; et cependant, chez ces deux hommes si énormément divers, régnait le même amour pour Jésus-Christ, le même désir de le faire aimer, vénérer, obéir, et d'amener les âmes ù Dieu par lui. Ce dominicain rigide entre les moines, et cet unitaire hardi entre les plus hérétiques, ont eu, non-seulement Dieu pour Père comme tous les hommes, mais Jésus pour Maître, accepté et servi avec une égale foi.

Le mot de saint Paul restera toujours vrai.

Le seul fondement sur lequel les chrétiens bâtissent l'édifice de leur îoXyC^est Jésus-Christ. Sur cette base, les uns se construisent une demeure d'or, d'argent ou de pierre ; les au* très, de bois ou de paille. Le feu ou le temps en fera l'épreuve ; mais celui dont la demeure périra sera sauvé, fût-ce au travers du feu.

Ne refusons à personne, ni catholiques ni hérétiques, le tilre de chrétien, et reconnais* sons que quiconque se rattache à Jésus peut apprendre de lui à aimer et à se dévouer, à s* élever au-dessus de lui-même et à se rapprocher de Dieu.

Il ne demeure pas moins vrai que les Eglises chrétiennes sont profondément inégales. Celles qui ont pour base un gouvernement infaillible et absolu, faisant servir à l'avantage d'un pouvoir de ce monde les forces vives du christianisme, deviennent, avec le temps, le plus redoutable instrument d'asservissement que le monde ait jamais vu, et entrent tôt ou tard dans une guerre à mort avec le progrès et la liberté, quoique progrès et liberté soient inhérents au christianisme lui-même.

De là est née la répugnance absolue, irréconciliable que le catholicisme inspire à la génération actuelle et à Tesprit moderne. Il Ta méritée ; il n'a cessé de la mériter depuis le concile de Nicée et depuis la mort de Priscillien, le premier hérétique martyrisé par des

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chrétiens (en 385), jusqu'au Syllabiis de Tan dernieir, où les droits de Vesprit humain el de la souveraine conscience sont attaqués en face et radicalement niés.

Les communions qui ont pour point de dé* part un ensemble de dogmes entrent aussi, tô| ou tard, mais nécessairement, en collision avec la sciencCi avec les plus nobles besoins dQ$ âmeSi avec les droits les plus sacrés do la conscience. Alors leurs chefs s'irritent de l'opposition qu'eux-mêmes soulèvent, et ils s'efforcent de la dompter par la violence, l'exclusion, \e% anathèmes; ce qui produit nécessairement , providentiellement ces deux conséquences : rendre la liberté de pensée et de foi plus populaire chaque jour, et rendre Tillibérale orthodoxie justement suspecte et naturellement odieuse à tout ce qui pense.

Notre ÉglisCi qui est égale ou supérieure h, toutes celles qui existent, par les persécutions qu'elle a subies, par le nombre et l'éclat des sacrifices qu'elle a faits à la vérité et des martyrs qui ont souffert pour sa foi, a cette autre gloire qu'elle n'est, aujourd'hui, de fait et de

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droit, ni une Église de gouvernement, comme le catholicisme , ni une Église de dogme, comme elle-même Ta été jadis. Elle est une Église de conscience et de foi, rien de plus, rien de moins. Il n'existe chez nous aucun tribunal dogmatique en droit d'exclure les libres croyants; on établirait ce tribunal demain^ qu'il serait impuissant, car il n'existe aucune loi qu'il pourrait appliquer, aucun code auquel il pourrait en appeler. Notre confession de foi de la Rochelle, signée en 1572 et pendant un siècle par tous, pasteurs, docteurs, profes* seurs, instituteurs, membres de consistoires et diacres , ne Test par personne depuis deux cents ans. Aussi notre Église est«elle essen* tiellement libérale; ses pasteurs ne sont obligés de prêter que le noble serment que j'ai prêté et tenu, de prêcher l'Évangile selon leur conscience, et Ton ne peut jamais dire d'aucun de ses libres ministres : « S*il osait émettre sa propre pensée, il parlerait autrement ; sa langue est enchaînée , il ne peut pas ne pas dire ce qu'il dit. » Un véritable pasteur ose dire tout ce qu'il sait ; il le dit à tous, sans distinc«

