‹ La conscience et la foiChapitre 4 sur 70 · UO LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

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meurt aussi, mais son développement intellectuel, moral, religieux, est à peine ébauché quand déjà celui du corps est achevé. Nos corps n'ont jamais le même âge que nos âmes. A Tâge où nos forces physiques arrivent à la maturité, notre être moral en est bien loin encore. A vingt ans, on est un homme fait; on n'est pas un jurisconsulte expérimenté, un médecin accompli, un homme d'État consommé. On voit tous les jours des hommes vieillir quant au corps, en même temps que leur intelligence et leur savoir, leur expérience et leur habilelé dans les affaires de ce monde ou dans la pratique de leur art, leur valeur morale et leur piété grandissent tous les jours. Enfin, quand l'animal meurt, le peu qu'il a su périt avec lui ; mais l'homme lègue sa pensée à ses enfants : le point où l'un est arrivé est celui d'où parlirontles autres, et l'on a eu raison de comparer le genre humain à un homme qui ne meurt jamais et qui apprend toujours. Mettez côte à côte sous vos yeux le premier et le dernier instrument d'un art quelconque ; prenez pour exemple l'art de se défendre (hélas 1 et d'atta-

quer), qui a été la première nécessité de la vie en ce monde; mettez à côté d'une de ces armes savantes, dont l'avènement sur un champ de bataille a changé la face de l'Europe, les premières haches de pierre à peine dégrossies qu'on trouve dans les plus anciennes sépultures que l'on connaisse, et convenez-en, la vie, même matérielle, de l'homme, n'a d'autre sens que le progrès. Nourriture, logis, vêtement, moyens de transport et de publicité fourniraient les mêmes preuves.

Mais ne voyez-vous pas partout autour de vous la preuve que le progrès matériel est insuffisant ? A lui seul, il est même dangereux. C'est un péril pour la civilisation ellemême que l'excès du luxe et des richesses ; le perfectionnement indéfini des moyens de détruire et les armées trop nombreuses, trop passives, pourraient finir par mettre entre des mains perverses le moyen de décimer le genre humain.

Le remède aux inconvénients graves du progrès matériel, c'est le progrès moral. Uhomme a plus et mieux à faire que de perfectionner et

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