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tion de situalions sociales, ni de sexe, ni d'âge. Il n'a pas une morale et une foi pour ceux-ci, une autre pour ceux-là ; et la seule chose qu'il n'ose point, c'est d'enseigner ce qu'il ne croit pas ou d'engager la jeunesse à conserverie plus d'illusions possible, à s'en repaître et à y chercher sa force. Pour nous, la vérité seule est forte ; nous nous souvenons qu'en se berçant d'illusions, on s'endort si bien, qu'on risque de ne plus vivre qu'en rêve, d'oublier son temps et la réalité, et de se réveiller un jour au fond de l'abime. La conscience ne s'accommode pas d'ill(\sions; elle est trop virile, elle est trop sérieuse, elle est trop honnête, elle est trop chrétienne pour cela. Elle demande, elle exige, de ceux qui Téclairent et la nourrissent, la vérité, rien que la vérité, toute la véritéi Elle la veut pour les enfants autantet, s'il était possible, plus que pour les pères. J'affirme devant vous, mes catéchumènes de tout âge, que vos parents, en me confiant votre instruction religieuse, ne m'ont jamais demandé de vous enseigner autre chose que ce que je pense, Nul d'entre eux ne l'aurait voulu; personne, il

doit m'êlre permis de le dire, ne l'eût ose, et je n'ai accepté de vous instruire tous, depuis les jeunes enfants de sept ans jusqu'à des prosélytes qui sont mes atnés, qu'avec la ferme volonté de ne jamais vous rien dire qui ne me parût vrai et certain. C'est ainsi que l*entend notre Église libérale.

La conscience, dans l'Église réformée de France, est souveraine de fait et de droit. Cela n'est pas seulement évident, puisque après en avoir été reçu membre, fut-ce dans l'adolescence, vous êtes, dès l'âge mûr et pour la vie, membre et électeur de cette Église, saiis que rien puisse vous faire perdre ce droit religieux tant que vous n'avez pas perdu vos droits civils. Mais de plus, la souveraineté de la con-* science règne dans nos sanctuaires au moment le plus solennel du culte, et en voici la preuve publique^ journalière, officielle, sacrée au plus haut degré :

Où il y a communion ^ il y a Église. Or, parmi bous, la communion est libre. Communiants de rÈglisè réformée de France, quel prêtre vous donne^ pour prendre part à la cène, un billet

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de confession ? Où sont les méreaux, ces médailles dont nos pères, au xvip siècle, avaient besoin pour y participer, et que les pasteurs ou le consistoire leur refusaient trop souvent? L'accès du rite le plus saint, le plus intime de rÉglise, est ouvert à tous. Le pasteur n a aucun droit d*en exclure qui veut s'en approcher, et le consistoire ne Ta pas plus que le pasteur. La liberté entière, Tunique responsabilité de la conscience personnelle, la sacrificature universelle, chacun étant son juge, son prêtre, son évêque et son pape ; voilà chez nous le droit commun. Voilà Tordre, Tordre établi et en vigueur.

Dans cette situation glorieuse, en avant des autres Églises par la liberté comme par le nombre de nos martyrs encore récents, quel est notre devoir? Un seul mot le dira : maintenir notre Église à cette hauteur, maintenir en elle Tesprit de Jésus Christ, les droits individuels de la conscience et la solidarité clirétienne.

L'esprit de Jésus-Christ, d'abord. C'est la Maison d'être de TEglise, sa source, sa vie, la

réponse à tous les besoins des âmes ; c'est le point de départ d'une religion si supérieure, qu'une foule de paroles et d'actes du Maître ne sont pas encore appliqués ni obéis aujourd'hui, parce qu'ils dépassent trop le point que noire temps peut atteindre. Où est le Christ^ a dit un Père catholique, là est FÊglise.

Admirable parole, parole profondément chrétienne, et qui n'est que le commentaire de ce mot de l'Évangile : Vous avez un seul Maître^ Christ, et vous, vous êtes tous frères.

Je n'ignore pas que l'on accuse le christianisme libéral de ne se rattacher à Jésus qu'en apparence et pour la forme, d'ouvrir l'Église à toutes les doctrines, y compris celle des mormons polygames ou des mahométans. Respectons, il le faut, la bonne foi de nos adversaires ; efforçons-nous de croire qu'ils sont persuadés de ce qu'ils disent ; en ce cas, plaignons l'extrême aveuglement dont ils font preuve en parlant ainsi, mais ne prenons pas la peine de répondre à des inepties par trop dignes de pitié.

Jésus est notre maître, et il l'est seul ; il l'est

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beaucoup plus pour nous que pour ceux qui, après on avant lui, ont pour maître telle ou telle petite orthodoxie officielle, plus ou moins mitigéeet devenue contradictoire parles modifications que l'on n'a pu s'empêcher d'y introduire de jour en jour. Que l'esprit de Jésus règne mieux que jamais parmi nous, c'est-à-dire l'esprit d'union étroite avec Dieu ou d'aspiration incessante à la perfection» et l'esprit d'union avec les âmes ou de charité universelle !

Maintenons également et dans leur glorieuse intégrité les droits de l'individualité chrétienne, de la conscience. Maintenons notre Église avec sa sublime histoire dans le passé et sa pleine liberté dans le présent. Pour d'autres, l'amour de notre Église s'arrête à certaines dates mal définies. Quand ils parlent de la foi de nos pères, ce qu'ils appellent ainsi, c^est. tout au plus la dogmatique de nos bisaïeuls. Nos derniers pasteurs du désert, nos derniers martyrs, nos derniers forçats pour la foU n'étaient point orthodoxes; si on le prétend, c'est une de ces fictions officielles par lesquelles les hommes d'autorité se' trompent eux-mêmes et trompent

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rÉglise. Dans le système d'exclusion qu'on met en action contre nous, on aurait à comprendre des galériens comme Jean Fabre et Marteilhe, des suppliciés comme Calas et Rabaut Saint* Etienne. Oserait-on les reniera Ce serait la plus révoltante ingratitude.

On n*en a pas le droit : Jésus, qui accueil*lait tous ceux qui venaient à lui, et qui censurait rexclusivisme judaïque des pharisiens, a flétri d*avance et interdit Tesprit d'exclusion dans quelques-uns de ses enseignements les plus personnels^ dans ses magnifiques paraboles des noces, du grand filet, de Tivraie. Le royaume des cieux commence par tout accueillir^ bons et méchants, ivraie et bon grain^ les perles précieuses et le rebut delà mer. Jésus ne permet pas aux siens de prétendre épurer le royaume du Père-, il renvoie à la fin des destinées hu-maînes ces exclusions témérairement tentées par les inquisitions de toutes les Églises. Quiconque exclut usurpe donc un droit que Dieu se réserve, que. Jésus a attribué forniellement et ilérativemenl à la seule puissance divine.

Et d^ailleurs n'est-ce pas un spectacle cho-

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quanti révoltant pour la conscience, que de voir survivre dansl'Église ces incohérents lambeaux d'exclusivisme? Nos ancêtres étaient plus logiques : les consistoires excluaient les pécheurs scandaleux, et en conséquence s'érigeaient en tribunaux» juges de la vie privée. Nos mœurs ne le permettent plus ; mais on voudrait qu'un débris de l'ancienne juridiction régnât encore sur le dogme. On ne prétend plus chasser de l'Église les adultères ou ceux qui s'enrichissent déshonnêtement ; on se borne à vouloir en exclure les libres croyantSi ceux dont on ne partage pas les doctrines.

On n'y réussira pas. Nous maintiendrons dans l'Église cette solidarité chrétienne dont s'effrayent nos adversaires. La quitter serait la rendre étroite, exclusive, la donner en proie à la servitude et au dogmatisme; nous n'en avons pas le droit« Noqs l'avons reçue libre^ grande, largement ouverte» conséquente à son origine et k son principe ; nous voulons qu'elle subsiste la même pour nos enfants et nos petits enfants. Nous n'irons pas fonder à l'écart quelque secte particulière, comme nous en avons reçu officiel-

lement le conseil trop intéressé. Nous resterons dans l'Église qui représente pour nous à la fois la tradition et le progrès, la vérité et laliberté, la durée et le mouvement;TÉglise qui nous main** tient en communion avec nos prédécesseurs et nos pères; l'Église qui oppose à la contagion de l'erreur et du mal la sainte propagande du vrai et du bien, qui a la force acquise du progrès antérieur, l'impulsion du passé, les trésors de Tcxpérience, les leçons de la tradition contrôlées sans cesse par la libre critique et par la conscience de chacun; l'Église la plus libre du monde, et celle par conséquent qui a le plus d'avenir, l'Église que nous ne laisserons, avec l'aide de Dieu, conQsquer par personne*

Nous l'aimons, nous lui demeurerons fidèles; jious avons garde sa foi libre et vivante, nous la garderons encore, et nous ne reconnaissons à personne le droit de s'en dire membre plus réellement, plus sincèrement et plus légitimement que nous.

Un mot encore, avant définir, sur une ques^ tion qui, de notre temps, préoccupe les esprits

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toujours davantage. Ne vaudrait-il pas mieux* deinande-t*on, que TÉglise et l'État se trouvant entièrement séparés, TÉtat ne donnant rien à rÉglise, hors la liberté, etrÉglise n'étant en rien solidaire de l'État, chaque fidèle eût à entretenir, pour sa parti le culte qu'il lui plairait de professer, sans rien attendre que de son propre zèle et de celui de ses frères?

Je n'hésite pas à répondre qu'avec le temps il en sera ainsi, que le moment est peut-être moins éloigné qu'on ne pense, et que cette situation sera plus normale, plus conforme à l'origine du christianisme, à sa nature et à son but, que l'union actuelle des Églises avec la société politique.

Aussi, quand le moment sera venu, n^auronsnous aucune peur de notre propre indépendance, et saurons-nous prendre notre large part de ce grand progrès : les consciences et les Eglises Hères dans PEtat libre. Mais ici encore gardons-nous de vouloir réaliser le progrès avant qu'il soit compris. N'avons-nous pas appris encore qu'avancer trop vite, c'est teculer pour longtemps 7 A cet égard, je ne

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le di9 point sans regret, l'esprit public en France, ni dans l'État, ni dans l'ÉgUse, n'est mûr, surtout dans une multitude d'Églises pauvres dont il est nécessaira de tenir grand compte ; une rupture actuelle nous mettrait gratuitement, au milieu de ceux de nos frères qui ne l'approuveraient point, et de l'Église romaine, qui s'en ferait des armes contre nous, dans une position moins indépendante que celle où nous sommes.

De plus, j'oserai le dire ; comme rien ne se fait, dans ce monde» sans argent, séparer l'Église de l'État, c'est peut-être l'exposer à être dominée par ceux de ses membres qui ont en main la fortune. Or, nous savons ce qu'était la loi de germinal qui, en formant les consistoires des membres les plus imposés au rô]e des contributions directes, a fait & notre ÉgUjse, en divers endroits, et à celle de Paris en particulier, non pas tout le mal qu'on aurait pu redouter d'une loi pareille, mais un grand mal dont nous souffrons encore* Nous trouvons dans les fait$ de graves leçons. Il n'y a rien de si dépendant que les groupes étroite qui,

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à nos côtéSy onl pris le nom coipplétemepl inexact d'Églises libres ; on y plie sous un joug dogmatique que nous ne porterions pas uq instant ; les progrès de la foi et de la science y sont sans cesse entravés par l'intolérance sec* taire, Tout notre cœur et toute notre foi repu • gnent à ce servage et à cette étroitesse ; notre idéal de rÉglisOi c'est un édifice vaste, im* mense, ouvert & tous, abritant sous ses larges parvis de nombreuses variétés d'opinions, et enseignant aux hommes à se supporter, h s'aimer, à s'édifier ensemble, malgré les divergences de doctrine. Le grand mérite, à nos yeux, des Églises nationales, c'est que cette largeur y existe, non à l'état d'aspiration ou de projet, mais y existe comme un fait public et patent.

D'ailleurs, quelques-uns ne veulent nous se* parer de l'État que dans l'espoir de nous exclure et d'envahir plus sûrement l'Église de nos pares : nous ne leur devons point cette satisfaction ; notre devoir de fidélité est de la leur refuser et de maintenir l'intégrité de ce principe accepté et reconnu par l'État : Est mem«>

bre de l'Eglise réformée de France quiconque a été admis à la sainle cène, dans le sein de celle Église ; et il y exerce, sans confession de foi quelconque, sans interrogatoire dogma^ tique, sans répondre à des questions que nul n'a droit de lui poser, ses droits de membre de l'Eglise et d'électeur. Nous acceptons plei* nement, et sans arrière-pensée, dans nos communautés proteslantes, ce suffrage de tous quô les apôtres eux-mêmes ont accepté et pratiqué à Jérusalem, mais que l'on cherche aujour-^ d'hui à restreindre le plus possible, dont on essaye de frustrer un grand nombre d'ayants droits, et cela sous des prétextes offensants d'in^ dignité dogmatique ou d'incapacité religieuse. Membres de l'Eglise la plus libre qui fut jamais, entendez-le bien, vous ne relevez que de votre conscience et de votre Dieu. Maintenez tous vos droits : vous vous le devez à vousmêmes, comme hommes, comme chrétiens» comme consciences que Dieu a créées indé* pendantes et souveraines ; vous n'avez pas le ilroit d'abdiquer ce caractère de sacrificateurs H de rois que l'Évangile vous reconnaît dans

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